Chaque hiver, certains transferts posent question. En tout début d’année, nous en avions sélectionné quatre qui divisaient la rédaction. Au bout du premier exercice sous leurs nouvelles couleurs, il est temps de faire le bilan. Avions-nous raisons de douter, ou au contraire, d’y croire ? Verdict.

Porte a échoué

Nous parlions en début d’année de « l’ultime tentative » de Richie Porte, dans sa quête de victoire – ou même simplement de podium – sur le Tour de France. A 34 ans, l’Australien n’allait pas avoir encore d’innombrables opportunités. « Richie porte sait ce qu’il quitte, mais c’est à se demander s’il sait ce qu’il va trouver chez Trek », écrivions-nous. Il n’y a pas trouvé, en tout cas, un environnement qui lui permette de franchir un cap. Le nouveau leader de la formation américaine a terminé seulement trois courses dans les dix premiers du général : le Tour Down Under (2e), le Herald Sun Tour (5e) et le Tour de Californie (5e). Des épreuves de préparation, tout au plus, mais absolument pas cochées comme des objectifs par la direction de Trek.

Verdict : c’était une mauvaise idée.

Terpstra a été malchanceux

Si l’on s’en tient aux résultats, la venue de Niki Terpstra chez Direct Energie est une déception. Il était venu pour gagner une étape du Tour de France et briller sur les classiques, il n’a fait ni l’un ni l’autre. C’était le risque, en quittant l’armada Quick-Step. « Il fait une croix sur la force collective exceptionnelle des hommes de Patrick Lefevere, qui lui a bien souvent apporté ses principales victoires », notait Adrien Godard en janvier dernier. Mais à y regarder de plus près, le Néerlandais a quelques circonstances atténuantes. S’il avait démarré son printemps timidement, il a sévèrement chuté sur le Tour des Flandres. Résultat, un abandon et un forfait pour Paris-Roubaix qui nous empêchent de savoir ce qu’il aurait bien pu faire sur les deux flandriennes les plus importantes du calendrier. Et en juillet, la mésaventure fut similaire avec un abandon sur chute à mi-épreuve.

Verdict : c’était peut-être une bonne idée, mais on n’a pas encore pu le vérifier.

Gaviria comme les autres

Quand on est un sprinteur, quitter Quick-Step est un risque considérable. Comme Marcel Kittel avant lui, Fernando Gaviria a claqué la porte de l’équipe belge avec assurance. Il partait avec un titre officieux de coureur le plus prolifique du peloton (pas en 2018, mais en 2017) et deux victoires d’étapes sur le Tour de France. Un an plus tard, il n’a pas grand-chose d’autre qu’une victoire sur le Giro à se mettre sous la dent. Le reste est dérisoire : deux bouquets à San Juan, un aux Emirats et deux en Chine. « Ce transfert en catastrophe n’était peut-être pas l’idée du siècle », prophétisait Alexis Midol-Monnet en début d’année. Le Colombien, finalement, a appris à ses dépens qu’il n’était pas plus infaillible que ses prédécesseurs. Les prochains réfléchiront peut-être à deux fois avant de quitter l’armada de Patrick Lefevere taillée pour les sprints.

Verdict : c’était une très mauvaise idée.

Vichot ne s’est pas exprimé

Des quatre transfuges dont nous parlions en début de saison, il est celui qui a eu l’exercice le plus compliqué. Après des premiers mois timides avec Vital Concept, il a contracté un virus qui l’a tenu éloigné des pelotons pendant près de deux mois et demi. Il pensait sans doute être débarrassé du problème mais son retour à la compétition a été tout aussi compliqué et après quatre abandons successifs durant l’été, Arthur Vichot a mis un terme à sa saison. Au total, en 2019, le Franc-Comtois a couru 29 jours et abandonné huit fois. La trentaine passée (il a fêté ses 31 ans cette semaine), l’ancien double champion de France ne s’est pas relancé comme il espérait. Il lui reste une année de contrat pour retrouver l’envie et les sensations qui avaient fait de lui un élément important à la FDJ.

Verdict : c’était peut-être une bonne idée, mais on n’a pas encore pu le vérifier.

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