En passant de l’armada Quick-Step à Direct Energie, en deuxième division, Niki Terpstra a opté pour un grand écart cet hiver. A 34 ans, il a envie d’élargir ses horizons, alors qu’il avait encore les jambes pour être un des leaders chez Patrick Lefevere. Son choix a donc surpris pas mal de monde. Mais il devrait faire le bonheur de Jean-René Bernaudeau.

Une bonne idée par Robin Watt

Quand vous avez déjà remporté Paris-Roubaix et le Tour des Flandres, vous avez deux options : tenter d’accrocher de nouveau les deux monuments pavés, pour entrer un peu plus dans l’histoire et se faire une place aux côtés des monstres Boonen, Cancellara ou De Vlaeminck ; ou élargir ses horizons, laisser un peu les pavés de côté et tenter de briller ailleurs. Niki Terpstra a opté pour la deuxième option et à partir de là, quitter Quick-Step était une évidence. Parce que chez Patrick Lefevere, il avait logiquement un statut à part lorsqu’il était question de flandriennes, mais il était barré par des leaders plus compétitifs sur les autres terrains. Les ardennaises, les grands tours, y compris les étapes de plaine, et même Milan-Sanremo : chez Quick-Step, sur toutes ces courses, il n’y avait que très peu de place pour le Néerlandais.

Au contraire, chez Direct Energie, tout ça va lui devenir accessible – à condition que l’équipe vendéenne y soit invitée, bien sûr. Sur le Ronde et Roubaix, forcément, il aura moins de chances de s’imposer, parce que la stratégie tournera autour de lui et qu’il ne pourra pas profiter d’un marquage sur un autre leader de son équipe. Mais sur le Tour de France, son objectif affiché, il bénéficiera de libertés qu’il n’aurait jamais pu avoir chez Quick-Step, la faute à des sprinteurs trop voraces. Il n’y a qu’à voir en 2018 : le garçon était là en juillet, mais a passé son temps à travailler pour les autres, tantôt Gaviria, tantôt Alaphilippe. Cette année, il courra pour lui-même, et il n’y a aucune raison que ses qualités ne le mènent pas là où il l’espère. Jusqu’ici, il y est toujours arrivé.

Une mauvaise idée par Adrien Godard

Niki Terpstra chez Direct Energie, l’annonce a eu de quoi surprendre. Officialisé pendant le mois d’août dernier, le transfert du Batave est clairement un gros coup pour la formation de Jean-René Bernaudeau. Mais pour Terpstra ? Le choix ne semble pas aller dans la bonne direction d’une carrière déjà bien entamée, au palmarès garni en classiques. Certes, à 34 ans et après huit saisons de bons et loyaux services chez Quick-Step, le Néerlandais devait avoir envie de changer d’air. Mais en optant pour l’équipe vendéenne, il fait une croix sur la force collective exceptionnelle des hommes de Patrick Lefévère, qui lui a bien souvent apporté ses principales victoires. Terpstra n’a pas montré qu’il devait avoir une équipe à son service pour performer, mais plutôt qu’il savait profiter de son statut de co-leader pour briller. Et chez Direct Energie, il ne trouvera personne aussi à l’aise que lui au printemps. La stratégie qui lui a souvent réussi ne pourra plus être mise en place.

Terpstra a annoncé vouloir gagner une étape sur le Tour de France, d’où son choix de filer chez Direct Energie. Mais l’équipe française est-elle vraiment mieux armée que Quick-Step pour l’aider ? Assurément non, tant la formation belge, la plus prolifique en 2018, a plus d’atouts dans ses manches que quiconque. Le Hollandais n’aura alors que plus de pression sur ses épaules, et il sera forcément attendu au tournant à chaque fois qu’il épinglera un dossard, et pas seulement au printemps ou en juillet. Pour lever les bras sur le Tour, Terpstra devra prendre une échappée fleuve lors d’une étape de baroudeurs, où le final se joue souvent comme une classique, c’est-à-dire la gagne ou rien. Mais nul doute qu’il aura la pancarte, qui pèsera un peu plus lourd avec le maillot Direct Energie.

Selon vous, est-ce une bonne idée pour Terpstra d'avoir signé chez Direct Energie ?

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