On a décidé de remettre ça. Il y a un an, nous publiions pour la première fois notre top 50. Un projet qui nous titillait depuis un moment. Nous voulions établir une hiérarchie du peloton actuel, à la manière de ce qui se fait régulièrement dans les sports américains. Mais ce classement se doit d’évoluer, et celui de 2018 ne peut pas être celui de 2019. En ce début d’année, il est donc temps de vous proposer notre deuxième édition.

Pour mettre en place ce classement, nous avons tous tenté de répondre à une question : si nous avions à constituer une équipe pour la saison 2019, quel leader prendrions-nous ? Cette hiérarchie n’est donc pas un classement de la saison 2018. Bien sûr, notre top 50 portera à débat, comme le précédent. Au sein même de la rédaction, où la plupart d’entre nous ont passé plusieurs heures à définir leur hiérarchie, il y a eu des désaccords. Mais au terme de plusieurs tours de votes, voici notre verdict.

Retrouvez tous nos articles sur le Top 50.

  • 5e Tom DUMOULIN

    276 pts
    + 1 place / 28 ans / Néerlandais / Sunweb

    Petit à petit. Le Néerlandais a progressé dans notre hiérarchie, mais d’une petite place seulement. Pas facile de faire beaucoup mieux quand on joue à ce point dans le haut du classement. Mais le Néerlandais aurait pu monter plus vite. Pour ça, il lui manque encore les victoires. En mai 2017, il avait ramené le maillot rose à Milan pour s’offrir un nouveau statut, celui d’un vainqueur de grand tour que l’on voyait même en potentiel bourreau de Froome sur le Tour.

    Sauf qu’en juillet dernier, Dumoulin, qui a bien battu le quadruple maillot jaune, a buté sur son coéquipier, Geraint Thomas. Le résumé de sa saison, en somme, où il a aussi terminé deuxième du Giro et du contre-la-montre des Mondiaux. Fiable comme peu de leaders du peloton sur les grands tours, seulement devancé par Froome dans ce domaine, ces dernières saisons, le leader de Sunweb peut cependant gagner en efficacité.

  • 4e Alejandro VALVERDE

    282 pts
    + 4 places / 38 ans / Espagnol / Movistar

    Il y a un an, il s’était classé huitième de notre classement, dans un top 10 ultra-serré qui voyait de nombreux cadors se tenir dans un mouchoir. Un an plus tard, on pourrait se dire qu’Alejandro Valverde a vieilli, encore un peu, qu’il est devenu moins fiable, qu’il serait encore plus fou de miser sur lui. Pourtant, peu d’entre nous ont douté au moment de le positionner dans les premières places. Une seule fois, l’Espagnol s’est retrouvé éjecté des six premiers.

    Preuve que ses résultats continuent de parler pour lui et de faire passer tout le reste, et surtout le poids des ans, au second plan. Logique, après tout. Cela fait des années que certains prédisent son déclin, et autant de temps qu’ils attendent, en vérité. Alejandro Valverde n’est pas immortel. Mais c’est à croire que même à 40 ans, il pourra partir au sommet. En attendant, il est champion du monde. Pas mal pour un vieux.

  • 3e Chris FROOME

    284 pts
    - 1 place / 33 ans / Britannique / Sky

    Encore une fois, Chris Froome est sur le podium, après la médaille d’argent en janvier 2018, c’est celle de bronze qui se présente à lui en 2019. Ce n’était pas chose acquise car le Britannique a vécu une année particulièrement compliquée, notamment sur le plan extra-sportif. L’affaire du contrôle anormal au salbutamol a empoisonné sa saison au moment où il s’apprêtait à relever le défi le plus ambitieux de sa carrière : le doublé Giro-Tour.

    Conspué par une partie du public, mis sous pression par les médias et les instances, le quadruple vainqueur du maillot jaune a su faire abstraction. En souffrance pendant la première moitié du Giro, il a su renverser la course au prix d’un improbable exploit lors de la 19e étape. Autorisé à prendre le départ du Tour une semaine avant le début de l’épreuve, il doit composer avec un co-leader, Geraint Thomas, qui sera finalement le plus fort sur les routes françaises. Sa 3e place restera la preuve qu’il avait les armes pour réussir ce défi.

  • 2e Simon YATES

    287 pts
    Entrée dans le top 50 / 26 ans / Britannique / Mitchelton-Scott

    Le risque, quand on se lance dans de ce genre de classement, c’est de passer à côté des hommes qui s’apprêtent pourtant à crever l’écran. Le cas Simon Yates en est l’exemple le plus manifeste. Modeste 55e en 2018, il réalise la meilleure entrée du top 50 2019 en s’emparant de la 2e place. C’est un rappel déplaisant, mais nécessaire, que cet exercice reste quelque peu artificiel et qu’il sert avant tout à susciter le débat.

    Petite particularité néanmoins, il est le seul coureur parmi les six premiers du classement à n’avoir jamais été cité à la première place. Pour en revenir à l’aspect sportif, sa capacité à briller sur le Giro (à l’exception des quatre derniers jours) et sur la Vuelta (sans exception) force le respect. Le coureur britannique a mangé son pain noir avant de revenir plus fort. Son retour sur les routes italiennes en 2019 laisse présager une belle opposition de style face à Tom Dumoulin.

  • 1e  =  Peter SAGAN

    296 pts
    Rang inchangé / 28 ans / Slovaque / Bora-Hansgrohe

    Parmi nos votes, il est le seul qui a été cité plus d’une fois à la première place. Et en fait, il l’a été à quatre reprises – sur huit votes. Ce n’est pas un plébiscite mais presque. Bien évidemment, Peter Sagan n’a pas réalisé en 2018 la saison parfaite. Ce n’était même pas sa meilleure saison, sur le plan personnel. Pourtant, il reste le patron du peloton pour la majorité d’entre nous.

    Le Slovaque est un sextuple maillot vert du Tour de France, un vainqueur du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix, une rockstar qui rameute des dizaines de fans et de journalistes où qu’il aille. Il est un cador reconnu par à peu près tout le monde, qui se trimbale donc une pancarte énorme sur à peu près toutes les courses et qui s’agace, parfois, jusqu’à faire perdre ses rivaux directs. Mais c’est cette folie, aussi, qui fascine.

LA MÉTHODE

Huit de nos rédacteurs ont établi une liste de 50 noms, qu'ils considéraient comme les meilleurs coureurs du peloton, sans avoir à les classer précisément. Nous avons conservé tous les coureurs cités au moins trois fois (56 au total) pour un deuxième tour. Il revenait alors à chacun de classer les 50 meilleurs coureurs parmi ces sélectionnés. Cinquante points allaient au premier, un au cinquantième, puis nous avons exclu, pour chaque coureur, le meilleur et le moins bon score pour livrer notre classement final.

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