Avec deux étapes et le maillot à pois, Julian Alaphilippe est entré dans une nouvelle dimension sur le Tour de France - Photo ASO / P. Ballet
Data
12 octobre 2018

Une saison Alaph-olie

Forfait pour le Tour de Lombardie, Julian Alaphilippe a mis un terme à sa saison. Et même si elle s’achève sur un relatif échec à Innsbruck, le puncheur-grimpeur de l’équipe Quick-Step peut sourire au moment de faire le bilan. De février à septembre, le coureur touche-à-tout a cumulé 12 victoires et pas des moindres. Sûrement le plus bel exercice réalisé par un coureur français au cours du XXIe siècle.

Patron parmi les patrons


Nous avons déjà eu l’occasion de parler de l’outrageante domination de l’équipe Quick-Step sur le circuit mondial. La formation belge a déjà glané 70 bouquets depuis le début de l’année, c’est 29 de plus que la Sky, deuxième au nombre de victoires par équipes. Et au milieu des Viviani, Terpstra, Jungels et Gaviria, Julian Alaphilippe n’a pas à rougir. Seul le sprinteur italien le devance au classement mondial UCI et en nombre de victoires, mais il marche sur d’autres plates-bandes.

Le meilleur grimpeur du dernier Tour de France a également le mérite de s’être imposé sur des courses très variées, aux quatre coins de l’Europe – et même au-delà – et tout au long de l’année. Après avoir ouvert son compteur en février sur les routes colombiennes, le coureur français a brillé en Espagne, en Belgique, en France, en Grande-Bretagne et en Slovaquie. Une telle réussite sur un large panel d’épreuves confirme l’envergure internationale prise par Alaphilippe en 2018.

En mode bleu roi


Au cœur d’un cyclisme français en progression constante depuis 2012, Julian Alaphilippe s’est progressivement affirmé comme le leader de la génération née au début des années 1990. En 2015, ses premiers coups d’éclats sur les ardennaises avaient donné un avant-goût de son potentiel. Les deux exercices suivants, loin d’être déshonorants, avaient été contrariés par des pépins physiques (mononucléose et genou) et des frustrations sportives comme le Tour de France 2016 et le Tour du Pays-basque 2017, où des possibles victoires d’étapes sont parties en fumée à cause d’incidents mécaniques. En 2018, rien de tout ça. Hormis un mois de mars difficile, Alaphilippe a toujours répondu présent. Il a pu évacuer un bon paquet de frustrations en s’imposant enfin devant Valverde sur la Flèche Wallonne et en se rattrapant avec la manière sur les courses citées plus tôt.

Du jamais vu depuis Jalabert


Un Français à douze victoires, ce n’est plus si rare de nos jours. Depuis quelques années, le trio de sprinteurs Démare-Bouhanni-Coquard tourne souvent à ce niveau. Cependant, c’est la première fois qu’un autre profil atteint un tel total depuis Laurent Jalabert en 1999. Vingt ans plus tard, Alaphilippe a l’occasion d’acquérir un statut similaire. La réussite de l’exercice 2018 ne marque pas la fin de l’histoire. Plusieurs objectifs prestigieux sont encore à portée de fusil : Paris-Nice, Milan-Sanremo, Liège-Bastogne-Liège, le Tour de Lombardie, le Championnat du monde et peut-être davantage si on se laisse surprendre une fois de plus par la polyvalence du garçon.

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Angelo Pardi
Angelo Pardi

Pinot, Bardet, Démare, Bouhanni sont de bons coureurs. Alaphilippe, lui, peut devenir un grand coureur.

jean-pierre BEYLIER
jean-pierre BEYLIER

il y a très longtemps que l’on attend un coureur Français de sa trempe, je suis sa carrière, et la je reconnais qu’il nous fait un plaisir immense, j’ étais au sommet de la Colombière pour sa première victoire d ‘étape sur le Tour De France, quel Bonheur , d’ avoir assisté a ce Moment ; merci Julian, et bon repos bien mérité,