Déjà vainqueur sur la Route d'Occitanie en juin, Anthony Roux a remis ça sur les championnats de France - Photo Mathilde L'Azou
1 juillet 2018
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Roux n’a pas laissé passer sa chance

On attendait un éventuel triplé d’Arnaud Démare, ou de son coéquipier Arthur Vichot. Les détenteurs de quatre des cinq derniers championnats de France sur route ont connu des fortunes diverses du côté de Mantes-la-Jolie, où le scénario décousu a joué bien des tours. Sûr de sa force, Anthony Roux ne s’est pas fait prier pour régler le groupe de costauds qui s’est joué le titre sur la ligne. Car à la fin, c’est la Groupama-FDJ qui gagne.

Trois ans après

Équipier modèle dans la formation française depuis une dizaine d’années, le Meusien s’est déjà illustré à de nombreuses reprises sur les France. La plus marquante d’entre elles remonte certainement au Futuroscope de Poitiers en 2015. Lançant brutalement le sprint, Roux provoquait du coude la cagade de Bouhanni, entraînant une chute massive désordonnant totalement les dernières centaines de mètres. La victoire revenue à l’inattendu Steven Tronet, le fautif d’alors ne s’est pas pour autant laissé envahir par les conséquences d’une faute désormais rangée dans les placards d’une carrière marquée par une somme conséquente d’accessits, pour de faibles succès. Mais lorsque le Lorrain lève les bras, ce n’est jamais n’importe où. Âgé de 22 ans, il avait décroché une victoire d’étape sur le Tour d’Espagne 2009 dans un registre de finisseur. Rescapé de l’échappée matinale, il avait faussé compagnie à Martijn Maaskant sous la flamme rouge pour résister au retour lancé des sprinteurs.

C’est ce même style de finisseur qui lui a permis de déposer Alejandro Valverde sur la dernière portion de la Route d’Occitanie, ou de battre aujourd’hui un petit groupe d’attaquants en anticipant un sprint fermé. Laissant le soin à Julian Alaphilippe de reprendre un démarrage téléphoné signé Guillaume Martin, Roux a placé un contre surpuissant laissant Anthony Turgis sur les rotules aux deux cent mètres. Incrédule sur le podium protocolaire, son étonnement dissimule la joie d’un bon coureur qui a toujours composé avec ses moyens. Moins rapide qu’un Démare, moins explosif qu’un Alaphilippe, et moins bon rouleur que le fut Sylvain Chavanel, Anthony Roux n’en est pas moins un coursier régulier, aux quatre coins de la planète. Le désormais porteur du maillot bleu-blanc-rouge n’était pas loin en 2016 de remporter le Grand Prix de Québec face à Peter Sagan et Greg Van Avermaet.

Une récompense collective

Un vainqueur méritant, pour un podium qui l’est tout autant. Troisième et sans doute déçu, Julian Alaphilippe a coincé après un effort impressionnant pour revenir du peloton, battu à plates coutures, sur la tête de course. Mais bien neutralisé par le duo Molard-Roux de l’équipe au trèfle, le vainqueur de la Flèche Wallonne a dû s’incliner devant une puissance collective qui règne en maître sur les nationaux. Demandez donc à l’équipe Cofidis du malheureux Turgis, bredouille sur l’épreuve depuis 22 ans. Sans son sprinteur vedette dans la bonne échappée partie dans le dernier tiers de course, la FDJ a tout de même trouvé le moyen de placer cinq coureurs à l’avant, quand AG2R n’en possédait que deux.

Chacun a même eu sa chance. Préparant le terrain pour une attaque d’Arthur Vichot, Rudy Molard a compté quasiment trente secondes d’avance dans les sentiers du Vexin, avant de se faire reprendre par Alaphilippe, puis Roux. Victime de crampes, tout comme un Warren Barguil rassurant, Vichot a dû jeter l’éponge et laisser ses camarades se débrouiller. Et même quand le groupe Latour a fait la jonction à l’entrée de Mantes-la-Jolie, les deux FDJ n’ont pas paniqué. Un coureur dévoué, et l’autre à la finition. Une combinaison imparable, fruit du labeur annuel d’une formation désormais reconnue à l’international pour la qualité du soutien fourni à ses leaders sur les grandes épreuves du World Tour, comme Milan-Sanremo ou le Giro. Le nouveau champion de France, s’il n’étrennera pas sa tunique purifiée de tout sponsor sur la Grande Boucle, faisait justement partie de l’aventure italienne de Thibaut Pinot. À lui, maintenant, de faire honneur au maillot.

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Reg
Reg

Pour le déclassement, ça n’est pas du coude qu’il le fait tomber, mais en changeant de ligne qu’il touche la roue avant de Bouhanni.
Un des commentateurs du jour sur F3 a fait l’erreur, mais c’était une erreur ;-)

DomdeLyon
DomdeLyon

Anthony Turgis : « Je pense que les trois coureurs qui ont su rattraper le premier wagon (Latour, Alaphilippe et lui même) étaient les plus forts sur le moment. »

DomdeLyon
DomdeLyon

J’ajouterai perso Guillaume Martin qui m’a complètement épaté !

Angelo Pardi
Angelo Pardi

D’un côté on ne peut que se réjouir pour Roux, d’un autre c’est toujours un peu dommage de voir le maillot de champion de France sur le dos d’un équipier plutôt que sur celui d’un leader. Alaphilippe gagnant à Mûr de Bretagne avec le tricolore sur le dos, ça aurait de la gueule.

Ach
Ach

Roux n’est que rarement leader mais est quand même bien plus qu’un équipier !

DomdeLyon
DomdeLyon

Et de toutes façons peu importe ! C’est le « meilleur » (plus frais, plus fort, plus malin, etc…) qui gagne ! « Leader » ou « équipier » on s’en moque ! Perso, quand je l’ai vu devant, je rêvais que Kevin Le Cunf nous refasse le coup des « boucles de l’Aulne » !