La nouvelle de ce matin a eu l’effet d’une déflagration dans le monde du cyclisme. Selon les informations du Monde, l’organisateur du Tour de France, Amaury Sport Organisation, a finalement pris le choix d’écarter Christopher Froome, quadruple vainqueur de la Grande Boucle, du rendez-vous de juillet, neuf mois après son contrôle anormal sur la Vuelta. Le Britannique le sait, la suite de sa carrière dépend de sa participation au Tour 2018.

Sky, une semaine pour sauver Chris Froome

Personne ne s’y attendait. Vendredi dernier, Christian Prudhomme s’exprimait sur le « cas » Chris Froome. Une semaine avant le départ de la Grande Boucle, le directeur du Tour de France s’attendait à voir le leader des Sky en Vendée. « Il le peut, juridiquement. » Mais devant la colère qui ne cessait d’augmenter en France (portée notamment par Bernard Hinault), l’ancien journaliste avait donné son avis. « Que les autorités sportives n’aient pas réglé ce problème avant la plus grande course cycliste au monde est consternant. Je n’en dirai pas plus. »

Ce « Je n’en dirai pas plus » n’aurait-il pas pu nous mettre la puce à l’oreille ? Agir maintenant n’est pas anodin. Sky n’a qu’une semaine pour démonter l’argumentation d’ASO. Pour préserver l’image et la réputation du Tour (un point inscrit dans le règlement d’Amaury Sport), Christian Prudhomme a décidé de prendre le risque d’écarter un quadruple vainqueur de l’épreuve accusé de dopage, mais pas officiellement condamné. ASO prend le pouvoir face à l’UCI, malgré le soutien qu’avait apporté le directeur du Tour à David Lappartient, le président de l’organisation internationale qui régit le cyclisme. Depuis novembre, la procédure traîne. Le débat de la participation de Chris Froome au Giro avait déjà été intense, encore plus après la victoire du Britannique. Et avant la plus grande course de la saison, rien n’a été tranché.

Seul contre tous

Evidemment, la Sky dispose de plusieurs recours pour forcer la participation de son tout récent vainqueur du Giro. Elle a tout d’abord fait appel auprès du CNOSF (Conseil National Olympique du Sport Français), qui rendra sa décision ce mercredi. Si elle est défavorable aux intérêts de l’équipe britannique, celle-ci pourrait faire appel devant le TAS (Tribunal Arbitral du Sport). Mais malgré le soutien de son équipe, qui s’assure « confiante que Chris sera sur le Tour car nous savons qu’il n’a rien fait de mal », le rêve d’un cinquième sacre sur les Champs-Elysées s’éloigne pour le Kényan blanc.

Comment désormais imaginer le leader des Sky sur le Tour de France, seul contre tous ? Même l’organisateur le rejette et le renvoie à un statut de pestiféré qu’il tente de fuir désespérément. Au-delà du maillot jaune et de la lutte pour le général, le simple fait d’arriver jusqu’à Paris, après trois longues semaines, hué par le public, désavoué par ASO et toujours menacé par une suspension de l’UCI, serait un véritable exploit pour le Britannique. Rajoutez à cela une éventuelle concurrence dans sa propre équipe en cas de faiblesse : vous obtenez un coureur qui pourrait être écrasé par la pression, et terminer loin de ses standards. A 33 ans, Chris Froome sait que son temps est compté. Il a désormais le choix : jouer son va-tout pour participer au Tour, quitte à tout perdre, ou trouver une sortie honorable, digne de ses performances sportives. Cette première semaine de juillet est certainement la plus importante de la carrière du Britannique.

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