Dans les Praeres de Nava, Quintana et Lopez se sont longuement marqués, ce qui a fait les affaires de Simon Yates - Photo ASO/L.A.Gomez
8 septembre 2018

Ce n’est pas le moment de se marquer

Aujourd’hui, dans les terribles pourcentages des Praeres de Nava, Nairo Quintana et Miguel Angel Lopez ont encore impressionné en se tirant mutuellement la bourre, mais ont de nouveau laissé filer la victoire d’étape et le maillot rouge. À force de se marquer, les deux Colombiens pourraient bien sérieusement se compliquer la tâche.

Yates n’en demandait pas tant

Longtemps, on a bien cru que la victoire du jour se jouerait entre deux hommes qui se connaissent bien, et qui ont déjà eu l’occasion de se tester lors des précédentes étapes, Covatilla en tête. Car il faut bien dire qu’après le premier relais appuyé de Steven Kruijswijk, Quintana et Lopez ont tour à tour placé des attaques sans jamais aller jusqu’au bout de leur effort. En s’isolant ainsi quelques dizaines de mètres devant leurs poursuivants, les deux auraient pu s’unir dans la souffrance pour creuser durablement l’écart. Au contraire, manoeuvrant par à-coups, le duo à permis le regroupement général, et s’est logiquement fait contrer par Simon Yates, agissant en renard des flammes rouges non sans rappeler Joaquim Rodriguez. Alors, bien sûr, au général, l’opération reste mince. C’est d’ailleurs l’une des caractéristiques de cette Vuelta, qui semble plus que jamais partie pour se décider à quelques secondes près.

Malgré cinq arrivées au sommet, le top 10 se tient toujours en deux bonnes minutes. Les gros écarts attendront certainement demain, avec la mythique montée des Lacs de Covadonga, mais n’est-ce pas trop téléphoné ? Quintana, qui avait conquis le maillot rouge ici même en 2016, aura à coeur de frapper un grand coup. Mais il n’est pas le seul. « Superman » Lopez, qui avait dominé les étapes de Calar Alto et Sierra Nevada l’an passé, serait bien inspiré de vouloir mener cavalier seul sur les pentes du monument asturien. Entre compatriotes, sans aller jusqu’à évoquer une inimitié, la rivalité semble pour l’instant prendre le pas sur le combat. Moins bien entouré que le double vainqueur de Grands Tours, Lopez marque à la culotte son concurrent de la même manière que sur le Giro, où son mano à mano contre Richard Carapaz pour le maillot blanc avait agacé spectateurs et protagonistes de l’intérieur.

Un casse-tête tactique

Pour la première fois de sa jeune carrière, le leader d’Astana se retrouve aussi en situation parfaite pour viser un classement général sur trois semaines, et sait pertinemment que personne ne fera preuve de laxisme s’il se dresse sur les pédales. Son attitude nonchalante découle certainement d’un mélange entre un conservatisme défensif, et la pression rencontrée une fois mis face à ses responsabilités. Des responsabilités que Simon Yates, lui, endosse sans sourciller, même si son équipe ne fait pas non plus l’unanimité. Dédramatisons également, il reste encore quatre arrivées au sommet, et pas des moindres. Mais si demain soir, le classement général reste peu ou près identique, le risque n’est-il pas réel de faire revenir dans la danse des outsiders qui n’ont jamais mieux exploité ce statut que sur les Tours d’Espagne, indécis par nature ? Des garçons comme Uran ou Pinot, expérimentés sur trois semaines, pourraient en profiter.

Et quid d’Alejandro Valverde, deuxième du général à vingt secondes du leader britannique et survolté à domicile ? À cet égard, la tactique de la formation Movistar semble, comme à l’accoutumée, bancale. Si Quintana sait que l’Espagnol est là pour se faire plaisir et l’aider dans la mesure du possible, le Colombien peut se mordre les doigts de ne pas avoir tiré profit du surnombre pour prendre enfin un maillot rouge qui se refuse à la bande d’Eusébio Unzue depuis Malaga. Puis, chose importante à souligner, aucun des prétendants restants ne peut créer de grandes différences dans le contre-la-montre qui suivra. Uran n’a plus d’effort de référence depuis quatre ans, Izagirre s’est montré décevant jusqu’au Tour d’Espagne…et si le meilleur rouleur se nommait Yates ? Sur pareille distance au mois de mai, il avait terminé une minute devant Miguel Angel Lopez. Des données qui doivent interpeller, et amener la hiérarchie officieuse à prendre un caractère plus officielle.

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highlander
highlander

Quintana a courru pour Valverde aujourduis ou bien suis je le seul a avoir eu cette impression ?

LAURENT Michel
LAURENT Michel

Excellent article qui décrit parfaitement ce que j’ai ressenti:
Je pense que Quintana était un ton en-dessous des 3 autres car, d’habitude, une fois parti, il continue. Là, il se contentait de marquer son compatriote Lopez comme si c’était lui l’adversaire à battre et non Yates;
Mais peut-être est-ce l’année pour Valverde?

FGH
FGH

Il n’a absolument pas couru pour Valverde.

highlander
highlander

Ce genre de final sur la Vuelta se joue quasi systematiquement dans le dernier km et ca me semble incoherent que Quintana ne le sache pas. S´il ne travaillait pas pour Valverde, courre t´il a l´envers ou dans quel but placait il ses banderilles ?

bjf
bjf

Le marquage peut avoir toute son importance et Pinot peut en profiter s’il fait un gros chrono . Valverde ne semble pas avoir renoncé à gagner la Vuelta et la tactique cher Movistar n’est pas toujours claire . Entre Quintana et Lopez on n’a pas l’impression qu’il y aura une collaboration pour rouler derrière quelqu’un …..

highlander
highlander

ils sont souvent compliqués les chronos de Pinot après le jour de repos . Ca ne serait pas une surprise qu´il se loupe en partie; mais d´un autre coté, sa forme ascendante et sa superbe victoire d´avant hier pourraient, j´espére, changer la donne …