Fabio Aru n'a pas réalisé de grandes performances depuis sa victoire sur la Vuelta 2015. L'endroit idéal pour rebondir ? - Photo RCS Sport
Favori Vuelta #6
21 août 2018

Aru part de loin

La rédaction de Chronique du Vélo se met à l’heure espagnole pour décrypter les favoris du 73e Tour d’Espagne. Jusqu’au départ, nous allons donc revenir sur chacun de ces protagonistes. À la sixième place aujourd’hui, Fabio Aru.

S’il fait partie du cercle fermé des vainqueurs de grand tour, Fabio Aru n’a jamais semblé aussi fort qu’il y a trois ans, sur son Tour d’Espagne victorieux. Souvent trop juste dans les moments décisifs, le Sarde fut tout simplement hors du coup en première partie de saison. La remise à zéro des compteurs peut-elle s’avérer payante ?

Sur la trace de ses meilleurs souvenirs

Quand il n’était que le simple coéquipier de Vincenzo Nibali, Fabio Aru semblait gravir les échelons à toute allure. Très suivi au pays pour avoir remporté deux fois de suite le Tour de la Vallée d’Aoste, le Transalpin n’a eu besoin que d’une saison pour s’adapter au rythme des meilleurs. Porté par le meilleur collectif Astana depuis l’ère Contador-Armstrong, il choisit directement de faire parler de lui sur le Giro et la Vuelta. Un enchaînement idéal pour un futur leader en formation qui ne tardera pas à se révéler victorieux. Troisième puis second de la course rose, il s’adjuge ensuite l’épreuve espagnole en 2015 devant Rodriguez et le malheureux Dumoulin, seulement sixième alors qu’il portait le maillot rouge à vingt-quatre heures de l’arrivée. Cette saison-là reste comme la plus aboutie qu’il ait connu.

Il y a bien 2017, avec cette victoire d’étape à la Planche des Belles Filles sur le Tour et un éphémère maillot jaune, mais la saveur du succès n’était pas là. Trop juste dans les Alpes, on a davantage retenu ses faiblesses que les promesses laissées. Promis à une aussi belle histoire que celle de Nibali sur ses routes nationales, Aru n’y connaît pas non plus la tranquillité. Alors que son premier essai sur le Tour de France s’avérait raté en 2016, il visait la victoire sur le Giro 2017, s’élançant de sa Sardaigne natale. Malheureusement pour lui, une inflammation au genou contractée lors d’un stage hivernal l’oblige à tirer un trait sur son rêve. Le garçon ne manque certes pas de caractère et beaucoup s’arracheraient le contenu de sa Grande Boucle quelques mois plus tard, mais le compte manque encore. Depuis sa folle progression entamée au Tour du Trentin 2013 et achevée en 2015 à Madrid, Aru stagne. Et le voir se jeter tête baissée dans le nouveau projet de l’équipe UAE n’avait rien de rassurant.

Orgueil et fraîcheur

Ses débuts sous sa nouvelle tunique ont même été aux antipodes du long fleuve tranquille. Critiqué par les tifosi pour avoir accepté d’endosser un maillot de champion d’Italie sans aucune saveur, le cinquième du Tour 2017 a récolté la pression grandissante autour d’une structure peinant à faire ses preuves malgré un recrutement grandiloquent. Sixième du Tour des Alpes et devancé par ses futurs adversaires du Giro, il n’a jamais au mois de mai, à l’exception du contre-la-montre de Rovereto où sa nonchalance vis-à-vis du règlement fit jaser. Il faut dire que la veille, Aru avait terminé à un quart d’heure de Simon Yates. Jamais dans le tempo, l’Italien n’a jamais paru en capacité de conserver une place dans les dix premiers avant son abandon par la petite porte. Réaliste, il avait alors promis d’enquêter pour comprendre coûte que coûte pourquoi « l’Aru de ce Giro n’est pas le vrai ».

Après une coupure très silencieuse, c’est en Wallonie qu’il est rentré à la compétition, par une dixième place anecdotique. Un résultat répété à l’identique en Pologne, où il admettait se sentir « beaucoup mieux » et courir à l’économie en vue du Tour d’Espagne. Soutenu par Dan Martin qui visera une victoire d’étape, Aru connaît bien la route de la gloire. Les cimes espagnoles lui conviennent bien tandis que son manque de dynamique le rend moins incontournable aux yeux de ses petits camarades. Avant de viser le doublé, c’est sans doute le podium qui lui paraît le plus accessible. Mais un résultat inférieur, bien qu’honorable, sera forcément décevant. Car avec un tel CV, on attend forcément beaucoup plus d’un coureur qui possède la détermination et l’instinct du « fuoriclasse » à l’italienne. Les champions saisissent toujours l’opportunité de rebondir. À lui de se rappeler à nous.

Selon vous, qui remportera le Tour d'Espagne ?

  • Nairo Quintana : 23%
  • Richie Porte : 23%
  • Thibaut Pinot : 13%
  • Vincenzo Nibali : 12%
  • Simon Yates : 11%
  • Miguel Angel Lopez : 8%
  • Un autre : 5%
  • Fabio Aru : 2%
  • Rigoberto Uran : 1%
  • George Bennett : 1%

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Alexis Midol-MonnetJames Auteurs de commentaire récent

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« un maillot de champion d’Italie sans aucune saveur, le cinquième du dernier Tour de France a récolté  »
le cinquième du tour 2017