Se retourner sur la saison de Cofidis, c'est se rendre compte de beaucoup d'incohérences : il était temps de changer des choses - Photo ASO
Bilan 2017
En cette fin de saison, l’heure des bilans est venue. La Chronique du Vélo a passé au crible l’exercice 2017 de chaque équipe, chaque rédacteur a livré sa note sur vingt permettant de faire une moyenne puis d’établir un classement. Des notes subjectives, basées sur les résultats mais aussi les effectifs et les objectifs annoncés en début d’année, qui prêtent forcément au débat. On attend donc de connaître vos avis.
4 novembre 2017

Cofidis en eaux troubles

7,9/20

Pour la troisième saison d’affilée, l’équipe Cofidis avait décidé de tout miser sur un seul homme, Nacer Bouhanni. Malheureusement pour les Nordistes, les errances répétées et la grave chute de leur sprinteur n’ont pas provoqué le décollage d’une machine sévèrement grippée. La structure d’Yvon Sanquer s’est enfoncée pour de bon, si bien que Cédric Vasseur devra enfiler le costume de pompier dès l’hiver pour redresser un pan historique du cyclisme tricolore.

Le top : Anthony Perez

On aurait pu choisir Clément Venturini, vainqueur des Quatre Jours de Dunkerque et brillant sur les routes du Tour d’Autriche, mais l’action la plus remarquable de la saison 2017 est sans doute l’oeuvre d’Anthony Perez. Méconnu jusqu’ici, le Toulousain a décroché sa première victoire professionnelle en terre luxembourgeoise devant, excusez-du peu, Greg van Avermaet. Sur un sprint en côte typique de l’épreuve du Grand-Duché, celui qui s’était déjà échappé durant Liège-Bastogne-Liège a réglé le vainqueur de Paris-Roubaix et futur numéro un mondial, de quoi classer l’étendue de son effort. Troisième du classement général final, Perez a connu la joie de disputer son premier grand tour, à l’âge de 26 ans. Sur la Vuelta, il se distingua par une attitude entreprenante, ponctuée par deux top 10 sur des terrains propices aux baroudeurs, à Cuenca et Antequera. Enfin, son succès d’étape au tour du Gévaudan devant les révélations françaises Gesbert et Martin couronne une année réussie, ce qui n’est pas le cas de la grande majorité de ses coéquipiers. À confirmer en 2018.

Le flop : la structuration collective défaillante

C’est bien le problème d’une équipe axée autour d’un champ de travail unique, lorsque celui-ci déraille, il apparaît extrêmement difficile de rebondir. Sauf qu’au vu de ce qui a été produit durant le Tour de France ou la Vuelta, on a l’impression que les coureurs de Cofidis n’ont même pas essayé de faire illusion. Plus au niveau, Daniel Navarro a traversé la saison comme un fantôme. Les poissons-pilotes de Bouhanni, eux, ont eu énormément de mal à se mettre en lumière. Cinquième à Romans-sur-Isère, pour l’unique top 10 (en dehors de ceux de Bouhanni) de son équipe sur une étape en juillet, Christophe Laporte n’a que trop rarement l’occasion de jouer sa carte, et il paraît inconcevable de faire reposer sur des baroudeurs irréguliers comme Maté ou Edet les derniers espoirs d’une équipe bien démunie. Inutile ici d’accumuler des critiques qui reposent trop souvent sur Nacer Bouhanni, détenteur de sept des treize bouquets de sa formation, au lieu de revenir aux racines du mal. Trop souvent, on entend un refrain monocorde au sein de la maison : attendre que le vent tourne. On peut toujours patienter, jusqu’à ce qu’ASO décide de couper le robinet des invitations.

La stat : 0

Zéro pointé, soit le nombre de victoires à mettre à l’actif des recrues hivernales. Attendus, les Belges Dimitri Claeys et Jonas van Genechten n’ont quasiment rien apporté au pôle vitesse, et symbolisent l’échec d’une politique de recrutement qui reste enfermée dans des vieilles certitudes où l’on accueillait les éléments frontaliers confirmés ou en pleine progression.

Les notes 2017

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8 Commentaires sur "Cofidis en eaux troubles"

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Loutrejoyeuse
Loutrejoyeuse

Cofidis: on ne change pas une méthode qui ne marche pas

Ach
Ach

ben justement ils changent !

Everworl
Everworl

Quelles sont les équipes qui vont faire l’objet d’un bilan ? (Je demande cela puisque Cofidis c’est pas une équipe World Tour.) Les équipes World Tour et les Conti Pro françaises ? Même Delko – Marseille – Provence – KTM ?

Robin Watt

Vous avez presque vu juste. En effet, nous allons traiter toutes les WT ainsi que les Conti Pro françaises ayant participé au Tour (et donc à pas mal d’autres épreuves WT aussi), c’est à dire, après Cofidis, Direct Energie et Fortuneo. En revanche, on fera l’impasse sur Delko-Marseille.

Quef
Quef

Quitte à analyser des équipes invitées au TDF, pousser jusqu’à Wanty serait sympa et justifié !

henri
henri

pourquoi pas Delko? cette equipe semble manquer completement d’âme et de cohérence, et ducoup de résultats, il serai interessant d’analyser pourquoi

Robin Watt

Vous avez raison, on va pousser jusqu’à Wanty !

chris83
chris83

Analyse très pertinente: Cofidis est inexistante sur les classements généraux des courses à étapes.D’ailleurs ils ne méritent pas leur sélection sur la Vuelta ( bien moins que Directenergie par exemple) qu’ils ne doivent qu’ à l’implication de Cofidis sur le partenariat de la course). Ils misent tout sur Bouhanni qui a certes du talent mais, trop souvent à terre, s’est révélé inconsistant ces dernières saisons.

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