A défaut de faire lever les foules, le mois de février permet d’en savoir un peu plus sur la forme des uns et des autres. Avec une attention particulière portée aux flandriens, qui lancent pour la plupart – tous sauf Sagan cette année, en somme – leur saison lors du week-end d’ouverture. D’habitude discret en début de saison, Sep Vanmarcke semble arriver très fort, déjà, à quelques jours du Het Nieuwsblad. Avec en tête, forcément, le Ronde et Paris-Roubaix dans un peu plus d’un mois.

Un déclic au Haut-Var ?

Chaque année, la même rengaine : est-ce la bonne année pour Sep Vanmarcke, collectionneur d’accessits depuis des années mais qui attend encore son heure sur un Monument ? Dans l’ombre de Peter Sagan et Greg Van Avermaet, le Belge traverse quasiment chaque campagne avec une incroyable régularité de mars à mi-avril. Cette constance sur les flandriennes n’est que rarement récompensée puisqu’il n’a levé les bras que lors du Het Nieuwsblad, en 2012. Avant d’aborder le Tour du Haut-Var, il y a une semaine, l’homme de Courtrai n’avait d’ailleurs rien gagné depuis 2016 et un succès d’étape lors du Ster ZLM Toer. Triste bilan, osons le dire.

Mais sa victoire lors de la première étape du Haut-Var a mis fin à cette disette, et il faut admettre qu’elle a eu de quoi surprendre. Vanmarcke a réussi à suivre le rythme effréné mené par AG2R et Groupama-FDJ dans le col du Tanneron, avant de régler au sprint un groupe de treize hommes, grimpeurs ou puncheurs pour la plupart. « Gagner une étape très dure ici, ça prouve que je marche bien, se réjouissait-il au micro de DirectVelo. J’attendais vraiment une victoire et c’était mon jour. » Il faut dire que Vanmarcke avait déjà surpris tout le monde en obtenant la 5e place lors du contre-la-montre final de l’Etoile de Bessèges, en haut de la difficile montée de l’Ermitage, et la 9e place au Prologue du Tour de La Provence. De quoi en faire un favori à l’heure du Het Nieuwsblad. Voire pour un peu plus tard, au printemps.

En forme trop tôt ?

Parce que 2019 n’échappera pas à la règle : la saison de Vanmarcke se joue sur les six prochaines semaines, pas une de plus. Une année résumée en quelques courses, c’est le lot des purs flandriens, ce que ne sont plus vraiment Sagan ou Van Avermaet, mais ce que restera sans doute toujours Vanmarcke. Cette absence de marge d’erreur interdit tout raté dans la préparation. Il faut être au top sur les deux week-ends les plus importants, au Ronde et sur Paris-Roubaix. « J’espère que je ne suis pas déjà au top de ma forme car les classiques ne sont pas pour tout de suite », s’inquiétait presque le Flamand après le Haut-Var. Si cette forme précoce peut en effet s’avérer décisive ce week-end, rien n’indique qu’il en sera de même dans un mois. Alors le garçon peut s’interroger, surtout qu’il a abordé cette campagne différemment des précédentes.

Auparavant, le Belge répétait ses gammes au Tour d’Algarve ou en Espagne et arrivait au Nieuwsblad avec moins de jours de course dans les jambes. Cette année, il a fait le choix de venir dans le sud de la France en enchaînant Bessèges, le Tour de La Provence et le Haut Var. « C’est sympa de tester une préparation différente, expliquait son frère et directeur sportif, Ken Vanmarcke, au journal La Provence. Il est pro depuis 2010, je pense qu’il avait besoin de nouveautés. Je suis persuadé que si vous modifiez des choses, vous avez de bonnes chances d’obtenir de meilleurs résultats. » Si la théorie de Ken Vanmarcke se vérifie, tous les espoirs sont permis pour que Sep franchisse le petit pallier qui le sépare de son rêve de toujours.

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