L’an dernier, il avait surpris beaucoup de monde en remportant le Tour des Flandres. On le savait fort, mais à ce point là, peu avaient osé l’imaginer. Cette année, tout est différent. Philippe Gilbert est l’un des rares cadors à s’être montré au niveau ces dernières semaines, et aborde le Ronde comme l’un des favoris à sa propre succession.

Le momentum est pour lui

Il y a un an, nous vous faisions part de nos favoris pour le Tour des Flandres. Cinq d’entre nous se mouillaient alors en donnant un nom. Personne n’avait cité Philippe Gilbert. Si on avait dû réitérer nos pronostics cette année, assurément, « Phil » aurait été présent dans cette liste, peut-être même en premier. Oui, il a 35 ans et pense sans doute davantage à Paris-Roubaix qu’au Ronde, histoire d’agrandir sa collection de monuments – il en compte aujourd’hui trois sur cinq. Et pourtant, en partie parce que Sagan, Van Avermaet, Naesen et Vanmarcke sont restés assez discrets depuis un mois, il fait figure de favori presque numéro un. Gilbert le Wallon pourrait se succéder à lui-même sur le monument flamand, surtout avec l’armada qui l’entoure chez Quick-Step. Drôle de symbole, quand même. La Belgique, pourtant, ne s’en plaindrait pas. Après le départ en retraite de Tom Boonen, il faut s’accrocher à ses champions, peu importe de quel côté du pays ils viennent.

Gilbert, lui, semble avoir tout pensé depuis des semaines. Chez Quick-Step, ils sont quatre à pouvoir gagner : Terpstra, Stybar, Lampaert et lui-même, bien sûr. Il faudra le gérer. Mais le Remoucastrien a fait ce qu’il fallait en amont. Lui n’a pas gagné mais ses coéquipiers si, à l’exception de Stybar, de toute façon pas vraiment habitué à lever les bras sur les flandriennes. Au Samyn puis surtout sur le GP E3, il a été plus que précieux pour Niki Terpstra, qui à chaque fois n’aurait sans doute pas gagné sans lui. Le Néerlandais se doit de lui rendre la pareille, surtout qu’en 2018, « Phil » n’a encore rien gagné. Pour ce qui est de Lampaert, lui aussi victorieux récemment, il est celui des quatre qui, de part son statut, aura le moins son mot à dire et devra très probablement se mettre à la planche. Reste le cas Stybar, que Patrick Lefevere lui-même s’est déjà pris à décrire comme l’un des plus individualistes de l’équipe, mais le Tchèque, depuis des années, n’a jamais fauté lorsque l’un de ses coéquipiers était en bonne position.

Sans pression

Bourrée de confiance et avec un leader qui n’attend que le Ronde pour ouvrir son compteur, la Quick-Step est dans une position idéale. « Nous ne devons pas contrôler les autres, c’est eux qui doivent nous contrôler », a souligné Lefevere pour la Dernière Heure. Gilbert, lui, avec toute son expérience, tente de s’enlever un peu de pression. « L’année dernière, j’étais légèrement supérieur, a-t-il confié en conférence de presse, ce vendredi. Nous parlons de quelques pour cents, mais à ce niveau là, ça peut faire une grande différence. » L’impression visuelle qu’il a dégagé ces dernières semaines était pourtant impressionnante, et s’il y en a un pour qui on ne s’inquiète pas, c’est bien lui. Sagan et Van Avermaet, notamment, seront sous pression au départ d’Anvers. Gilbert pas vraiment. Tout est de son côté. L’an dernier, il n’avait pas eu besoin de ça pour l’emporter. Alors imaginez cette fois.

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