Dimanche soir, on ne saura pas encore qui aura gagné le Tour, parce qu’il restera une semaine de course et que le raccourci serait bien trop risqué. Mais on y verra beaucoup plus clair, malgré tout. On saura surtout qui sont les candidats au maillot jaune, ou plutôt s’il y en a un qui ne court pas chez Ineos, ce qui changerait, pour une fois.

Le Tourmalet déjà décisif

L’entrée dans les Pyrénées s’est faite jeudi, mais en douceur. Ce n’est pas que les favoris soient cramés avant le début de la haute montagne, parce que le début de semaine était une simple mise en bouche. La bordure d’Albi, lundi, semble loin désormais, et il y a eu, depuis, une journée de repos et une étape plutôt calme, hier vers Toulouse. L’escamotage du col de Peyresourde et surtout de la Hourquette d’Ancizan était donc volontaire. Et elle était prévisible, dirons-nous, parce que le programme, jusqu’à dimanche soir, est autrement plus coriace, propice aux écarts, aussi, et que personne n’avait envie de lâcher de l’énergie dans le vide, là où chaque coup de pédale pourrait compter dans les trois jours qui viennent. D’ici dimanche, nous aurons en effet un contre-la-montre, vendredi à Pau, puis deux arrivées au sommet durant le week-end, en haut du Tourmalet puis à Foix Prat d’Albis. Pas assez pour gagner le Tour, mais largement de quoi le perdre trois fois, au moins.

Après la Planche des Belles Filles, il y a une semaine, nous titrions : « Premières réponses ». La vérité est que sur l’ascension vosgienne, on avait compris qui était dans le coup et qui était à la rue, mais qu’il restait beaucoup d’interrogations. Elles ne se sont pas dissipées, depuis, et on a hâte d’être dans les derniers kilomètres du Tourmalet, après Barèges, là où Alberto Contador et Andy Schleck s’étaient livrés un duel resté à la postérité en 2010, pour voir ce qu’il en est de l’état de forme de Geraint Thomas, Egan Bernal et Thibaut Pinot, notamment. Le Français a-t-il les cannes pour aller titiller le duo britannico-colombien, qui a profité du vent, à Albi, pour faire de Pinot un outsider, cantonné à un rôle secondaire pour le moment, alors qu’il s’avançait jusque-là comme un favori au moins aussi sérieux que le tenant du titre ? Le col le plus emprunté de l’histoire du Tour de France ne doit pas donner une indication mais une réponse claire.

Ineos prêt à s’asseoir sur le trône

Avant ça, il y aura malgré tout le contre-la-montre de Pau, qui pourrait changer beaucoup de choses pour beaucoup de monde. Ceux qui s’en sortiront bien se sentiront peut-être pousser des ailes sur le Tourmalet, les autres pourraient avoir la tête dans le seau, et difficile de savoir s’ils en sortiront transcendés ou abattus. Les deux arrivées au sommet qui se succèderont, en tout cas, ne feront pas de cadeau à ceux qui auront les jambes qui flageolent. Peu de monde semble les redouter, elles feront pourtant des dégâts et des déçus. Les grimpeurs soulignent qu’ils arrivent sur leur terrain et qu’ils se sentent prêts à bousculer la hiérarchie. Problème, les Ineos, déjà tout en haut du classement, préfèrent également la montagne à la plaine et il est bon de rappeler que le meilleur des favoris, l’an dernier sur les arrivées au sommet de La Rosière, de l’Alpe d’Huez ou de Saint-Lary-Soulan s’appelait à chaque fois Geraint Thomas. Exactement comme cette année à la Planche des Belles Filles. Pas très rassurant pour le suspense, malgré tout.

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