Au terme d’un dénouement surnaturel, Mathieu Van der Poel a remporté une Amstel Gold Race grand cru. Auteur d’une remontée incroyable, le champion des Pays-Bas a réussi à décrocher l’une des plus belles victoires de sa jeune carrière. Il confirme, déjà, son énorme potentiel sur route.

Un final « impronostiquable »

À deux kilomètres de l’arrivée Julian Alaphilippe et Jakob Fuglsang ont encore trente secondes d’avance sur leurs premiers poursuivants. Derrière, le gros des favoris pointe même un peu plus loin. Le Français et le Danois doivent, comme il y a quelques semaines sur le Strade Bianche, se jouer la victoire. C’est ce que l’on se dit et ce qu’ils se disent, naïvement. Mais à trop vouloir jouer au chat et à la souris, l’ogre les a mangés tous les deux. Mathieu Van der Poel, maillot de champion national sur le dos et un des rares non résignés, avait les crocs. Personne n’avait encore lancé le sprint à 300 mètres de la ligne, quand le Néerlandais, plus puissant, plus rapide, plus affamé, a déboulé plein gaz pour arracher cette victoire victoire estomaquante. On l’avait pourtant enterré. L’inexpérience lui fit défaut, en effet, lorsqu’il coinça suite à une accélération de Dries Devenyns, une heure avant son sacre.

Van Der Poel avait comme grillé sa cartouche, en attaquant vainement quelques kilomètres plus tôt. Alors il regarda partir Alaphilippe et Fuglsang, notamment, à un peu plus de 35 kilomètres de l’arrivée, incapable de suivre. Il n’était pas non plus dans les petits groupes de contre qui se formaient petit à petit, se retrouvant au cinquième échelon de la course dans les quinze derniers kilomètres. Il était impensable de le considérer, encore, comme un candidat à la victoire. Mais du haut de ses 24 ans, le coureur de Kapellen a continué d’assumer son nouveau statut de favori. C’est lui, sans rien demander à personne, qui roula à corps perdu pendant 30 bornes, persuadé que tout était encore possible. Qu’importe la dizaine d’hommes qui s’accrochait à son porte-bagage sans lui donner un relais. Grappillant secondes après secondes sur tous ceux qui avaient pris les devants, il est venu finir en boulet de canon dans ce dernier kilomètre d’anthologie.

En terre promise

Ce succès, tous les Pays-bas l’attendaient et Van der Poel, donc, l’a fait. L’enfant prodige du cyclisme néerlandais a remporté l’Amstel Gold Race, 18 ans après son compatriote Erik Dekker. Avec son maillot tricolore sur le dos, il était une sorte de prophète pour des supporters qui devaient composer avec l’absence de Tom Dumoulin et ne croient plus depuis longtemps en Bauke Mollema. Tout le public, massé sur la ligne d’arrivée, a donc rugi lorsqu’il a vu son chouchou passer la ligne, la main posée sur son casque. Le garçon n’en revenait pas. Et il n’était pas le seul.

Ce succès restera marqué d’une pierre « orange » tant les symboles sont nombreux. Mathieu s’est imposé sur la classique néerlandaise 29 ans après son père, Adrie. Pour sa première participation. Après un hiver marqué par 32 victoires en cyclo-cross, on se rappellera donc longtemps de cet heureux épilogue. A Valkenburg, Mathieu Van der Poel met sa saison entre parenthèses, deux semaines après avoir terminé quatrième du Tour des Flandres et quatre jours après avoir triomphé, déjà, sur la Flèche Brabançonne. L’Amstel est la conclusion d’un printemps exceptionnel pour “VDP”, le cyclo-crossman qui découvrait les classiques.

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