Passer de 21 à 17 jours de course sur le Giro et la Vuelta, voilà la proposition de David Lappartient, qui ne veut en revanche pas toucher au Tour de France - Photo ASO
5 mars 2018
Par  Robin Watt 

Pas touche aux grands tours

Réduire les grands tours. Quelle drôle d’idée. Certains l’ont déjà proposé, imaginant le Giro et la Vuelta longs de deux semaines seulement. David Lappartient, le président de l’UCI, a mis sur la table une sorte de compromis : deux semaines plus un week-end, soit dix-sept jours. Pas vraiment mieux.

Changer, pour quoi faire ?

Pourquoi donc faudrait-il changer quelque chose ? Le cyclisme est trop difficile ? L’argument n’est pas recevable en 2018. Oui, le calendrier est plus chargé qu’il ne l’était il y a vingt ou trente ans. Mais tout est aussi plus facile. Sur le vélo, les équipiers abattent un travail toujours plus pointilleux et rigoureux, les leaders comptent leurs coups de pédale. En dehors, les transferts sont plus rapides, les hébergements de meilleure qualité. Alors oui, un grand tour reste un défi hors norme, une aventure que certains redoutent, légitimement. Mais pas plus qu’avant. D’ailleurs, chez les coureurs, quelqu’un s’est-il plaint qu’une course de trois semaines dure trois semaines ? S’accrocher aux traditions par peur du futur est stupide. Mais vouloir l’évolution pour l’évolution l’est encore plus. Certaines épreuves du calendrier méritent d’être repensées, et on encourage même l’UCI à toucher deux mots à ASO au sujet du format actuel de Liège-Bastogne-Liège. Mais laissons le Giro et la Vuelta.

Bien sûr, les deux épreuves ne sont pas parfaites. Mais remettre en question leur longueur, c’est considérer qu’elles manquent d’intérêt sur la durée. D’autant que dans sa proposition, David Lappartient précise bien qu’il n’est pas question de toucher au Tour de France, « car c’est la vitrine mondiale, l’évènement global du cyclisme ». Pourtant, quasiment chaque année, c’est le même refrain : la grande messe de juillet est cadenassée, parfois même frustrante, alors que ses homologues de mai et d’août nous offrent autrement plus de spectacle et de suspense – on laissera chacun juger de l’émotion qu’il ressent devant chaque épreuve. Alors ça, on en fait quoi ? On ne le prend pas en compte ? Le Tour de France a toujours eu un traitement à part, difficile à contester. Mais c’est suffisant comme ça. Pas besoin de vouloir creuser encore davantage l’écart qui existe entre les trois grands tours.

Discutez, oui, mais c’est tout

Réduire Milan-Sanremo de trente kilomètres serait absurde, idem pour Paris-Roubaix. Pourquoi donc le faire pour un grand tour ? L’idée est saugrenue. Presque heureusement, on peut compter sur Mauro Vegni, l’organisateur du Giro, pour que cette proposition reste justement à l’état de proposition. Lui qui s’est toujours dit ouvert veut que les changements, s’il y en a, concernent les trois grands tours. On peut aussi saluer David Lappartient, qui ne veut apparemment rien imposer. « Qu’on en discute, sans forcer personne », a-t-il simplement demandé dans son interview accordée à La Stampa. Nous voilà un tout petit peu rassurés, en vérité. Que les trois grands tours se ressemblent le plus possible, c’est faire honneur à l’Italie et l’Espagne, les respecter en tant que nations historiques du cyclisme. Réduire leurs grands tours, c’est vouloir créer une véritable hiérarchie. Leur montrer qu’ils ne valent pas la France et son Tour. Comme si l’épreuve du mois de juillet ne bénéficiait pas d’assez d’avantages.

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Tywin
Tywin

Merci pour cette article je suis tout simplement complètement d’accord à tout point de vue. Je rajouterai même quelle arrogance de la part d’un président français de l’UCI de proposer de mépriser ces deux courses au profit du tour qui en ce qui concerne le Giro plus particulièrement est largement plus intéressante que le tour depuis de trop nombreuses années.

Je n’attends certainement pas de ce président qu’il hiérarchise les courses mais qu’il porte une lutte efficace contre le dopage en faisant valoir un certain savoir faire français dans le domaine et qu’il rompe avec les pratiques mafieuses de cette institutions.

chris83
chris83

Franchement, ça changerait quoi? Les 3 semaines, c’est l’ADN des Grands Tours. Toujours aussi incapables à l’UCI et Lappartient ne déroge pas dans ce milieu nauséabond. Ils feraient mieux de régler le cas Froome,

gougi
gougi

d’accord avec Chris83, L ‘UCI devrait prendre de vraies décisions concernant les cas de dopages de l’équipe sky ! et lutter vraiment contre le dopage mécanique qui a de beaux jours devant lui, étant donné que les tablettes en service ne dévoilent rien du tout , non pas parce qu’il n’ y a rien a trouver, mais parce qu’il est facile de rendre indetectable la fraude.
Qu’ils se donne les moyens financiers et législatifs pour lutter contre tous les dopages, car , face a froome ils sont impuissants, les avocats du monsieur sont trop forts pour eux. et la législation en cours annihile tous les pouvoirs de l’uci qui defacto ne sert plus a rien .

gougi
gougi

dernière nouvelles : l’i UCI va se réunir en avril pour réflechir aux AUT .. ils donneront le fruit de leur reflection en avril 2019, puis prendront des décisions en décembre 2021 … afin que des règlements stricts soient effectifs pour mars 2024…

henri
henri

Un calendrier aussi serré me parait impossible! 2124 peut etre???