Le week-end pourrait bien tout remettre en question. Mais sur ce qu’on a vu jusqu’ici, Geraint Thomas a plus que remis les pendules à l’heure. Chez Sky, il est bien le premier lieutenant de Chris Froome. Maillot jaune avec plus d’une minute d’avance à deux jours de l’arrivée, il a posé la main sur ce Dauphiné.

Thomas devant Kwiatkowski

Son prologue était finalement annonciateur de tout le reste. Après une chute qui venait ruiner ses espoirs de victoire inaugurale, il était remonté sur son vélo très rapidement et comme si de rien n’était. Preuve qu’il est en mission sur ce Dauphiné. Puis, à l’arrivée, malgré cet incident, il n’avait concédé qu’une grosse vingtaine de secondes à son coéquipiers Michal Kwiatkowski, vainqueur du jour. Preuve qu’il est en très grande forme. Sur le moment, on se demandait alors si Geraint Thomas ne venait pas de laisser les clés du camion au Polonais, lui aussi désireux du prendre du galon en interne. Mais après la grosse performance du contre-la-montre par équipes, les deux premières étapes de montagne ont rétabli très clairement la hiérarchie chez Sky. Le Gallois, dont les dents rayent le parquet depuis l’hiver, est bien le leader de substitution d’un Chris Froome qui doit regarder ça avec la banane, heureux de voir la forme affichée par ses lieutenants.

Ce vendredi vers Valmorel, tout est en effet devenu d’un coup très clair. Quand Gianni Moscon, maillot jaune que l’on savait éphémère, a lâché dans les derniers kilomètres, la Sky aurait pu le laisser dériver, et voir qui de ses deux leaders de la semaine était vraiment le plus costaud. Mais elle n’a pas pris le temps d’observer une potentielle bagarre entre ses propres coureurs, demandant illico à Michal Kwiatkowski de se laisser décramponner pour aider l’Italien. Une façon d’officialiser la hiérarchie interne : beaucoup aimeraient avoir le Polonais comme plan A, mais chez les Britanniques, il n’est au mieux que le plan C, peut-être même le D ou le E, les positions pour le moment floues de Wout Poels et Egan Bernal ne permettant pas d’y voir totalement clair. Thomas, lui, n’a pas gagné grand chose dans l’histoire, mais s’est évité de perdre gros : il était le numéro deux de Sky depuis le départ de Richie Porte, mais il a dû s’employer pour conserver ce statut.

Dans la lignée de Wiggo et Froomey

Désormais, à deux jours de l’arrivée à Saint-Gervais Mont Blanc, il compte plus d’une minute sur son premier poursuivant, un autre britannique, Adam Yates. L’ascendant psychologique est réel. Il n’a fallu qu’une seule cartouche à Geraint Thomas pour faire la différence, ce jeudi, où personne n’a été en mesure de le suivre dans le dernier kilomètre d’ascension. Romain Bardet, le seul qui a fait illusion un poignée de secondes dans sa roue, est pointé à presque deux minutes au général : renverser la situation relèverait de l’exploit pour le Français, qui en revanche peut légitimement viser un podium. Pour ce qui est de Jungels, Martin ou Nibali, ils sont encore plus loin. Alors le passé a prouvé que gagner le Dauphiné n’assurait rien. Mais quatre des derniers vainqueurs, tout de même, ont ensuite ramené le maillot jaune à Paris. Coïncidence ou non, à chaque fois, c’était des Sky. Problème, Thomas n’est ni Wiggins ni Froome. Il n’est qu’un lieutenant. Pour le moment.

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