Il n’était pas écrit qu’il allait retenter le coup, un an après sa première expérience sur la course rose. Mais Thibaut Pinot a finalement décidé de revenir sur le Giro en 2018. Cela jouera sans doute sur ses performances de juillet, sur le Tour de France, mais on a presque envie de dire que c’est secondaire. Qu’on le laisse aller là où il veut.

Vive le Giro

Il y a quelques jours, le Franc-Comtois semblait presque s’excuser d’avoir privilégié le Giro aux dépends du Tour, la saison dernière. « Le fait d’avoir des saisons où je me ratais quand même assez souvent sur le Tour de France m’a fait prendre conscience que pour l’équipe, le sponsor, les supporters, le grand public, c’est le Tour qui compte, confessait-il au Parisien. Donc je me dois de changer quelque chose. » Entre les lignes, on imaginait Thibaut Pinot retrouver un programme complètement axé autour du mois de juillet. Quarante-huit heures plus tard, on se rend compte que ce n’est pas tout à fait ça, et tant mieux. Au mois de mai, il sera l’un des candidats au maillot rose, comme Dumoulin, Aru, Chaves et éventuellement Froome. Il aurait été dommage de l’en priver et Marc Madiot l’a bien compris. Avec quelques compromis, il a accepté que son leader reparte pour une année de doublé. Malgré les risques que cela comporte.

En fait, pour le Giro, il n’y a pas trop d’inquiétude à avoir. Comme l’an passé, le chef de file de la FDJ devrait être prêt et jouer au moins le podium. C’est plus sur le Tour qu’il pourrait y avoir plantage. En août dernier dans L’Equipe, Thibaut Pinot tentait de justifier son mauvais enchaînement de 2017. « J’ai mal géré la transition entre les deux courses, je ne me suis pas assez relâché. (…) J’ai très peu coupé, or si on voulait que je sois bien pendant le Tour, il aurait fallu que je zappe le chrono des Championnats de France. » On a envie de croire qu’avec un programme plus allégé, le Français aurait affiché la même forme en mai et en juillet. Mais le garçon n’est pas le seul à s’être raté. Nairo Quintana, lui, semblait avoir pris tout le repos nécessaire, et il n’a même pas accroché un top 10 à Paris. Seul Mikel Landa a véritablement réussi à briller des deux côtés des Alpes, mais sur le Tour d’Italie, il n’avait pas joué le général.

L’impossible équation

Pour Pinot, c’est une hypothèse qu’on ne peut pas envisager, même si son manager Marc Madiot avance pour l’heure que l’objectif prioritaire est le Tour de France. Vient alors une question. Et si le Franc-Comtois n’était tout simplement pas fait pour le Tour ? Lui préfère l’Italie, et la FDJ a peut-être compris que le forcer à tout miser sur la Grande Boucle serait contre productif. L’an dernier, Pinot n’a pris aucun plaisir pendant l’été. Secrètement, il rêve même d’un doublé Giro-Vuelta. La pilule est sans doute encore un peu grosse pour passer auprès de Marc Madiot, mais le compromis Giro-Tour, s’il lui garantit presque un mois de juillet délicat, lui offre ce qui semble compter le plus pour lui, désormais : aller sur la course rose. Une victoire à Milan suffirait alors à convaincre tout le monde que c’était le bon choix. On n’en est pas encore là, mais Pinot a déjà en partie gagné : il fait ce qu’il lui plait.

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