Vainqueur d'un sprint en Oman, Alexander Kristoff est fidèle à sa réputation, très efficace en début de saison - Photo ASO
Data
21 février 2018
Par  Robin Watt 

Sprinteurs : gagner rapidement, une nécessité ?

Ils se sont donnés rendez-vous à Abu Dhabi, cette semaine. Les sprinteurs veulent en découdre. Mais quel est réellement l’impact des victoires du début de saison ? Tout rafler avant fin février et le Het Nieuwsblad, qui marque la fin des courses par étapes dédiées aux sprinteurs, est-ce un gage de réussite pour la suite de l’exercice ? En statistiques, nous avons voulu étudier le phénomène sur les cinq dernières saisons.

A chacun son rythme


Gare au surrégime dans les premières semaines de l’année. Sacha Modolo en 2014 et Caleb Ewan deux ans plus tard avaient été pris en excès de vitesse, laissant à chaque fois espérer de grandes choses pour la suite de la saison. Mais l’Italien comme l’Australien étaient vite rentrés dans le rang. En fonction des courses, où la concurrence n’est pas toujours au rendez-vous, certains accumulent les bouquets. Modolo avait carburé sur le Challenge de Majorque puis en Algarve quand Ewan était simplement arrivé déjà en grande forme, chez lui au Tour Down Under, alors que beaucoup reprenaient tranquillement. Preuve, aussi, que gagner beaucoup ne veut pas forcément dire grande saison. Sur ses douze victoires de 2016, Alexander Kristoff n’en avait décroché aucune en World Tour. Tout le contraire de Fernando Gaviria, neuf fois vainqueur au plus haut échelon du cyclisme mondial l’an dernier.

Nul besoin de se précipiter

L’année 2017 est sûrement la plus révélatrice. Au terme de la saison, ils étaient trois avec le même nombre de bouquets : Kittel, Gaviria et Mareczko. Mais l’Italien, fin février, n’avait même pas encore ouvert son compteur. Une situation similaire à celle du précédent « homme le plus prolifique de l’année », Timothy Dupont, lauréat en 2016. Alors bien sûr, ces deux-là n’ont pas décroché les mêmes victoires que les cinq mastodontes Kittel, Cavendish, Greipel, Sagan et Kristoff. Mais leur saison, même en Continental Pro, n’a pas été plus longue, et ils ont aussi connu des périodes fastes pour recoller chaque fois au wagon de tête.

Les bonnes saisons peuvent se cacher


André Greipel est depuis toujours un spécialiste des débuts de saison, titillé ces derniers temps par un Alexander Kristoff adepte lui aussi des épreuves exotiques de janvier et février. Mais Mark Cavendish, par exemple, est capable de passer du coq à l’âne selon les années, modifiant sa préparation et n’arrivant pas toujours avec la même forme sur ses premiers rendez-vous annuels. Difficile, donc, de faire une conclusion générale. Fin 2016, nous élisions Mark Cavendish sprinteur de l’année : il n’avait remporté qu’un seul sprint avant le mois d’avril. Un an plus tard, nous décernions la même récompense à Marcel Kittel, qui pour le coup avait raflé les bouquets dès le début de saison (quatre avant le Het Nieuwsblad).

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Il y en a un qui cartonne en ce début de saison et qui n’est repris dans aucune de vos statistiques c’est Viviani . Il fait sûrement le meilleur début de saison de sa carrière . 5 victoires déjà pour le sprinteur italien , il doit y avoir des ondes positives dans cette équipe quick step . En revanche il me semble que Kittel n’a pas encore gagné grand chose . Un bon début de saison ne laisse présager en rien que la suite de celle-ci sera aussi bonne mais cela apporte une certaine confiance .

malabook
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Article intéressant, j’aime bien quand on s’appui sur du concret pour écrire. J’aimerai bien lire un article sur la préparation des sprints. J’ai l’impression que Quickstep, peux importe leur sprinter arrivent toujours a accumuler les victoires. leur train est quasiment toujours le plus dense, groupé et toujours devant. Avec des coureurs interchangeables. Y’a t’il un aspect psychologique, ou un code tacite, ou des « normes » accepté par le peloton, comme quoi on peux pas déborder certaines équipes dans la préparation des sprints ? Ou alors c’est un état d’esprit de tueur, qui fait la différence ? car sa arrive que des équipes aient sur le papiers de plus gros rouleur que Quickstep pour emmener, mais qu’au final c’est quand même eux qui tiennent la baraque, et meme si il y’a un train qui se dessine sur une autre partie de la route, le leur est impénétrable, alors que chez les autres les sprinter, poisson pilotes se mélangent et se perdent dans la bataille du placement. J’ai eu la chance de suivre une étape dans la voiture d’un DS d’une équipe française sur une course qui de toutes évidences allé finir au sprint. L’équipe avait son sprinter (de petite renommé, pas une… Lire la suite »

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