Il a pris son temps pour revenir. Après plus de quatre mois et demi sans compétition, Arnaud Démare effectue sa reprise au Portugal, cette semaine. Avec un objectif : monter tranquillement en puissance jusqu’à Paris-Roubaix, début avril. En faisant quelques ajustements par rapport aux saisons précédentes.

L’accent sur la fraîcheur

A la FDJ, tout est bien partagé. Il y a Pinot d’un côté, et Démare de l’autre. Les programmes et les coéquipiers sont différents. Et forcément, quand on parle de l’un, on ne parle pas de l’autre. Alors pendant que le monde du vélo français débattait quant au choix du Franc-Comtois de doubler Giro et Tour de France, il oubliait un peu l’autre leader de l’équipe, qui n’allait pas se plaindre de cette tranquillité. Depuis septembre dernier, on n’avait pas vu Arnaud Démare en compétition. Et en vérité, même s’il a fait quelques sprints à la fin de l’été, on garde en tête l’image de l’arrivée à Chambéry, sur le Tour, où le champion de France était arrivé hors-délais avec trois de ses coéquipiers. Tout ça semble bien loin aujourd’hui, mais ce fut en réalité un épisode important pour Démare dans la construction de cette nouvelle saison.

Le Picard était au niveau, en juillet dernier. Assez pour titiller Marcel Kittel et remporter une étape, au sprint. Mais il était aussi fatigué. Le fait de tomber malade en a été l’illustration, et la FDJ a voulu prendre en compte cette donnée pour 2018. Kittel et Matthews étaient arrivés bien plus frais que Démare au départ de Düsseldorf, et ça s’est vu par la suite. De quoi imaginer quelques ajustements. Ces dernières saisons, le double champion de France avait l’habitude de faire sa reprise à l’Etoile de Bessèges, cette fois, il l’a repoussé de presque deux semaines. C’est l’orientation que va d’ailleurs prendre l’ensemble de son programme. L’idée est de l’alléger, pour arriver avec moins de jours de course au compteur au printemps, sur Milan-Sanremo, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, puis en juillet sur le Tour. Le garçon sait qu’il fait ainsi une croix sur des épreuves où il a l’habitude de gagner, mais c’est pour la bonne cause.

Roubaix, un objectif plus qu’un rêve

La chasse aux monuments force à quelques sacrifices. Et Démare y est désormais prêt, après s’être rendu compte qu’il était de plus en plus dans le coup, sur Paris-Roubaix notamment. « L’an dernier, j’étais dans le groupe qui joue la dixième place à vingt secondes, disait-il il y a quelques semaines, au moment de la présentation de la FDJ. Mon objectif cette année est d’être dans le groupe de devant. Je le sais, si je suis devant, je peux gagner. » Le Français sait aussi qu’il a le temps. « On n’est pas tous des Peter Sagan à pouvoir rivaliser à 22 ans avec les champions », souligne-t-il. Lui en a 26, assure avoir progressé sur sa récupération et les charges de travail qu’il peut encaisser. Il aime aussi prendre exemple sur Van Avermaet, « qui a explosé à 29-30 ans », et qui a gagné son premier Roubaix l’an passé, à 31 balais. Alors Démare n’a pas de raison de se précipiter, mais il en a d’y croire.

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