C’est un peu plus qu’un sponsor qui s’en va : c’est l’un des plus puissants de l’histoire. En seulement neuf ans d’existence, Sky aura gagné beaucoup de courses et autant de détracteurs. Fin 2019, la chaîne de télévision britannique mettra un terme à son investissement dans le cyclisme. C’est une page importante qui se tournera.

Un rachat qui change tout ?

A intervalles réguliers, on avait eu vent de quelques rumeurs voulant que la Sky ne resterait plus très longtemps au sein du peloton. Mais cela n’était jamais allé beaucoup plus loin que des bruits de couloir. Cette fois, en revanche, la nouvelle est tombée d’un coup, par un communiqué de presse, ce mardi matin. « Sky a annoncé que 2019 sera la dernière année de son investissement dans le cyclisme », peut-on lire sur le site officiel de l’équipe britannique. Derrière cette décision se trouvent des transactions extra-cyclisme qui ont pu jouer un rôle considérable : il y a un an, le groupe Disney rachetait la 21st Fox Century, sponsor minoritaire de l’équipe et actionnaire à 39% de la société Sky. A la fin de la saison prochaine, c’est tout ce beau monde qui fera ses adieux au vélo. C’est la partie sombre d’un sport où les investisseurs viennent et repartent à leur guise.

Mais Sky n’aura pas fait que passer dans le peloton. Après un investissement sur la piste, elle s’est intéressée à la route. Avec un seul objectif, au départ : remporter le Tour de France avec un coureur britannique. En 2012, deux ans après sa première saison dans l’élite, le contrat était rempli grâce à Bradley Wiggins, le plus british des britishs. Six ans après et malgré tout ce qui a suivi, des résultats moyens puis des affaires extra-sportives peu reluisantes, dans tout le Royaume, désormais, on dit « Sir Bradley Wiggins ». Mais Sky, ses maillots noirs ou blancs selon les périodes, ses stages au volcan Teide, ses Anglais qui parlent français et ses très nombreux détracteurs, ne s’est pas arrêtée là. Après Wiggins est arrivé Froome, le Kenyan d’origine, qui a fait connaître son histoire en devenant un quadruple vainqueur du Tour, avant de passer le flambeau, sans que l’on sache encore si c’est définitif, à Geraint Thomas, le troisième homme en jaune de la Sky.

Douze coureurs encore sous contrat

Pour eux deux comme pour dix autres coureurs – Bernal, Castroviejo, Geoghegan Hart, Kwiatkowski, Moscon, Narvaez, Puccio, Rowe, Sivakov et Stannard – dont les contrats expiraient en 2020 voire plus tard (2021 pour Thomas, 2023 pour Bernal), c’est une grande période d’incertitude qui va s’ouvrir. Ils voudront sûrement attendre de voir si un repreneur arrive. Sky a annoncé vouloir clarifier la situation au plus vite, avant le prochain Tour de France. Mais c’est toujours la volonté lorsqu’un sponsor s’en va, et ça ne veut pas dire qu’ils parviendront à tenir les délais. Surtout, le cas de l’équipe britannique est à part. Sky possède l’un des plus gros budgets du peloton et il faudrait un repreneur aussi investi pour payer, entre autres, les salaires de Froome, Thomas, Kwiatkowski et Bernal. L’épisode BMC-CCC, cette année, a montré que trouver un repreneur ne fait pas tout. Il y aura donc peut-être une suite à la Sky. Mais personne ne remplacera vraiment la Sky.

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