Après une fin de Giro cauchemardesque, Thibaut Pinot va de nouveau prendre le départ d'un grand tour, en Espagne cette fois - Photo RCS Sport
Favori Vuelta #4
23 août 2018
Par  Robin Watt 

Pinot prêt à rebondir

La rédaction de Chronique du Vélo se met à l’heure espagnole pour décrypter les favoris du 73e Tour d’Espagne. Jusqu’au jour du départ, nous allons donc revenir sur chacun de ces protagonistes. À la quatrième place aujourd’hui, Thibaut Pinot.

On ne va pas se mentir, on avait envie, depuis longtemps, de voir Thibaut Pinot doubler Giro et Vuelta. Parce que si sa relation avec le Tour de France reste une énigme pour le moment, sa capacité à briller sur les autres courses de trois semaines est évidente. Cette Vuelta, imprévue en début de saison, tombe donc au meilleur moment pour un garçon qui retrouve la confiance.

Le rebond post-Giro

Il a fallu digérer la déception du Giro, et Pinot a pris le temps. Pendant plus de deux mois, on ne l’a pas vu en course. Il en avait besoin, aussi bien physiquement que mentalement. Mais depuis l’annonce de son retour, peu de temps avant le Tour de Pologne, on le sent déterminé. Les mots choisis pour s’adresser à la presse ou directement à ses fans, sur les réseaux sociaux, sont peut-être soigneusement choisis, mais le Franc-Comtois n’a jamais habitué à la langue de bois ou aux déclarations de circonstances. Son enthousiasme n’est pas feint. Pinot sait ce qu’il a à gagner sur cette fin de saison, qui le verra enchaîner avec les championnats du monde et le Tour de Lombardie. Il a connu la pire déception de sa carrière au printemps, lorsqu’il a vu s’envoler le podium du Giro, mais il peut aussi connaître ses plus belles victoires en cette fin d’été, ou un peu plus tard à l’automne.

Comme pour cacher ses ambitions, Pinot ne parle pas encore de classement général pour la Vuelta. Mais autant on le croit volontiers sur pas mal de choses, autant pour ça, on a plus de mal. « Je vais voir ce qui se passe jour après jour et on va faire le bilan à mi-course, dit-il sur le site de l’épreuve. On verra si on s’oriente vers un classement général, si je suis assez proche des cinq premiers, ou si on va essayer d’aller chercher une victoire d’étape en troisième semaine. On discutera ça au fur et à mesure des jours de course. » Mais il est habitué à se battre avec les meilleurs, à être en bagarre pour le podium. Courir uniquement pour les étapes est contre-nature pour lui, et ça avait d’ailleurs été un échec sur le Tour 2017. Attendre la dernière semaine pour potentiellement aller chercher une étape ne correspond pas à sa façon de faire.

Léger dans jambes et dans la tête

Son Tour de Pologne a rassuré et dès le départ de Malaga, il aura on n’en doute pas, dans un coin de la tête, l’idée de ne pas perdre de temps bêtement. La Vuelta n’est pas toute nouvelle pour lui, il en a déjà pris le départ deux fois, pour une septième place finale en 2013. Mais cela fait quatre ans qu’il n’y a pas mis les pieds et il se rappelle sans doute que les cols espagnols ne sont pas, sur le papiers, ceux qui lui correspondent le mieux. Tant pis, il faudra mettre à mal la théorie et s’adapter, comme les autres, puisqu’à part Alejandro Valverde et Dan Martin – qui sortent du Tour de France et ne sont pas vraiment prétendants au maillot rouge – et peut-être Miguel Angel Lopez, aucun des favoris ne peut se prétendre spécialiste des montées courtes et ultra raides. Chacun part donc à armes égales. Ou Presque.

Car contrairement à Richie Porte et Nairo Quintana, les deux grands favoris, Thibaut Pinot arrive plus frais. Lui n’a pas couru le Tour – même si l’Australien ne l’a pas terminé, sa préparation était axée sur juillet – et on sait la difficulté de répondre présent sur deux grands tours consécutifs. Chris Froome l’a fait plusieurs fois, depuis un peu plus d’un an, imité presque à la perfection par Tom Dumoulin. Mais les autres pataugent presque à chaque fois qu’ils essaient. Enfin, le Français a cette semaine prolongé son contrat à la FDJ. On a pu lui faire des reproches, parfois, mais cette décision lui permettra d’aborder la Vuelta sereinement, sans se demander sous quel maillot il courra l’an prochain. Une bonne idée de plus, quand d’autres, Porte en tête justement, sont en plein doute – ou en pleines négociations – pour l’avenir. Pinot, qui n’a plus à y penser, sera peut-être un poil plus léger dans les cols.

Selon vous, qui remportera le Tour d'Espagne ?

  • Nairo Quintana : 23%
  • Richie Porte : 23%
  • Thibaut Pinot : 13%
  • Vincenzo Nibali : 12%
  • Simon Yates : 11%
  • Miguel Angel Lopez : 8%
  • Un autre : 5%
  • Fabio Aru : 2%
  • Rigoberto Uran : 1%
  • George Bennett : 1%

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Marc D’hymen
Marc D’hymen

Il gagnera le jour où il arrête la gnaule! Dommage c’est un bon gars pourtant

Carri
Carri

Je ne suis pas complètement d’accord avec l’article.
Miguel Angel Lopez me semble (contrairement à ce qui est écrit) être l’un des favoris les plus désavantagés par le parcours – parcours qui me paraît favorable pour Yates ou Quintana (entre autres).
Ensuite, l’enchaînement Tour-Vuelta est possible et a été réussi par un des favoris de cette année : Quintana remporte le Tour d’Espagne 2016 après avoir fini sur le podium du Tour de France.
Honnêtement, je ne suis d’ailleurs même pas convaincue que Pinot ne pense pas aux Championnats du Monde.
Et pour moi, même s’il joue à fond le CG, c’est top 5 maximum.

Ach
Ach

Le parcours est surtout favorable à Yates oui mais aussi à Porte…
Dans l’absolu c’est le meilleur du monde en « concours de watts » sur montée sèche.
Reste à savoir la forme qu’il aura.

Pour Yates, il faudra voir s’il a digéré son Giro fabuleux pendant deux semaines et demi… Ou si son effondrement final pèse encore.

Pour l’enchaînement Tour-Vuelta, oui Quintana 2016 mais justement après un Tour décevant aussi mais un podium malgré tout…
Aura-t-il les jambes cette fois ? Pas sûr
L’équipe ? Probable, Valverde a surtout les Mondiaux en tête, Carapaz devrait briller
L’audace ? On devrait avoir moins de mainmise Sky ce qui le dispensera peut-être de coup dont il n’a jamais vraiment pris l’initiative (à Formigal il suit plutôt Contador…)

Carri
Carri

à mon avis, les deux grands favoris sont Quintana et Porte. Yates est peut-être un peu derrière mais je n’oserais pas l’écarter : c’est un excellent grimpeur/puncheur. Après, il faut voir s’il tient 3 semaines…
Je suis bien d’accord avec vous sur ce qui concerne Porte. Au niveau purement sportif, il est l’un des tous meilleurs. Mais il y a la question de la forme (d’ailleurs il est malade en ce moment). Les GT sont souvent difficiles pour lui. En plus, je ne suis pas sûre qu’il soit vraiment tourné vers le général. Les Championnats du Monde lui correspondent bien et je crois qu’il s’agit d’un objectif de sa saison.

Pour en revenir à Quintana, je le vois faire un bon Tour d’Espagne. L’équipe est solide, et pour une fois, entièrement dévouée à sa cause. Le parcours lui convient plutôt bien. Quant à sa jambes, on l’a toujours vu bien récupérer entre le Tour et la Vuelta… Et sa performance du Portet me laisse penser qu’il est encore le très bon grimpeur qu’on ne voyait plus sur le Tour de France.
Comme Yates, il n’a pas à avoir les Mondiaux en tête. Autre avantage.
J’en fais mon favori pour la victoire finale.

Ach
Ach

Bien vu pour ceux qui n’ont pas les Mondiaux à l’esprit (enfin, qui les ont un peu, mais sans être certains d’être leaders, sans en faire l’objectif majeur, en tout cas pas autant que Nibali, Valverde, Pinot, Porte, et sans doute d’autres, Uran…) effectivement ils auront un avantage : Quintana comme Yates en font partie. Un peu partagé pour Quintana, je lui souhaite de renouer avec la victoire en grand tour (2014 – 2016… années paires ?) car il est injustement considéré je trouve à force d’échecs relatifs et d’attentes excessives… Le parcours lui convient plutôt bien; pas mal de voyants sont au vert, mais j’ai peur pour lui qu’il bute encore (en se faisant dépasser par S.Yates justement). Après le parcours et la physionomie de course de la Vuelta ont le grand avantage pour lui de ne pas avoir de plaine trop éprouvante. J’ai l’impression qu’il subit pas mal et paie toujours d’une façon ou d’une autre (bordures, incident, émoussé quand la montagne arrive…) la plaine hyper tendue, nerveuse, où ça roule très fort, du Tour. Moins le cas à la Vuelta, la montagne arrive vite, premiers écarts au général, et ça court de façon plus « cool ». Je me… Lire la suite »

Carri
Carri

Tout à fait d’accord avec vous.
Concernant Valverde, je pense qu’il vise les Mondiaux. C’est une de ses dernières chances de les gagner. Sur le Tour d’Espagne, il jouera sûrement la victoire d’étape et peut-être un classement annexe ? En tout cas, je suis convaincue qu’il sera un soutien précieux pour Quintana : c’est d’ailleurs ce qu’il affirme vouloir.

Lance Neilstrung
Lance Neilstrung

Porte signe chez Trek !