Il a eu finalement gain de cause. Pourtant, ce n’était pas gagné. L’escapade italienne de Thibaut Pinot, l’année dernière, ne devait pas connaître de suite. Du moins, pas aussi tôt. Mais le Franc-Comtois est têtu… et persuasif. Son manager général Marc Madiot a dû s’y résoudre : Pinot préfère les lacets italiens que l’asphalte brûlant de juillet. Quatrième l’an passé, le leader de la Groupama-FDJ veut monter sur le podium. Et compte bien s’inviter dans le duel (trop) attendu entre Christopher Froome et Tom Dumoulin.

Là où il peut gagner le Giro : sur le Zoncolan

Une longue montée et des forts pourcentages, le terrain de jeu est parfait pour Thibaut Pinot. À l’Alpe d’Huez sur le Tour de France ou à Sölden en Autriche, il s’était imposé sur des ascensions moins difficiles, mais semblables dans l’esprit. A Hautacam, à La Toussuire, à Méribel sur le Dauphiné il y a deux ans ou même sur le Blockhaus, l’an dernier sur les routes italiennes, il a chaque fois offert de très belles performances. De quoi inciter à l’optimisme en vue du mythique Zoncolan, comparable à aucun autre mais que le Français semble être l’un des mieux armé pour dompter.

« Je ne connais pas du tout, mais c’est une montée qui doit être très très dure… », lâchait-il malgré tout à l’automne dernier à Ouest-France. Depuis, le Franc-Comtois s’est renseigné, un peu, sur le monstre qui l’attend. Et sur ce que signifierait de dominer ses rivaux sur le Zoncolan. Sur les cinq fois où l’ascension était au programme du Giro, à quatre reprises, le favori arrivé le premier au sommet est celui qui a ramené le maillot rose à l’arrivée. Pinot sait ce qu’il lui reste à faire.

Là où il peut perdre le Giro : la descente du col delle Finestre

Cette étape qui lui convient parfaitement sur le papier pourrait aussi rimer avec danger. Le col delle Finestre culmine à 2178 mètres et les pentes descendent rarement en dessous des 9 %. Assurément, ce sera un moment fort de ce Giro, a fortiori si le mauvais temps s’invite. Pinot apprécie la fraîcheur, mais la pluie pourrait rendre les descentes dangereuses. Celle du Finestre en tête au vu de l’altitude et de la difficulté de la montée. Parce qu’entre le Français et les descentes, l’histoire débutée il y a bien longtemps n’est toujours pas idyllique.

On l’a vu au Tour des Alpes, le Franc-Comtois a eu du mal à garder la roue de Domenico Pozzovivo dans la descente du Passo Palade. Christopher Froome en personne avait alors ramené ce qu’il restait du peloton. Le Britannique a pu constater la faiblesse du Français lorsqu’il s’agit de descendre à fond. Si on peut imaginer que Pinot n’a pas tout donné il y a deux semaines pour ne pas tout compromettre sur une chute, sa faiblesse est là. Heureusement pour lui, aucune étape de montage ne se termine en vallée. C’est déjà ça.

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