C’est là que tout a eu lieu. Le pire comme le meilleur. Esteban Chaves, 28 ans, a une histoire particulière avec l’Italie. Il a failli y terminer sa carrière avant d’y décrocher ses plus beaux résultats. Il y revient donc, après une année blanche, pour tenter de redevenir le coureur qu’il était il y a deux ans, lorsque sur les routes du Giro, il est entré dans la cour des grands.

Là où il peut gagner le Giro : au Jafferau

Ce n’est pas que le garçon a du mal sur les cols longs, mais c’est souvent sur les ascensions plus courtes qu’il parvient à faire la différence. Sur la Vuelta, ces dernières années, il a souvent brillé au sommet des miradors, ces montées très raides mais de seulement quelques kilomètres. Idem sur le Giro. Il y a deux ans, en haute altitude, il avait surtout tenté de suivre Vincenzo Nibali, alors que sur des arrivées plus nerveuses, il avait déjà fait la différence, s’imposant même à Corvara. L’arrivée au Jafferau (7,2 km à presque 9 % de moyenne), cette année, semble donc taillée pour lui. A deux jours de l’arrivée à Rome, elle représente même le moment idéal pour prendre le maillot rose et ne plus le lâcher.

En 2016, c’était déjà sur la dix-neuvième étape, d’ailleurs, que Chaves avait pris les commandes du Giro. Sauf qu’il avait craqué le lendemain, sur l’ultime étape de montagne. Alors, est-il cette année plus costaud qu’il y a deux ans ? « Bonne question, répondait-il récemment à Cycling Weekly. Je me demande parfois, moi aussi. A certains moments j’ai l’impression que oui, à d’autres non. » Langue de bois ? Pas forcément. Le Colombien sort d’une saison blanche et manque cruellement de repères. Un bon chrono sur Paris-Nice, voilà tout ce qu’il a eu à se mettre sous la dent cette année. Mais rien de nouveau, finalement : au départ d’Apeldoorn, il y a deux ans, il n’avait pas beaucoup plus de résultats derrière lui.

Là où il peut perdre le Giro : les étapes israéliennes

Le départ d’Israël est comparable à celui des Pays-Bas, il y a deux ans. Et à l’époque, Esteban Chaves, au sortir des trois premiers jours, comptait trente secondes de retard sur Tom Dumoulin, un peu moins par rapport à Vincenzo Nibali et Alejandro Valverde. Une partie du défi sera donc de ne pas concéder plus, cette année. Sur le chrono de dernière semaine, le Colombien sait qu’il perdra beaucoup de temps. En début de course, en revanche, il ne peut pas se le permettre. Le contre-la-montre inaugural, proche d’un prologue (9,8 km), sera un indicateur de la forme du garçon. « Il ne fera pas beaucoup d’écart, il y a beaucoup de relances en ville », a assuré Mauro Vegni au Monde.

Oui mais Chaves est un cas à part. Sur le Tour de France l’été dernier, les quatorze kilomètres du chrono de Düsseldorf avaient été suffisants pour qu’il concède plus d’une minute à Chris Froome. Certes, il était dans de mauvaises conditions physiques et mentales, mais c’est un impair qui ne pardonnera pas à Jérusalem. Ensuite, il faudra alors passer sans encombre les deux étapes promises aux sprinteurs, qui même si elles ne présentent pas de difficultés majeures sur le papier, peuvent toujours provoquer des chutes ou des cassures. Or Chaves n’est pas vraiment le plus habile pour éviter ce genre d’incidents.


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