Avec son troisième sacre mondial, une performance inédite, Peter Sagan est entré un peu plus dans l'histoire - Photo Stiehl
28 décembre 2017
Par  Robin Watt 
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Légendaire

En cette fin d’année, il est l’heure de revivre les plus beaux moments de la saison. Ceux qui nous ont fait bondir de notre canapé, ému ou révolté. Ceux que l’on retiendra longtemps, malgré les années qui passeront. Au gré des articles marquants de 2017, nous vous proposons donc de vous replonger dans ces épisodes un peu à part. A chaud, comme si vous y étiez. Aujourd’hui, dernier épisode avec l’historique troisième titre mondial de Peter Sagan.

C’est une question d’habitude, sans doute. A le voir marcher de la ligne d’arrivée jusqu’au podium protocolaire, c’était à croire que Peter Sagan venait de décrocher une banale victoire. Pourtant, le Slovaque venait de remporter son troisième titre mondial consécutif et de se faire une place parmi les légendes. Comme si de rien n’était.

« Tu es trop dur à battre, mec »

Le coureur est fascinant. L’homme encore plus. Quelques minutes après sa victoire, sa première réaction était celle d’un homme serein, à peine excité par ce qu’il venait d’accomplir. « Je suis vraiment content d’avoir gagné. Ça ne va rien changer mais pour moi, c’est quelque chose de très sympa. » L’art de faire d’un titre mondial une banalité. Le troisième pour le Slovaque. Comme Alfredo Binda, Rik Van Steenbergen, Eddy Merckx et Oscar Freire. Mais le troisième de suite, ce que personne n’avait jamais réalisé. « C’est quelque chose de spécial, bien sûr », reconnaissait le principal intéressé. C’est un peu plus que ça, quand même : c’est l’un des plus grands exploits de l’histoire du cyclisme, mais on sait le garçon modeste, alors il n’allait pas le dire en ces termes. Celui qui se veut détaché, loin de la pression que peuvent engendrer les grandes échéances, donnait presque l’impression de ne pas se rendre compte de la portée de sa victoire.

Il faut dire qu’il est allé la cueillir presque comme un dû, sans jamais paniquer. On pouvait s’imaginer le voir bouger dans le dernier passage de Salmon Hill, histoire de se défaire des purs sprinteurs. Il a préféré laisser Julian Alaphilippe faire son show, presque jusqu’au bout, sûr de lui et de sa tactique. Il a ensuite tenté de sortir dans les derniers kilomètres, comme d’autres, sans succès. Alors il a repris place dans le groupe et s’est positionné pour le sprint. En se faisant discret le plus longtemps possible. Et comme l’an dernier à Doha, dans la dernière ligne droite, il a déboulé pour se payer le scalp d’un homme sur le papier plus rapide que lui, Alexander Kristoff endossant le costume du battu, celui auquel avait eu droit Mark Cavendish il y a un an. « Tu es trop dur à battre, mec », lui glissera le Norvégien un peu plus tard, dans les coulisses du podium protocolaire.

Autriche, Scarponi et sa femme

Après deux ans d’idylle, Sagan a donc rempilé avec le maillot arc-en-ciel pour douze mois supplémentaires. Au terme desquels, il le sait, il devra passer le témoin, la prochaine édition en Autriche étant promise aux grimpeurs. Mais tant que le terrain aura été à sa convenance, le Slovaque sera donc resté invaincu. « Pourquoi moi ? », demandait-il aux journalistes ces derniers jours quand on le présentait comme le favori. On a envie de lui répondre qu’aujourd’hui, il a montré pourquoi on lui accolait toujours ce statut. Sur les bosses américaines, dans la plaine qatarie et sur le parcours intermédiaire proposé à Bergen, personne n’a trouvé la faille. Jusqu’ici, on parlait de lui comme d’un ogre, on le présentait comme le meilleur cycliste du peloton actuel. Mais ce dimanche après-midi, Peter Sagan est entré dans une autre dimension. Il est devenu une légende. Qui a dédié sa victoire à Michele Scarponi, décédé en avril dernier, et à sa femme qui attend un enfant. Avec une simplicité déconcertante. Comme une légende qui n’a pas conscience de l’être.

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pat
pat

Sur le vélo Sagan est un talent pur et fait souvent le spectacle ce qui est rare de nos jours . De la musculature impressionnante de ses jambes ressort une force énorme quand il pousse sur les pédales . D’un point de vue humain il a bien changé . Dans ses débuts il peinait à s’exprimer lors des interviews et maintenant on dirait qu’il s’est mis dans un personnage de héros . Patrick Lefevere a expliqué il y a peu que Sagan travaillait avec une agence de communication et qu’il n’y avait rien de naturel dans ce qu’il faisait ou disait mais que les fans gobaient tout . Je ne sait pas si c’est vrai mais mais je trouve que sa façon d’être est parfois surfaite et pas toujours naturelle . Le 1ER titre mondial il a été le chercher d’une façon magistrale . Pour les 2 autres il s’est caché toute la course pour sortir dans le final mais tout le monde trouve cela fantastique parce que c’est Sagan . A Doha le slovaque a bien profité de l’énorme travail fait par nos belges lui a suivi tranquillement pour sortir de nulle part et passer Cavendish et Boonen .… Lire la suite »

Ach
Ach

On s’en fiche, c’est un coureur ahurissant, un personnage qui peut être agaçant mais d’autres ont une façon d’être encore plus surfaite et moins naturelle et ne génèrent pas le dixième de l’action et de l’enthousiasme que provoque Sagan !

Reg
Reg

– Lefévère a raté Sagan, tant pis pour lui, mais qu’il se taise et garde son amertume pour lui.
– Les belges et leur armada n’ont pas su gagner, tant pis pour eux (pour rappel, Sagan courait – presque – seul, pas à lui de faire le boulot).
– Sagan n’a pas provoqué la chute de Cavendish (qui vient seul s’empaler sur le train arrière de Sagan), le bras sort ensuite, pour conserver l’équilibre. Faut regarder les images.

Ach
Ach

le coude de Sagan n’a pas provoqué la chute de Cavendish certes, mais Sagan est bien partie prenante :
Il lui ferme bien la porte quand même : on peut penser qu’il est devant, qu’il peut choisir sa trajectoire et que Cavendish n’a pas à forcer là où il n’y a pas la place.
Ou bien que c’est dangereux, intentionnel ou pas, que Cavendish va plus vite et qu’il n’a pas à le tasser ainsi, et que c’est sanctionnable.

Compliqué à juger, d’autant que presque personne n’est irréprochable sur ce sprint (Kristoff peut-être ?).

Dans tous les cas ça ne méritait pas exclusion du Tour.

Mais il fallait bien une sanction, elle était disproportionnée et obéissait à d’autres logiques, c’était pour Sagan pour l’ensemble de son oeuvre, il était de plus en plus limite, à jouer des coudes ou des épaules,
et aussi pour l’exemple, les sprints massifs du Tour avec un plateau monstrueux faisant froid dans le dos… ça a un peu calmé les esprits.

Highlander
Highlander

Sauf que regarder les images n´est, en ce qui me concerne, pas suffisant. I faut les décortiquer et bien observer la position et l´atitude des protagonistes un par un au fil des revisionnages pour simplement constater que Sagan joue déjas du coude au placement sur Bouhanni .
Que Demare lance son sprint avec le Cav collé dans la roue .
Que Sagan est en attente et se retrouve piègé dans la boite .
Que Sagan lance son sprint et tasse le Cav pour prendre sa place dans la roue de Demare .

Ach
Ach

ai-je dit le contraire ?