Cette fois-ci, il ne l’avait pas coché, mais on l’avait coché pour lui. Lundi dernier à Épernay, on titrait : « Il en rêvait », aujourd’hui c’est nous qui en rêvions. Le contre-la-montre individuel de Pau était son premier rendez-vous pour le classement général. Toujours aussi épatant, Julian Alaphilippe a remporté sa deuxième étape, tout de jaune vêtu, le jour du centenaire du maillot jaune… Tout simplement historique. Par la même occasion, il accroît son avance au classement général sur le tenant du titre, Geraint Thomas.

Alafolie 

On en reste sans voix. En vérité, on le savait capable de résister à Geraint Thomas, mais de là à l’imaginer battre le Gallois dans l’exercice chronométré, c’était plus qu’un rêve. 14 secondes de repris sur le leader de la formation Ineos, ce n’est plus un numéro que Julian Alaphilippe a réalisé, mais une démonstration. Dès le départ, il a su trouver son rythme afin de passer en tête tous les intermédiaires et faire douter son principal rival pour l’étape et le général. La deuxième partie, plus rectiligne aurait dû le pénaliser, mais poussé par le public, le numéro un mondial s’est envolé dans les rues de Pau.

À la veille de la première étape pyrénéenne, que peut-on attendre du leader de la Deceuninck-Quick Step ? Avant d’attaquer la première grande étape de montagne et le Tourmalet, Alaphilippe est idéalement placé avec plus d’une minute vingt d’avance sur Thomas. On se souvient alors, qu’il était, l’année dernière, le maillot à pois du Tour de France. La montagne, ça ne lui faisait pas peur. Toujours à l’avant, il passait en tête la plupart des cols mythiques de la Grande Boucle. Cette année, il aborde ces étapes dans un rôle différent et en défendant un autre maillot. Sera t-il faire faire jeu égal avec les autres favoris ? C’est la grande question qu’il doit désormais se poser et que tous les Français se posent aussi. La réponse, on l’aura demain dans la montée mythique du Tourmalet.

Thomas en patron, Pinot c’est du propre

Dans la montagne, Alaphillippe va devoir jouer avec les grands du Tour. Parmi les favoris, on y voit un peu plus clair, après le contre-la-montre individuel d’aujourd’hui. Au sein de la fomation  Ineos, Geraint Thomas a pris largement le dessus sur son jeune coéquipier, Egan Bernal, qui lui a concédé plus d’une minute vingt dans l’exercice solitaire. Au pied du Tourmalet, le rouleau compresseur britannique devrait, alors, se mettre en marche pour la première fois sur ce Tour. Et c’est certainement pour le tenant du titre que les hommes de Dave Brailsford vont rouler, en espérant distancer les surprenants Alaphilippe et Krujswik. Le grimpeur de la Jumbo-Visma, a lui aussi rivalisé avec le Gallois en ne lui concédant qu’une trentaine de secondes. Sur cette deuxième semaine, celui que l’on surnomme « Le Cintre » monte en puissance, comme il a su le faire sur le Giro, avant de laisser filer le maillot rose à cause d’une chute.

Un autre Français pourrait lui aussi venir titiller les Ineos. Il s’agit du leader de la Groupama-FDJ, Thibaut Pinot. Auteur d’un très beau chrono aujourd’hui, il n’a perdu qu’une trentaine de secondes sur Geraint Thomas. On ne va pas remuer le couteau dans la plaie mais si on efface la bordure, Pinot ne serait qu’à seulement 16 secondes de Thomas. Au final, plus d’une minute trente sépare les deux hommes. Si le français veut jouer gagnant, il va devoir montrer, dès demain qu’il est le plus fort en montagne. Alors ce soir, les Français ont deux rêves en tête : Pinot vainqueur au sommet du Tourmalet et Alaphilippe toujours en jaune…

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