Sept mois jour pour jour après sa terrible chute sur le prologue du Tour de France, Alejandro Valverde a retrouvé le chemin de la victoire. L’Espagnol s’inquiète toujours pour son genou, durement touché en juillet dernier, mais il est déjà de retour à son vrai niveau. Impressionnant.

Toujours là

On a d’abord eu peur qu’il termine sa carrière sur une chute. Il ne méritait pas ça. Mais Alejandro Valverde nous a rapidement rassuré : reparti à l’entraînement dès que possible à la fin de l’été dernier, il ne comptait pas abdiquer. On se disait que c’était au moins ça, mais on avait peur, alors, de ne jamais le revoir à son véritable niveau. Là encore, il nous a empêché de nous inquiéter trop longtemps. La semaine dernière, sur la deuxième manche du Challenge de Majorque, on a cru être revenu un an en arrière, avant ces mois de galère. L’Espagnol était alors échappé avec Tim Wellens et Gianni Moscon, filant vers la victoire. « Je crois que Valverde était le meilleur dans la montée, reconnaissait même Wellens à l’arrivée. Mais il avait très peur dans la descente. » Sur des routes mouillées, le Murcian avait forcément en tête son douloureux épisode de juillet dernier, et a finalement lâché prise dans le final.

Qu’importe, l’essentiel n’était pas là. « Clairement, je ne voulais pas tomber, confiait-il après la course. Mais je me sentais vraiment fort. L’entraînement a été bon mais la course était le vrai test pour savoir si mon genou était remis. (…) Pour moi, prendre la troisième place est comme une victoire. » A 37 ans, Valverde lui-même n’imaginait pas être de retour aussi bien aussi vite. Mais finalement, tout le monde devrait s’habituer à ne plus être surpris par les performances de l’Espagnol. Parce qu’après ce Challenge de Majorque qui l’a rassuré, il n’a pas perdu de temps. Pour son cinquième jour de course en 2018, et donc depuis sa blessure, il a levé les bras sur le Tour de Valence. En costaud. C’est lui qui a lancé l’attaque à 35 kilomètres de l’arrivée, puis entouré de deux Astana, Fuglsang et Sanchez, il n’a pas tremblé au moment du sprint. Du Valverde dans le texte.

Rééducation illico

Pour ce retour express, tout s’est joué, en fait, durant l’intersaison. Au moment où, légitimement, on émettait pas mal de doutes sur un possible retour de l’Espagnol au niveau qui était le sien avant sa blessure. « Pendant la rééducation, Alejandro faisait toujours plus que ce qui était nécessaire, rapportait récemment le médecin de Movistar, Jesus Hoyos, pour le journal El Mundo. Si on lui demandait de bouger son genou à 45 degrés, il atteignait 60. Si on lui demandait 15 pompes, il en faisait le double. (…) Il a fait en un mois ce que les autres font en trois. » Valverde a aussi veillé à ne faire aucun écart. « Pendant cette période d’inactivité, il n’a pas pris un gramme », jure son manager Eusebio Unzué. A en croire le staff de la formation ibérique, lors des tests hivernaux, l’Imbatido a même obtenu les meilleurs chiffres de sa carrière. Parce que cet homme là n’est pas comme les autres. Sept mois ont suffi à le prouver.

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