Ce lundi vers Albi, Thibaut Pinot et quelques autres candidats au maillot jaune ont concédé une minute et quarante secondes dans une bordure. Une perte de temps frustrante et évitable, qui a sans doute enterré les espoirs de victoire finale du Français. Mais depuis une quinzaine d’années, bien d’autres coureurs ont perdu gros, parfois même le Tour de France, sur un épisode similaire, piégés par le vent.

2007 : un jeudi noir pour Moreau

A l’été 2007, Christophe Moreau est dans une forme étincelante. Le Français vient de remporter le Critérdium du Dauphiné puis d’être sacré champion national. Les Français se mettent alors à rêver d’un Moreau succédant à Hinault sur les Champs-Elysées. Un peu de chauvinisme, conforté lors de la première étape de ce Tour 2007, à Tignes, où le bonhomme est étincelant, cumulant les attaques dans le groupe des favoris. Au lendemain de la journée de repos, L’Equipe titre même : “Et si c’était le Tour de Moreau ?” Mais tout s’écroule brusquement sur la onzième étape, à 70 kilomètres de l’arrivée, lorsque l’équipe Astana d’Alexandre Vinokourov met en route. Un cas d’école fatal au Franc-Comtois. Après une heure et demie de poursuite, le bilan est très lourd : Moreau concède plus de trois minutes et il terminera finalement à la 37e place à Paris.

2013 : une crevaison fatale à Valverde

Sur ces étapes où le vent vient perturber l’avancée des coureurs, il ne faut surtout pas avoir un problème mécanique, ou connaître une chute au mauvais moment. Demandez à la formation Movistar et à Mikel Landa, malheureux ce lundi vers Albi. Mais il y a six ans déjà, c’est un autre leader de l’équipe espagnole qui a connu pareille mésaventure. Deuxième du classement général, Alejandro Valverde était alors idéalement placé pour prendre la tunique de leader. Mais c’était sans compter une crevaison au pire des moments, après un grand coup de vis de la formation Omega Pharma-Quick Step. A Saint-Amand-Montrond, l’Espagnol arrivera finalement avec près de dix minutes de retard sur son compatriote Alberto Contador, qui réalisait lui la bonne opération du jour, dans le premier groupe, une minute devant Nairo Quintana et Christopher Froome.

2014 : les prémisses de 2019 pour Pinot

Cinq ans avant 2019, Thibaut Pinot était déjà en sursis après une accélération des hommes de Patrick Lefevere. La sixième étape du Tour 2014 aurait dû servir de leçon. Ce jour-là dans le vent, le Franc-Comtois avait perdu une minute sur Vincenzo Nibali et les autres favoris au général. Au lendemain de l’abandon du tenant du titre Christopher Froome et après la fameuse étape des pavés, l’Italien n’en demandait pas tant. Cette année-là, la victoire au classement général était sûrement inaccessible, tant le requin de Messine dominait le Tour, mais le grimpeur de la formation FDJ avait la capacité pour aller chercher la seconde marche du podium. Cette minute perdue dans le coup de bordure à Reims lui coûtera sans doute la deuxième place puisqu’à Paris, il terminait à 38 secondes de Jean-Christophe Péraud, dauphin de Nibali.

2015 : Quintana a roulé comme un Colombien

Depuis toujours, les coureurs colombiens ne sont pas connus comme étant de grands rouleurs. Dans les années 1980, Luis Herrera avait déjà beaucoup de mal à suivre les accélérations de Bernard Hinault et de son équipe Renault, qui savaient en profiter. En 2015, sur les routes néerlandaises particulièrement exposées et qui ne laissent aucun droit à l’erreur, c’est Nairo Quintana qui a succédé à son compatriote, en perdant près d’une minute et trente secondes sur Christopher Froome. Un retard qui coûte cher, à la lecture du classement final, puisque le Colombien échouera à seulement 1’12 du Britannique sur les Champs-Elysées.

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