Français ou espagnol, âgé de 28 ans, voici le profil type du coureur qui a le plus gagné en World Tour cette année - Photo ASO / P. Ballet
Data
8 décembre 2018
Par  Robin Watt 

Les chiffres du peloton World Tour

Après le peloton français, sur lequel nous nous étions concentrés il y a quelques jours, nous avons élargi le spectre pour observer cette fois tous ceux qui évoluent en World Tour. L’âge parfait pour l’emporter, la part du gâteau que se taillent les cadors, les équipes dominatrices, celles qui sont un peu à la traîne, tout est là. Voici quatre infographies pour faire le point.

Une bonne partie d’habitués

Lorsqu’on regarde les dix premiers du classement UCI, en cette fin d’année, il y a finalement beaucoup d’habitués. Valverde, Sagan, Van Avermaet, Dumoulin et Matthews y étaient déjà l’an passé et ils ont juste gagné ou perdu quelques places. Viviani lui n’en était déjà pas loin. Yates, Bardet, Alaphilippe et Thomas font en revanche un grand bon en avant, logique au vue de la dimension qu’ils ont pris cette année. Mais si cinq coureurs sont entrés dans ce top 10, c’est que cinq autres en sont sortis. Et eux ne sont pas partis bien loin. Froome, deuxième en 2017, est cette année 15e, alors que suivent, pas très loin, Kwiatkowski (17e) et Kristoff (23e). En revanche, Philippe Gilbert, dixième il y a un an et trentième cette saison, a perdu de jolies places, alors que la palme revient à Nibali, passé de 6e à 43e. Sévère, sans doute, quand on se rappelle que l’Italien a remporté Milan-Sanremo au printemps et terminé deuxième en Lombardie à l’automne.


Une génération qui reste au sommet

Fin 2016, nous avions déjà voulu analyser le peloton sous forme de statistiques. Il en ressortait que la majorité des coureurs du peloton levaient les bras à 26 ans. Deux ans plus tard, c’est les coureurs de 28 ans qui mènent la danse… Conclusion, ce sont donc les mêmes. La génération 1990, celle de Sagan, Kwiatkowski, Dumoulin, Pinot, Bardet, Quintana ou encore Matthews, marche sur le peloton et c’était plutôt attendu. Cette année, ils sont passés à côté des grands tours, malgré les deux podiums de Dumoulin, mais ont notamment remporté deux monuments (Roubaix pour Sagan, la Lombardie pour Pinot). Derrière, la génération 1992, celle d’Alaphilippe et des frères Yates, se taille une part de plus en plus conséquente. Très discrets les années précédentes – en terme de victoires -, ceux-là ont franchi un cap en 2018. A noter le pic de succès à 37 ans. Mais il n’est dû qu’à un seul coureur : Alejandro Valverde.


Les Bleus au top

A égalité avec l’Espagne, sur la plus haute marche du podium, au nombre de victoires en World Tour cette saison. Et deuxième derrière la Belgique au nombre de points rapportés. La France, en 2018, est la nation qui a sans doute le plus brillé, et sur les terrains les plus variés. Trois grandes classiques dont un monument, des accessits sur à peu près toutes les courses par étapes, il a manqué un Français pour jouer la gagne sur un grand tour, sans quoi l’année tricolore aurait été parfaite. L’Italie, malgré des leaders pas tout jeunes, à l’instar de Nibali, continue de truster le haut du pavé, bien aidée par un Viviani meilleur performeur de l’année en terme de victoires. L’Allemagne en revanche, très efficace ces dernières années, paye les mésaventures de Kittel et redescend dans la hiérarchie.


Un numéro un sans concurrence

Avec plus de 1000 points d’avance sur son dauphin Simon Yates (4168 à 3160), Alejandro Valverde a terminé la saison numéro un mondial assez largement. Alors ce n’est pas tout à fait nouveau pour lui, parce qu’il avait déjà terminé à cette place à quatre reprises avant cette année – la dernière fois en 2015. Mais le faire à 37 ans, alors que la concurrence interne chez Movistar s’intensifiait avec l’arrivée de Mikel Landa, et qu’en externe pointait le bout de son nez Julian Alaphilippe, était un challenge que peu de monde le voyait relever. Sans grande classique au printemps, mais avec un titre de champion du monde, une très belle Vuelta et des succès tout au long de l’année, comme d’habitude, le Murcian n’a pas volé ses points.


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highlander
highlander

La France number one aux nombres des victoires; superbe !
Mais pour elargir le point de vue, serait il possible de savoir combien de point uci represente ces 19 victoires par rapport aux points glanés par les victoires du top 5 des autres nations ?

henri
henri

il suffit de regarder les points par nation, la la France est 2ieme, cela démontre bien le dynamisme enfin retrouvé du cyclisme francais

AngeloPardi
AngeloPardi

Je pense que c’est notre meilleure année depuis 1997 !

highlander
highlander

Pas plus avancé pour le moment … Il y a en effet un classement par nation disponible sur le web, mais il ne precise pas combien de point represente les 19 victoires francaises de 2018 ni combien de point pour les victoires 2018 du top 5 des meilleures nations .

R7814
R7814

Voici les points WT rapportées par les victoires des coureurs français (19 victoires) : 1200 (Alaphilippe, 7 victoires) + 700 (Pinot, 3 victoires) + 240 (Démare, 3 victoire) + 100 x 3 (Bouhanni, Gallopin, Géniez ; 1 victoire chacun) + 60 x 3 (Cousin, Hivert, Molard ; 1 victoire chacun) = 2620 pts. Par ailleurs, quasiment la moitié de ces victoires ont été obtenues sur la Vuelta et Paris-Nice (5+4)… Et maintenant, comparons avec les autres nations de ce Top 5. Espagne (19 victoires) : 1040 (Valverde, 7 victoires) + 500 (Soler, 1 victoire) + 300 (Prades, 1 victoire) + 230 (Fraile, 3 victoires) + 150 (Mas, 2 victoires) + 100 x 2 (Nieve, Rodriguez ; 1 victoire chacun) + 60 x 3 (Bilbao, De la Cruz, Landa ; 1 victoire chacun) = 2600 pts Grande-Bretagne (18 victoires, dont la victoire du Team Sky sur le chrono par équipe du Dauphiné) : 1740 (Thomas, 4 victoires) + 1410 (S.Yates, 8 victoires) + 1050 (Froome, 3 victoires) + 120 (A.Yates, 2 victoires) + 60 (Team Sky) = 4380 pts Italie (18 victoires) : 1200 (Viviani, 10 victoires) + 500 (Nibali, 1 victoire) + 340 (Moscon, 2 victoires) + 100 x 2… Lire la suite »

highlander
highlander

Merci de ces précisions interessantes qui mettent en lumière une autre facette de classement des victoires 2018 avec l´Angleterre qui se taille la part du lion et laisse les autres nations loin derrière avec pas moins de 1760 points d´avance sur la France .
Impressionante difference qui illustre sans conscession l´enorme fossé nous séparant de nos amis les Brittons …

AngeloPardi
AngeloPardi

Sur les courses par étapes parce que sur les classiques c’est pas la même chanson !

highlander
highlander

Il n´en reste pas moins que l´on peut se poser des questions sur cette domination ecrasante des anglais face aux nations du vieux continent particulièrement sur les grand tours.
l´histoire recente du cyclisme à démontrée que les nations et/ou les equipes trop forte petaient systematiquement dans des affaires infernales; et l´histoire à souvent une facheuse tendance à se répéter…

biquette
biquette

j’avoue genre Mapei par exemple. Ou Quickstep.
Oh wait…

chris83
chris83

Si l’on regarde uniquement les 37 courses World Tour , on voit que les Français ont enlevé 3 scratches derrière l’Australe ( 4 victoires mais aucun grand tour ni monument) ) et ex aequo avec les Britanniques, italiens, belges , espagnols et …slovènes. Mais les 3 victoires GB portent sur les 3 grands tours! Et l’Espagne a en plus le champion du Monde. A ce prisme, la France est bien sûr dans le peloton de tête mais se situe pour moi derrière La Grande Bretagne en un et l’Espagne en 2 pour le bilan 2018. A noter sur ces 37 courses, un pays avec 4 victoires ( Australe), six avec 3 victoires, quatre avec 2 et quatre avec 1 soit une belle diversité qui démontre qu’aucun pays n’écrase le cyclisme mondial, exception faite bien entendu de l’emprise incroyable british sur les Grands Tours.

henri
henri

toutes les courses WT ne se valent pas et de loin! Que vaut le tour de Turquie? le tour en Chine? rien! que valent le down under et la cadel evans race en janvier alors que le peloton est en rodage? guere plus! pas mal de courses HC valent bien plus!

highlander
highlander

Remarque un peu caricaturale mais qui illustre bien que les montants de point uci, selon les points de vue, pourraient etre ajustés par rapport au prestige des epreuves pour se rapprocher d´une equivalance moins discutable .
D´un autre coté, ce n´est pas le méme budjet ni la méme fatigue au niveau transferts, decalages horaires, changement de climat et de nourritures aux Antipodes ou en Asie que de courir sur le circuit europeen. Ca se vaut peut etre un peu en fin de compte ?

henri
henri

@highlander: ta remarque peut avoir un sens pour les courses australienees (ca ne joue pas pour la Turquie, et le tour de quanzhi , c’est une semaine de vacances pour les coureurs démobilisés fin octobre) . Effectivement partir en Australie est fatiguant, mais cela permet aussi de s’entrainer sur place avec un climat bien meilleurs qu’en Europe au mois de janvier, et cela ca compense les méfaits du voyage et du décalage horaire. Une autre partie du peloton part d’ailleurs en amérique du sud à la même époque. Le tour de Colombie 2018 (classé 2.1) vaut -il moins que le down under ? il suffit de regarder les classements pour voir que ce n’est pas le cas.
quand au budget, je ne vois pas le rapport.Si la particiaption au down under est obligatoire, ce n’est pas le cas en amérique du sud (pour un cout surement similaire. Si les équipes y vont c’et que c’est rentable en termes de preparation

R7814
R7814

C’est clair que ce type de course devrait rapporter moins de points. Qui peut penser sérieusement que la victoire de Prades au classement général du Tour de Turquie vaut autant sportivement que les trois étapes sur le Giro de Bennett ou les trois étapes de Viviani sur la Vuelta ?

Et puis, d’une manière général, je trouve que le classement WT valorise de manière excessive les classements généraux. Par exemple, une 9e place au CG d’une course de catégorie 3 rapporte autant de point (100) qu’une victoire d’étape sur le Tour d’Italie ou Tour d’Espagne. Et pourtant, qui échangerait une étape de GT à une 9e place du Tour Down Under…

highlander
highlander

La logistique et le travail pour déplacer des equipes europeenes à des heures avion a un cout . Si le deplacement est rentable, c´est avant tout pour le sponsor qui investi de la communication et de la visibilité intercontinental; rentable aussi pour les points uci qui sont selon vous plus facile à glaner .

Chris83
Chris83

Il est bien entendu que les courses de Chine et de Turquie ne valent pas grand chose sportivement aujourd’hui
De toute façon plouay ou hambourg ne sont pas du niveau d’un Paris Roubaix et le Word tour n est qu un panel qui essaie de satisfaire tous les pays en s’ouvrant parallèlement sur le monde