Comme dans les petits villages de l’Hexagone, le feu d’artifice, sur le Tour de France, a eu lieu avec 24 heures d’avance, le 13 juillet. Et il était assez enthousiasmant pour que personne ne tire vraiment la tronche, au terme d’un 14 juillet très calme sur la route du Tour. Ce n’était pas le plus important. Surtout que les coureurs français, depuis une semaine, ne ménagent pas leurs efforts.

Un de perdu, deux de retrouvés

C’est tout un symbole. Christian Prudhomme avait dessiné ce Tour de France de sorte à ce que l’étape du 14 juillet, jour de la fête nationale, arrive à Brioude, ville de Romain Bardet, le Français qui avait pris la lumière, ces dernières années sur le Tour de France, avec deux podiums en 2016 et 2017. Sans doute le directeur de l’épreuve espérait-il voir l’Auvergnat profiter des quelques bosses du parcours pour faire parler son panache et éventuellement reprendre un peu de temps à ses adversaires du général dans une lutte à la seconde qui, pour une fois, aurait pu basculer du côté de Bardet. On était loin, très loin de ce scénario, ce dimanche. D’abord parce que le peloton avait décidé de se désintéresser complètement de l’étape, vingt-quatre heures après une journée haletante et usante, vers Saint-Etienne, puis parce que le leader d’AG2R La Mondiale est bien loin de péter la forme, ces jours-ci, et qu’une virée à domicile n’y a pas changé grand-chose.

Dans la dernière bosse du parcours, Romain Bardet s’est bien dressé sur les pédales, mais il était davantage question d’une banderille symbolique, devant son public, que d’un coup de Trafalgar fait aux favoris. Le Français, de toute façon, s’est lui-même éjecté de cette bagarre pour le maillot jaune, lors de cette première semaine du Tour, sur le chrono par équipes puis lors du premier rendez-vous en altitude, à La Planche des Belles Filles. En vérité, côté tricolore, ce sont deux autres larrons qui portent les – grands – espoirs des supporters, désormais. Julian Alaphilippe, vainqueur d’étape et maillot jaune à Epernay, surprenant à La Planche, ensuite, et étincelant surtout à Saint-Etienne, où il avait emmené dans son sillage un Thibaut Pinot pas moins costaud, depuis Bruxelles, et qui pointe à la première place du classement des favoris, avant d’arriver dans les Pyrénées, une vingtaine de secondes devant les deux cadors d’Ineos, Geraint Thomas et Egan Bernal.

En attendant Barguil

Tout ça est inédit, parce que jamais, dans les Tours qu’elle a gagnés depuis 2012, l’équipe britannique n’avait entamé le premier grand massif sans avoir déjà pris l’avantage sur ses adversaires directs. Jamais, non plus, un Français n’avait autant dominé la première semaine comme l’a fait jusqu’ici Julian Alaphilippe. Et il n’y a pas de raison que tout ça s’arrête, parce que le numéro un mondial est un candidat à la victoire d’étape quasiment un jour sur deux, et parce que Thibaut Pinot n’en est qu’au début d’une conquête qui pourrait devenir irrespirable, dans les Pyrénées puis dans les Alpes. Surtout, on se dira que tous les Bleus ne sont pas encore entrés en scène, qu’on arrive ce lundi chez Lilian Calmejane, vainqueur d’étape il y a deux ans, et que Warren Barguil, le grand bonhomme du Tour de France 2017, maillot bleu-blanc-rouge sur le dos, n’est pas encore entré en scène. Ça promet.

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