Parmi les lieux communs du cyclisme, on entend régulièrement qu’il faut de la bouteille pour briller sur les classiques. Si cela se confirme régulièrement pour le vainqueur, les jeunes loups se rapprochent de plus en plus du Graal. A une époque de la saison où la flore colore les paysages, nous avons choisi trois bourgeons cyclistes qui pourraient bien éclore au printemps prochain.

Gianni Moscon, 22 ans

Le Transalpin est sans conteste le garçon le plus prometteur du peloton pour les classiques. Avec une telle polyvalence qu’on ne peut pas vraiment dire s’il deviendra un chasseur de flandriennes ou d’ardennaises. Ses résultats chez les Espoirs témoignent de cette capacité à briller sur tous les terrains, puisqu’il a remporté le Tour de Lombardie et terminé deuxième du Tour des Flandres. Restait à transposer ça chez les grands. Il a semblé y parvenir sous le giron de l’équipe Sky.

Pour sa première saison professionnelle, il s’est montré sur les Strade Bianche (18e) ou le Het Nieuwsblad (23e), avant de remporter la difficile Arctic Race of Norway, le tout consolidé par une excellente sixième place en World Tour, au Grand Prix de Montréal. Alors Sky n’a pas encore tranché dans le vif entre flandriennes et ardennaises. En effet, Moscon a dévoilé un programme très chargé pour 2017, qui le verra courir toutes les classiques belges, du Het Nieuwsblad jusqu’à Liège-Bastogne-Liège. Reste que le jeune italien devra se faire une place au milieu des Thomas, Kwiatkowski, Poels et consorts.

Loic Vliegen, 23 ans

Avec le départ de Philippe Gilbert chez Etixx, le strapontin de leader de la BMC sur les ardennaises est vacant pour la saison à venir. C’est donc à la jeune garde de se faire une place et Vliegen a tout pour être le nouveau patron. En partageant régulièrement la chambre de l’ancien numéro un mondial l’an passé, il a pu profiter de ses conseils et de son expérience sur les classiques. Idéal pour prendre son envol. Opéré du cœur en octobre 2015, le Wallon a malgré tout répondu présent en 2016, et ce dès le début de saison avec une quatrième place dans un apocalyptique GP du Samyn et un top 10 sur la Flèche Brabançonne.

Il ne restait qu’à confirmer sur une classique World Tour, ce qu’il fera à l’Amstel Gold Race en signant une prometteuse neuvième place. Comme Gilbert, d’ailleurs, c’est sur la classique néerlandaise qu’il aura donc décroché son premier bel accessit. Et comme Gilbert, ses résultats démontrent également de belles aptitudes sur les pavés. Il faudra le garder en tête, même si pour le moment, le leadership de Greg Van Avermaet sur les classiques du Nord est incontestable et poussera Vliegen vers le triptyque ardennais, où il jouira de plus de libertés. Son punch et sa très bonne pointe de vitesse s’occuperont du reste.

Filippo Ganna, 20 ans

C’est un gros pari d’imaginer un jeune homme de 20 ans briller sur les pavés du Nord, dès sa première saison professionnelle. Mais le coureur du Piémont a un sacré moteur. Son profil s’approche de celui du néo-retraité Fabian Cancellara, ses résultats le confirment. Il a remporté de main de maître Paris-Roubaix Espoirs en 2016. Quant à l’exercice solitaire, il a remporté dans sa catégorie le championnat d’Italie et s’est offert la médaille d’argent lors des championnats d’Europe. Et mieux encore, il a remporté, à Londres le titre mondial sur piste de la poursuite individuelle, à seulement 19 ans.

L’équipe UAE Abu Dhabi, l’ancinen Lampre, a donc réalisé un très gros coup en s’attachant les services du jeune piémontais. Et le garçon a lui fait un choix judicieux en acceptant cette proposition. Ganna aura la chance que son équipe ne possède aucun coureur capable de briller sur les flandriennes. L’Italien aura donc le loisir de faire ses gammes comme il l’entend sur les chemins pavés. A l’instar d’un Tiesj Benoot en 2015, il peut tout à fait surprendre son monde au printemps.

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