S’il y a une semaine, quelqu’un avait pu assurer à Romain Bardet qu’il ne pointerait qu’à vingt secondes de Chris Froome et vingt-quatre de Richie Porte après le contre-la-montre par équipes de Cholet, il aurait signé sans aucun doute. Ce lundi, après trois jours de course, il a donc toutes les raisons d’être satisfait.

Le tout avec une équipe diminuée

Du côté d’AG2R La Mondiale, ce soir, on doit se poser une simple question, avec une pincée de regrets largement atténuée par la bonne performance générale. Qu’aurait donné ce chrono par équipes si Silvan Dillier et Tony Gallopin, deux des meilleurs rouleurs du collectif entourant Romain Bardet, l’avaient disputé à 100 % de leurs moyens ? Malheureusement, on ne saura jamais précisément, et rentrer dans un calcul d’apothicaire, dans lequel on peut estimer que l’équipe savoyarde aurait perdu environ quinze secondes de moins, n’a pas grand intérêt. Il montre, simplement, que l’équipe alignée par Vincent Lavenu sur le Tour n’a jamais été aussi forte. Après l’arrivée, en train de tourner les jambes sur son home-trainer en même temps qu’il répondait à la presse, Romain Bardet avait le sourire. Il le sait, il a bien passé la première des trois grosses embuches de ce mois de juillet, avec l’étape des pavés dimanche et le dernier chrono la veille de l’arrivée.

Au moment d’évoquer le temps qui le sépare des autres favoris, et notamment Porte et Froome, piégés samedi lors de la première étape, le Français a fait non de la tête. Pour lui, il n’était pas question de temps gagné sur cette étape, juste de temps qu’il n’a pas perdu. Sans se cacher, il donnait ainsi rendez-vous en montagne pour les vrais écarts, à la pédale. C’est tout à son honneur, mais on n’imagine pas que lui, si pragmatique, ne regarde pas ce classement général avec un petit sourire en coin. On lui prédisait un éclat dès le troisième jour de course, il a plus que limité la casse, et profite déjà des erreurs de certains de ses rivaux. Certains font mieux que lui, bien sûr : Geraint Thomas est troisième du général à trois secondes du nouveau maillot jaune, Greg Van Avermaet, et Tom Dumoulin ou Rigoberto Uran ne sont pas beaucoup plus loin. Mais à chaque jour suffit sa peine, et il sera temps dimanche soir de voir qui peut encore viser quoi.

Joue-la comme Schleck

C’est d’ailleurs sur les pavés que Romain Bardet aura un coup à jouer. Avec Richie Porte et Rigoberto Uran, il est le seul favori à compter dans sa garde rapprochée l’un des cinq meilleurs flandriens du peloton. Mais en plus d’Oliver Naesen, qui sera le chef de file, il pourra aussi compter sur Silvan Dillier et Tony Gallopin s’il est totalement remis d’ici là. Le dernier grimpeur aussi bien entouré sur une étape du Tour jonchée de pavés s’appelait sans doute Andy Schleck, en 2010, et malgré sa crainte face à cette difficulté, le Luxembourgeois, dans la roue de Fabian Cancellara, avait fait un très gros coup à Arenberg. Pour Bardet, il faudra donc passer sans encombre les prochaines étapes, et espérer que le plan se déroule sans accroc vers Roubaix, dimanche. Jusqu’ici, en tout cas, tout se passe mieux que prévu, donc il n’y a pas de raison de s’inquiéter.

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