Quand il est question de Bernard Hinault et de l’année 1980, les histoires de légende se succèdent. La victoire dans un Liège-Bastogne-Liège mythique, au mois d’avril, l’abandon avec le maillot jaune sur le dos, au coeur de l’été sur le Tour de France, et le titre de champion du monde comme une revanche, à la fin du mois d’août à Sallanches. Mais ce serait oublier le premier Tour d’Italie remporté par le Breton, au milieu de tout ça, dans un mois de mai resté à la postérité grâce à un coup de maître, à deux jours de l’arrivée dans le Stelvio. Il y a tout juste 40 ans, le 7 juin 1980, Hinault ramenait ainsi son premier maillot rose. Pour la Chronique du Vélo, il revient sur ces trois semaines de course face à une pléiade d’Italiens qui ne souhaitaient que sa défaite. Un entretien sans détour. Du Hinault dans le texte, parce que les années ne sauraient le changer.

Au début de l’année 1980, qu’est-ce qui vous a poussé à participer à votre premier Giro ?

Tout simplement l’envie de faire d’autres courses que les courses françaises. Le Giro m’intéressait autant que le Tour d’Espagne. Quand on est un champion, on se doit d’aller dans tous les pays, pour honorer de votre présence les organisateurs. On n’appartient pas seulement à une nation. Souvent les gens disent « Oui mais tu étais français… » Oui, mais je suis aussi un coureur international.

Vous veniez de gagner le Tour de Lombardie à la fin de l’année 1979, quelle était votre relation avec les courses italiennes avant d’aller sur le Giro ?

J’avais déjà fait Milan-Sanremo, le Tour de Lombardie et quelques autres. Sauf que sur un grand tour il faut se méfier un petit peu car les tifosi sont là. C’est tout. On le sait d’avance, il faut bien étudier le parcours, savoir où on va, l’endroit le plus critique pour ses adversaires. Et à partir de là, on fait sa course.

Quand on arrive sur le Giro en ayant gagné deux Tours de France et une Vuelta, comment est-ce qu’on est perçu par les Italiens ?

Un peu comme le champion qui vient se frotter à ses propres coureurs. Surtout de la part des tifosi. Beaucoup de coureurs avaient déjà couru avec moi, dans les classiques et les autres grands tours. Il y avait une connaissance entre tout le monde. La seule chose qui changeait en venant sur le Tour d’Italie, c’était qu’on ne connaissait pas les cols, on ne savait pas exactement comment ils étaient donc il fallait vraiment bien étudier le parcours.

Vous veniez sur les terres des Italiens. Quasiment tous vos adversaires étaient des locaux.

Ah oui, et il ne faisaient pas de cadeau (rires).

Dans quel état d’esprit étiez-vous avant la course, une fois sur place ?

Aussi décontracté que l’on peut être lorsqu’on est sûr de soi. Je crois que quand on vient sur une course, il faut venir dans l’esprit de la gagner et pas pour faire deuxième.

« Je crois que quand on arrive avec autant de concurrents en face de soi, la seule solution c’est de prendre l’initiative et d’imposer sa loi, en attaquant. »

– Bernard Hinault

Au moment du départ, vous êtes allé vous rendre sur la tombe de Fausto Coppi. C’était important pour vous ?

Oui, c’était un hommage à un super champion. Quand on est l’hôte d’un pays pour une course comme le Tour d’Italie, et que l’on n’est pas très loin de la tombe de ce champion, on se doit d’aller le voir.

C’était une sorte de reconnaissance par rapport au champion qu’il était ?

Oui, bien sûr. Parce que quand on est jeune et que l’on étudie tout ce qui a été écrit sur les anciens, on voit à quel point c’est fantastique. En plus, cette visite sur sa tombe avait été un peu cachée, pour ne pas qu’il y ait trop de personnes. J’ai ainsi eu la chance de rencontrer son frère, directement dans sa maison. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de coureurs qui ont eu cette chance.

Comment est-ce que cet acte a été accueilli par les Italiens ?

Ils ont été un peu surpris. Un peu surpris qu’un coureur étranger, français, aille saluer la tombe de du Campionissimo.

Sur ce Giro 1980, c’était vous et l’équipe Renault contre les Italiens et les formations italiennes. Est-ce qu’il y avait une alliance entre elles pour vous faire perdre ?

Bien sûr. Mais c’est tout à fait logique et il ne faut pas être contre ça. Il faut le savoir quand on arrive dans un pays étranger. Surtout en Italie ou en Espagne, plus encore qu’en France. C’est tous contre vous. Mais c’est logique, il n’y a rien à redire là-dessus.

« Dans le Tour d’Italie 1982, j’ai perdu le maillot rose parce que l’on avait mal étudié la carte avec Cyrille (Guimard, son directeur sportif, ndlr). Et le lendemain on a attaqué de vive voix et on a mis tout le monde par terre. Sur 60 kilomètres, j’en ai mis quand même à quatre minutes. »

– Bernard Hinault

Avec Renault, vous étiez les adversaires à abattre ?

Oui, tout à fait.

Sur les trois semaines de course, vos adversaires se nommaient Contini, Battaglin, Visentini, Prim, Baronchelli, Saronni, Panizza. Du beau monde. Les connaissiez-vous tous bien avant la course ?

Oui, je les avais déjà tous rencontrés dans d’autres courses, et puis on se tient au courant de ce qui se passe. J’avais déjà fait Tirreno-Adriatico, je connaissais tous les coureurs. Je connaissais leurs capacités, je savais exactement ce qu’ils étaient capables de faire. A la fois au niveau du contre-la-montre, car c’était un atout pour moi, et en montagne. Par exemple, pour un coureur comme Francesco Moser, je savais qu’il allait être dans mes temps contre-la-montre mais qu’il allait être moins bon que moi dans la haute montagne. Et ceux qui étaient un peu meilleur que moi en montagne étaient moins bon en contre-la-montre. Moi, j’avais cette chance d’être entre les deux.

Comment arriviez-vous, en course, à percevoir leurs forces, leurs faiblesses, les moments où ils étaient moins bien ?

On attaque (rires). Je crois que quand on arrive avec autant de concurrents en face de soi, la seule solution c’est de prendre l’initiative et d’imposer sa loi, en attaquant. Et à partir du moment où on prend l’initiative, les autres sont un peu surpris et sont obligés de réagir. Et ceux qui ne peuvent pas suivre décrochent.

Au début de ce Giro 1980, après le contre-la-montre de la cinquième étape, vous prenez le maillot rose. Qu’est-ce que vous vous dîtes à ce moment-là ?

Je me dis que c’est bien parti et qu’on va continuer. On va continuer, on ne s’inquiète pas et puis on fait sa course. On surveille un peu les adversaires. Il y avait un autre contre-la-montre plus tard donc je savais déjà que j’allais aussi reprendre du temps sur à ce moment-là.

Vous prenez le maillot rose en première semaine. Est-ce que le perdre deux jours plus tard faisait partie d’une stratégie pour ne pas avoir à trop contrôler la course ?

Oui, mais on le perd surtout parce que c’est la course. La première chose que l’on fait quand on arrive, dès le départ d’un grand tour, c’est de regarder tout le parcours et savoir où sont les points clés. Il y avait les chronos et surtout quelques étapes de montagne où je pouvais rivaliser avec les meilleurs. Donc on sait exactement où on va. Un jour on va le perdre là, mais ce n’est pas grave. On va le laisser un petit peu aux autres et ils vont se débrouiller avec. Le plus important, c’est de l’avoir à l’arrivée.

Bernard Hinault, maillot rose sur le dos pendant ce Giro 1980 – Photo DR

Donc vous ne vous êtes jamais dit qu’il serait compliqué de le récupérer après l’avoir perdu ?

Non, jamais. Dans le Tour d’Italie 1982, j’ai perdu le maillot rose parce que l’on avait mal étudié la carte avec Cyrille (Guimard, son directeur sportif, ndlr). Et le lendemain on a attaqué de vive voix et on a mis tout le monde par terre. Sur 60 kilomètres, j’en ai mis quand même à quatre minutes. Quand on a cette chance et cette force que je pouvais avoir, on pouvait se dire : « Ok je l’ai perdu mais demain on fait la guerre. » Tant qu’on n’a pas passé la ligne, on n’a pas gagné mais on n’a pas perdu non plus.

En 1980, la montagne vient assez tard sur le Giro. Arrive la 14e étape, que vous gagnez, et seul Panizza parvient à vous suivre…

Ce jour-là, on leur avait monté une belle cabale. Il y avait un point chaud à cinq kilomètres du pied du col et avec toute l’équipe, on roulait pour Pierre-Raymond Villemiane, qui était en tête du classement des points chauds. Les coureurs italiens disaient « Oh, Bibi, parce qu’ils l’appelaient Bibi, tu as déjà le volant et les pneus pour l’année prochaine. » Donc on a fait le point chaud et au lieu de s’arrêter après, tout le monde a continué de rouler jusqu’au pied du col. Là ça a explosé et c’était fini. Le seul équipier qui nous manquait, c’était Bernard Becaas, qui ayant vu Moser et Saronni mal placés a laissé un trou. Il s’est relevé, a fait la cassure et ils se sont retrouvés piégés derrière. Et après, ils ne pouvaient plus revenir car la machine était déjà en route.

Après l’étape, Panizza prend le maillot rose. C’était devenu l’adversaire à surveiller en priorité pour la dernière semaine ?

Pas vraiment parce que je savais que contre-la-montre, il allait prendre une volée. Je connaissais bien mes adversaires et je savais à quelques secondes près combien j’allais leur mettre. Selon le parcours, j’étais capable de dire le matin, celui-là je vais lui mettre cinq minutes, celui-là trois. C’est très important qu’un coureur connaisse précisément les capacités de tous ses adversaires. Je savais que contre-la-montre, peu pouvaient m’inquiéter. Il y avait un coureur qui s’appelait Knut Knudsen, mais qui n’était pas bon en montagne. Il y avait Tommy Prim, qui ne roulait pas mal, mais qui n’était pas le meilleur en montagne. Francesco Moser, qui était un bon rouleur mais qui ne faisait pas non plus la différrence par rapport à moi. Surtout, en montagne, j’étais supérieur à lui. Donc quand on connait tout ça, on en joue.

Au soir de la 19e étape, Saronni gagne une nouvelle fois et il reste trois jours de course. La dernière étape plate à Milan, l’avant-dernière, un chrono relativement court pas forcément suffisant pour combler votre retard, et la 20e étape, la dernière de montagne, celle du Stelvio. Que s’est-il décidé ce soir-là ?

« A l’époque on s’appuyait notamment sur la carte Michelin. Grâce aux chevrons dessinés dessus, vous savez exactement les pourcentages que cela représente, et à partir de là vous mettez les braquets. Par rapport à aujourd’hui, où ils vont faire des reconnaissances, nous on n’en faisait pas. On arrivait et on regardait la carte. »

– Bernard Hinault

Rien de particulier. Il fallait faire la course, mais surtout s’adapter aux circonstances de la course. On n’avait pas cette méthode de courir d’aujourd’hui où on met ses équipiers devant. Mais Jean-René (Bernaudeau), Bernard Becaas et Maurice le Guilloux sont partis devant dans une échappée, sachant qu’il y avait de la montagne derrière. Quand on les voit dedans on se dit c’est super, parce je sais que je vais attaquer dans la montagne, que je vais retomber sur eux et qu’ils vont me donner un coup de main.

Comment vous appréhendez alors la suite de l’étape ?

Je me suis dit que ce seraient des relais, et c’est ce qui s’est passé dans le Stelvio où je rattrape Jean-René presque au sommet. Puis on fait la descente et surtout les trente kilomètres de plat qui suivent jusqu’à l’arrivée, où on fait un beau numéro.

Vous connaissiez le Stelvio, vous l’aviez déjà monté avant la course ?

Pas du tout. Mais à l’époque on s’appuyait notamment sur la carte Michelin. Grâce aux chevrons dessinés dessus, vous savez exactement les pourcentages que cela représente, et à partir de là vous mettez les braquets. Par rapport à aujourd’hui, où ils vont faire des reconnaissances, nous on n’en faisait pas. On arrivait et on regardait la carte. Elle nous disait exactement ce qu’il en était, et puis on faisait avec.

Au début de cette étape, décisive pour la victoire finale, vous vous sentiez comment ?

Je me sentais très costaud. Avec ce que j’avais lu sur la carte, et l’histoire de ceux qui ont monté le Stelvio et qui en ont parlé, je me disais que cela allait bien se passer. C’était prévu d’attaquer à un endroit bien précis, presque à la moitié du col, puis de donner tout ce que j’avais dans les tripes pour pouvoir sortir tout le monde. Et tout le monde a été sorti sans trop de problèmes.

Vous rejoignez Jean-René Bernaudeau au sommet, et il reste encore 70 kilomètres. Vous avez deux minutes d’avance, qu’est-ce que vous vous dîtes ?

Bernard Hinault dans le Stelvio, avant de rejoindre Bernaudeau près du sommet – Photo DR

On ne se pose pas de questions, on y va. On sait que derrière, cela ne peut pas trop se regrouper car il y en a partout. Donc c’est chacun pour soi et Dieu pour tous. Surtout, quand quand je suis tombé sur Jean-René, il roulait super bien, et à deux on s’est super bien entendus pour aller jusqu’à la ligne.

Jean-René Bernaudeau a raconté, quelques années plus tard, qu’au début de la descente il vous avait dit : « Suis-moi, si je tombe, je crie et tu freines, si je dis rien, tu passes plein pot. » Ca s’est passé comme ça ?

(Rires) Il y avait un endroit où la montagne était toute écroulée. Donc ils avaient refait du granit, ce n’était même pas des cailloux. Je l’ai vu passer dedans plein pot, je me suis dit : « Il est fou, si jamais son pneu explose !? » J’ai levé un peu le pied, c’était une belle descente avec des tunnels, mais lui il n’avait pas peur. Dans cette partie, sur presque un kilomètre où il n’y avait plus de route, c’était un chemin de terre. Lui, il est descendu plein pôt là-dedans. J’avais pris un peu de recul au cas où s’il se casse la gueule, que j’ai le temps de réagir. Mais il fallait le suivre, il fallait descendre ensemble.

Dans cette étape du Stelvio, à quel moment comprenez-vous que vous allez gagner le Giro ?

A partir du moment où je lâche tout le monde dans le Stelvio. Je me dis là, maintenant, la partie elle est finie. On ne joue plus dans la même cour. On fait la différence et on voit qu’on reprend du temps encore et encore, car même les autres en se regroupant, je crois qu’ils se sont regroupés à deux ou trois, ils ne nous ont jamais repris le moindre centimètre. Devant, on était deux belles locomotives.

A l’arrivée de l’étape à Sondrio, les écarts sont énormes. Vous vous attendiez à en faire autant ?

On ne se pose pas la question quand on est sur son vélo et dans une épreuve comme le Giro. On prend le maximum de temps. On n’est pas là à calculer en se disant je vais lever le pied ou je vais en prendre beaucoup plus. Non, on fait au maximum de nos capacités.

Deux jours plus tard, vous gagnez votre premier Tour d’Italie. Comment est-ce que cette victoire a été accueillie par les Italiens ?

« J’ai eu l’occasion d’aller plusieurs fois au contrôle antidopage et il y avait deux cents mètres à traverser au milieu de la foule. Les gens vous touchent l’épaule du bout du doigt en disant « Oh campionissimo ! ». »

– Bernard Hinault

En Italie, quand vous gagnez, les Italiens disent : « Chapeau ! » Avant, ils sont un peu contre vous parce qu’ils veulent que ce soient leurs coureurs qui gagnent, mais si on les domine, et c’est ce que j’ai constaté tout au long de ma carrière, ils disent bravo. Ils reconnaissent qu’on est plus fort et dans ces cas-là, ils ne sont pas du tout contre vous.

Il n’y avait donc pas de rancunes de leur part. C’était du respect ?

C’était du respect, oui. J’ai eu l’occasion d’aller plusieurs fois au contrôle antidopage et il y avait deux cents mètres à traverser au milieu de la foule. Les gens vous touchent l’épaule du bout du doigt en disant « Oh campionissimo ! ». Ce sont des choses que je n’ai jamais vu en France. En France, on vous frappe sur le dos en vous disant bravo mais en Italie on vous touche du bout des doigts en disant presque « j’ai touché le bon Dieu ».

Il n’y a qu’en Italie que cela se passe comme cela…

Ah mais c’est… (Il se reprend) Pour moi, c’était ma deuxième patrie. Si je n’avais pas rencontré Bernard Tapie pour monter l’équipe La Vie Claire, je partais en Italie. Cela veut tout dire.

Ce Giro 1980, avec l’étape du Stelvio, diriez-vous que c’est l’un de vos plus grands exploits, à hauteur du Liège-Bastogne-Liège de la même année ?

Non, cela fait partie des événements dans une carrière. Pour moi, il n’y a pas une course qui sort plus qu’une autre. C’était une journée dans une carrière où tu t’exploses, tu te fais plaisir, mais de là à dire que c’est la plus grande des journées non. Cela fait partie de ce que tu as su faire. Pour celui qui n’aurait gagné que cette étape, il dirait c’est fabuleux. Mais pour le champion qui a gagné beaucoup de courses, pour lui c’est difficile d’en choisir une. Elles sont toutes belles. Ce sont tellement de bons moments quand on gagne le Tour de Lombardie, Paris-Roubaix, le championnat du Monde, Liège-Bastogne-Liège. Comment donner une priorité à une course ? Non, pas pour moi.

« Ca m’intéresserait d’être aujourd’hui coureur cycliste pour pouvoir tenter le triplé. »

– Bernard Hinault

Vous reparle-t-on souvent de cette victoire ou les personnes ont plus tendance à revenir sur vos autres grands succès ?

Ca dépend des moments. Là on en reparle parce que ça fait 40 ans. Souvent, c’est lié.

Vous reviendrez sur le Giro par deux fois, en 1982 et en 1985, pour vous imposer à chaque fois. Est-ce que le fait de l’avoir gagné en 1980 vous a facilité la tâche pour les fois suivantes ?

Non, non, cela n’a pas facilité la tâche. Les Italiens sont les Italiens.

Au contraire, cela a rendu ces victoires plus difficiles à obtenir ?

Non plus. Mais ce sont les mêmes circonstances que le premier. Le parcours est différent mais on se retrouve toujours avec les mêmes adversaires et on fait avec. On repart dans les mêmes conditions qu’en 1980. Il faut bien étudier le parcours, savoir qui on a en face, etc. On n’arrive pas comme ça en disant la vie est belle, non. Cela s’étudie avant, surtout les deux jours avant le départ.

Quel regard portez-vous sur le Giro actuel, quarante ans plus tard ?

C’est un petit peu comme le Tour. Ca a grandi, c’est hyper bien organisé. Un certain nombre de champions y participent, comme à notre époque, cela ne change pas grand chose. Beaucoup de gens disent qu’aujourd’hui on ne peut pas faire les deux grands tours parce que c’est trop dur. Je pense que ce n’est pas plus dur que pour notre génération. Je pense qu’aujourd’hui, ce serait même plus facile de s’attaquer aux trois grands tours du fait qu’il y a trois semaines voire un mois entre chaque grande compétition. En ayant un programme bien organisé, je pense que c’est faisable.

Pourquoi est-ce que les coureurs actuels ne tentent pas cela à votre avis ?

Il faudra leur demander… Ils ont l’impression que ce n’est pas possible, que c’est trop dur, que c’est ceci, que c’est cela. Moi je n’en suis pas persuadé. Ca m’intéresserait d’être aujourd’hui coureur cycliste pour pouvoir tenter le triplé.

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