Ce que le monde du vélo redoutait va arriver. Chris Froome s’apprête à courir le Giro alors que l’affaire du salbutamol n’est pas réglée : c’est tout ce que l’on voulait éviter. Un grandissime favori dans la tourmente, qui pourrait perdre son titre après coup, voilà ce que va donc nous offrir la course rose.

Là où il peut gagner le Giro : sur l’Etna

C’est la spéciale Froome : profiter de la première grosse étape de montagne pour prendre le maillot de leader, et si possible faire le trou au général avec ses adversaires. Sur les cinq grands tours qu’il a remporté, il a toujours procédé de la sorte. C’était flagrant à Ax-3-Domaines, à la Pierre-Saint-Martin et à Bagnères-de-Luchon, sur ses trois premiers Tours de France, un peu moins à la Planche des Belles Filles et à Andorre-la-Vieille, l’an dernier, lors de son doublé Tour-Vuelta, mais le résultat est le même : quand le Britannique prend les commandes de la course, il finit par l’emporter. Il n’a fait qu’une seule exception dans sa carrière, sur la Vuelta 2011, à une époque où il n’avait encore rien gagné et n’était qu’un ovni sorti de nulle part.

Sur ce Giro, même si c’est son premier, il n’y a donc aucune raison qu’il fonctionne différemment. Comme d’habitude, il aura une équipe très forte autour de lui, donc aucun problème à être leader de l’épreuve rapidement. L’arrivée au sommet de l’Etna, au bout de six jours de course, semble ainsi propice à une prise de pouvoir de Froomey. L’ascension est longue et raide, mais le garçon a prouvé ces dernières années qu’il pouvait être à l’aise partout, sur le Ventoux comme sur les miradors espagnols. Alors tous ses adversaires, à l’heure de ce premier gros rendez-vous, auront un œil sur lui. Mais le passé a montré que même lorsqu’il ne surprend personne, Froome peut faire de gros écarts.

Là où il peut perdre le Giro : face aux instances

C’est la question, insidieuse, qui va nous animer lors des trois prochaines semaines. Tout le monde se la posera, encore plus si Chris Froome réussit à se parer du maillot rose. Qu’adviendra-t-il de son résultat dans les prochaines semaines, les prochains mois ? L’UCI n’a toujours pas statué sur son cas, les avocats du Britannique continuent de travailler la défense de leur client et pour le moment, en dehors de quelques déclarations à droite à gauche, rien ne filtre. Sept ans après l’affaire Alberto Contador, vainqueur du Giro pendant la procédure sur son contrôle positif au clenbutérol, l’histoire pourrait bien se répéter. La décision, si elle va à l’encontre de Froome, viendra comme annuler les trois semaines de course qui nous auront été offertes en Italie.

C’est un scénario dont ne veut pas Mauro Vegni, l’organisateur. « Si Froome remporte le maillot rose, il en restera le vainqueur pour moi, même s’il est suspendu et disqualifié par la suite, déclarait-il il y a quelques semaines à Cyclingnews. Je ne vais pas enlever le nom d’un coureur du palmarès pour présenter le trophée et le maillot rose à un autre coureur un an après, comme nous avions dû faire après le cas Contador. » Et il en a remis une couche cette semaine. Problème, le choix de Vegni pourrait ne pas être celui de l’UCI voire même du TAS si l’affaire va jusque-là. Et il pourrait être le seul à considérer le Britannique comme vainqueur de son épreuve : illisible. Dans cette histoire, Froome doit donc gagner deux fois le Giro : sur la route puis dans les tribunaux.


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