C’est le dilemme qui va s’offrir à Cédric Vasseur dans les prochaines semaines. Lui qui au printemps avait durement piqué son sprinteur dans les médias, suivi par d’autres membres du staff, a finalement réussi en partie son coup. Bouhanni est redevenu compétitif, et il va devoir choisir s’il l’intègre à la sélection de juillet.

Il faut l’emmener par Robin Watt

La Route d’Occitanie a montré toutes les tensions qui pouvaient régner au sein de l’équipe nordique. Sur la première étape, Nacer Bouhanni et Christophe Laporte ont sprinté chacun de leur côté, l’habituel poisson-pilote jetant même son vélo sur la ligne pour tenter de remporter l’étape, qui sera finalement attribuée, à la photo-finish, à l’ancien champion de France. « C’est très compliqué au sein de l’équipe Cofidis, dira Bouhanni après l’arrivée. Il se passe des choses en interne que je n’ai pas vraiment envie de dire, je garde ça pour moi. » Difficile de dire si les tensions sont à leur paroxysme, mais elle sont, en tout cas, assez grandes pour perturber l’équilibre du groupe en course. Pourtant, ce qu’il s’est passé lors de ces quelques jours dans le sud de la France montre tout ce que Bouhanni peut apporter.

Même dans un environnement loin d’être idéal, il parvient toujours à gagner. Et même si Christophe Laporte est une solution de rechange loin d’être ridicule, Bouhanni reste un cran au-dessus : le sprint de Ségala Carmaux en a été l’illustration. Sur le Tour, c’est avec lui que Cofidis peut réellement espérer quelque chose. Cédric Vasseur veut attendre que passent les championnats de France pour faire sa sélection, offrant à son sprinteur vedette une nouvelle occasion de prouver sa valeur et sa forme actuelle, mais le garçon l’a déjà fait en grande partie ces dernières semaines. Le prendre, c’est donc, peut-être, altérer un peu l’ambiance qui régnera dans l’équipe si les relations internes ne sont pas apaisées. Mais le Tour n’est pas un camp de vacances, il faut y aller avec les meilleurs éléments.

Il ne faut pas l’emmener par Baptiste Allaire

Nacer Bouhanni est un excellent sprinteur, il n’y a aucun doute. Sur le talent brut, le Vosgien est supérieur à Christophe Laporte, l’autre sprinteur de la Cofidis. Seulement voilà, parfois, la meilleure équipe n’est pas constituée des meilleurs talents. Entre Bouhanni et son équipe, la tension semble s’être installée. Irrémédiablement ? La fin de l’aventure Bouhanni chez Cofidis ? Difficile à dire. Mais l’épisode de la Route d’Occitanie arrive seulement deux mois après les propos du manager de l’équipe Cofidis, Cédric Vasseur. « Il a besoin de travailler pour retrouver le niveau que l’on attend d’un leader, expliquait-il. J’attends de lui un comportement exemplaire. »

Depuis, l’ancien de la FDJ a cinq fois levé les bras. Mais cela suffit-il pour Cédric Vasseur ? En janvier, il annonçait des objectifs comptables élevés pour son équipe, mais voulait aussi redonner une image « sympa » de Cofidis. Mais le feuilleton Bouhanni ne redore pas le blason de l’équipe nordiste. Et si l’ancien champion de France est le meilleur sprinteur de son équipe, il n’a jamais connu le succès sur le Tour de France. La pression serait donc énorme sur les épaules du Vosgien. La Cofidis attend une victoire d’étape sur la Grande Boucle depuis maintenant dix ans. Elle ne peut pas se permettre d’arriver désunie sur le Tour. Si Nacer Bouhanni est réellement décrié au sein de l’équipe, se passer de lui est peut-être la meilleure solution pour un Tour de France serein côté Cofidis.

Selon vous, Cédric Vasseur doit-il sélectionner Nacer Bouhanni pour le Tour de France ?

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