La situation semblait critique il y a encore un mois. Les tensions étaient fortes et même pas discrètes, chez Cofidis. Mais finalement, Nacer Bouhanni a petit à petit relevé la tête. A quelques semaines du Tour de France, il ne s’est pas assuré d’être de la partie, mais s’est offert le droit d’espérer en montrant à ses dirigeants qu’il ne compte pas balancer cette saison.

Un coup de pression efficace

Le tournant a eu lieu début mai. Sur le GP de Francfort, où le sprinteur tricolore fait sa reprise après plusieurs semaines loin des courses, il abandonne et son comportement ne plaît pas. Quelques jours plus tard, il est au départ des Quatre jours de Dunkerque avec une pression folle. Comme s’il jouait son avenir sur cette course. « A moins qu’il nous donne des garanties dès la première étape, on ne va pas mettre une équipe entière à son service, disait alors à L’Equipe Alain Deloeuil, directeur sportif de Cofidis. Je pense qu’il a conscience qu’il n’a rien prouvé cette année, qu’il n’a pas encore la caisse ni le fond. J’espère aussi qu’il n’est pas venu pour pourrir l’ambiance. Ça, je ne pourrais pas l’accepter. » Le ton était donné, le droit à l’erreur n’existait pas. « J’espère qu’il sait qu’il joue sa place sur le Tour et qu’il est motivé », ajoutait Deloeuil. Tout le monde était prévenu.

Heureusement pour lui, Bouhanni a alors réussi à rassuré. Vainqueur d’une étape, le minimum syndical pour lui, il s’est donné un peu de temps, encore, pour montrer qu’il méritait sa place sur le Tour. Pendant que Christophe Laporte a continué de prouver qu’il pouvait être une alternative crédible, vainqueur en Belgique et au Luxembourg, l’ancien champion de France n’a pas relâché la pression. Sur le GP Marcel Kint puis par deux fois sur les Boucles de la Mayenne, il a levé les bras et rassuré ses dirigeants. Certes, la concurrence était relative, bien loin de celle qu’il aura à affronter en cas de participation à la Grande Boucle. Mais sur ces courses-là, on ne pouvait pas lui demander davantage que de gagner, et il l’a fait. A partir de là, il n’a rien à se reprocher et peut espérer faire partie du voyage pour la Vendée, début juillet.

Un retour progressif

Sincèrement modeste, ce week-end en Mayenne, Bouhanni a donc pesé ses mots au moment de parler de la grande messe de l’été, conscient qu’il n’avait rien acquis. « En ce qui concerne le Tour de France, je suis cycliste professionnel, je me contente de bien faire mon métier, ce n’est pas moi qui prends ce genre de décision », concédait-il à la chaîne L’Equipe. Les mots très durs de Cédric Vasseur, durant l’hiver puis de nouveau en début de saison, ont semble-t-il remis les choses en place. Nacer Bouhanni est le leader naturel de Cofidis, mais pas le manager. Il se dit pas encore au top, sans doute à 90 %, mais persuadé d’être sur la bonne voie. Ses victoires en tout cas, une fois sur une étape accidentée qui était loin de lui être destinée, et le lendemain au terme d’un sprint au départ mal engagé, témoignent d’un état d’esprit retrouvé. Savoir s’il sera sur le Tour est encore difficile à prévoir, mais le Français, pour sûr, a au moins installé le doute dans l’esprit de Cédric Vasseur.

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