Chaque jour qui passe met un peu plus la saison entre parenthèses. Après les annulations des courses italiennes du mois de mars, c’est tout le reste du calendrier européen qui saute petit à petit. La France, la Belgique et l’Espagne n’accueilleront quasiment plus de courses d’ici avril, Paris-Nice n’ira pas à son terme et le Giro est au mieux reporté.

Le mois de mars à l’entraînement

Christian Prudhomme, dans la semaine, avait assuré que Paris-Nice se disputerait dans des conditions quasi normales. Il manquait des équipes au départ et des spectateurs un peu partout, mais à part ça, la course ne devait pas être chamboulée plus que ça. Finalement, l’optimisme a laissé place au pragmatisme : l’étape de Nice, dimanche, est annulée, et on se demande ce qu’il adviendra de celle de samedi, qui se termine à La Colmiane, où doit se dérouler la vraie bagarre entre les grimpeurs qui décidera du classement général. Voilà à quoi en est réduit le mois de mars, amputé de toutes les autres épreuves World Tour du calendrier. « Nous n’avons pas notre place sur un vélo en ce moment alors que tout le monde fait des efforts pour endiguer la propagation du virus », confesse Romain Bardet à L’Equipe, après n’avoir pas compris, déjà, que la course soit partie ce vendredi.

Mais en vérité, il n’y a plus que sur Paris-Nice qu’on se pose des questions. Partout ailleurs, on annule. Après les Strade Bianche, Tirreno-Adriatico et Milan-Sanremo, la liste s’est allongée. Le Tour de Catalogne, La Panne, le GP E3, Gand-Wevelgem, A Travers la Flandre, aucune de ces épreuves n’aura lieu. Et au niveau inférieur, le calendrier n’a rien de plus réjouissant puisque seulement quatre courses se dérouleront – selon le décompte actuel, qui pourrait encore diminuer – d’ici à la fin du mois de mars, en Europe. Une nouvelle fois, c’est la France qui semble la moins alarmée puisque sont maintenus, pour l’heure, Paris-Troyes et la Classic Loire Atlantique. En dehors de nos frontières, il ne reste que le GP Méditerranéen et le GP Justiniano Hotels, tous les deux en Turquie. A l’heure où la saison rentre habituellement dans sa phase la plus intense, pour ne plus baisser le pied jusqu’à la fin de l’été, le vide est grand. Jusqu’à se demander à quoi ressembleront nos bilans, dans huit mois.

Presque plus de classiques, pas de Giro

Parler d’une fin de saison aujourd’hui serait prématuré. Mais Paris-Nice ne sera-t-il pas le dernier grand évènement de l’année cycliste ? Aura-t-on la chance d’assister à quelques classiques flandriennes ? Aux ardennaises ? Après le Russe Dmitry Strakhov et le Colombien Fernando Gaviria, l’Argentin Maximiliano Richeze a confirmé avoir été testé positif au coronavirus. Les cas se succèdent, le calendrier se vide et les décisions tombent de plus en plus rapidement. Dans la matinée, RCS annonçait annuler d’ores et déjà les trois premières étapes du Tour d’Italie. Quelques heures plus tard, c’est la course dans son entièreté qui est mise entre parenthèses. Mauro Vegni, le directeur de l’épreuve, imagine pouvoir reporter la course rose à une autre date. Mais pour cela, il faudrait d’abord réussir à endiguer l’épidémie, puis recaser tout le calendrier d’une année en seulement quelques mois. Tout sauf une évidence, surtout si les annulations continuent et viennent à toucher, par exemple, le Tour de France. Voici la saison en suspens comme jamais.

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