Solide maillot rouge, Simon Yates n'a jamais vraiment semblé menacé, ces derniers jours, et fait ainsi oublier son Giro d'il y a quelques mois - Photo Luis Angel Gomez
16 septembre 2018
Par  Robin Watt 
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Cette fois, c’est bon

Presque quatre mois après un Giro perdu à quarante huit heures de l’arrivée, Simon Yates tient sa revanche. Sans jamais trembler lors des dix derniers jours de course, il a profité de cette Vuelta pour décrocher sa première victoire sur trois semaines. Le voilà entré dans le club des cadors. Celui dont beaucoup lui refusaient l’accès au mois de mai.

Le Giro, de l’histoire ancienne

Pour le Britannique, 2018 aura donc été la saison où tout est devenu possible. Où il est passé de grimpeur correct, toujours à la recherche d’un premier top 5 sur un grand tour, à terreur du peloton, capable de mettre à mal les Froome, Dumoulin, Pinot, Quintana, Valverde et pas mal d’autres. Ça n’a pas plus à tout le monde et une partie des observateurs, au printemps, le regardait voler sur le Giro avec un arrière goût plutôt amer. Tout cela était-il bien raisonnable ? Sa défaillance, dans le sprint final, a comme rassuré les sceptiques. Simon Yates était redevenu humain aussi vite qu’il était devenu, pour ses pires détracteurs, une menace pour le cyclisme. L’intéressé, lui, n’a jamais vraiment pris le temps de s’épancher sur le sujet. Trop occupé à apprendre de ses erreurs. Parce qu’il vient de la piste, où il a appris à quel point les détails font la différence. Et qu’il n’était pas question de se planter deux fois de suite.

Que lui s’en persuade était donc une chose, mais ces trois dernières semaines, il a convaincu tous les observateurs que ce Giro avait fait de lui un coureur différent. Toujours aussi agressif, parce que dès la quatrième étape de cette Vuelta, quand les autres se regardaient, lui pensait à aller grappiller quelques secondes et marquer son territoire. Mais plus réfléchi, aussi, comme lorsqu’il a accepté de laisser filer le maillot rouge l’espace de deux jours, quand c’était encore possible, pour relâcher un peu la pression qui pesait sur lui et son équipe. « J’ai réussi à rester calme dans les moments où c’était nécessaire », disait-il samedi soir après avoir terminé la dernière étape de montagne sans problème. Il n’y a pas grand chose à dire, en fait, sur sa gestion de la course. Il venait pour gagner, en connaissant la recette de l’échec mais pas encore celle de la victoire. Désormais, il connait les deux et ça le rend bien plus dangereux.

Historique pour les « Brits »

A la façon de Tom Dumoulin, qui avait mis définitivement derrière lui une Vuelta perdue sur le gong en ramenant le maillot rose un an et demi plus tard, Simon Yates vient de ranger le dernier Giro dans un placard qui à chaque fois qu’il s’ouvrira, laissera aussi entrevoir sa victoire à Madrid. Il l’a simplement fait encore plus rapidement que le Néerlandais, preuve qu’il n’a eu aucun mal à se remettre en question pour trouver les clés du succès, mais aussi qu’il était sans doute déjà près, au mois de mai, et que ce sont d’infimes détails qui ont fait pencher la course du mauvais côté. Mitchelton-Scott, qui courait après un grand tour depuis plusieurs saisons, misant parfois sur Chaves, parfois sur les frères Yates, vient donc enfin de trouver l’ouverture, après deux podiums pour le Colombien, en 2016, une quatrième place d’Adam sur le Tour en 2017 et l’épisode du Giro, donc, pour Simon, en 2018.

Mais ils ne sont pas les seuls à arborer un immense sourire, ce dimanche. C’est tout le vélo britannique, en réalité, qui rayonne. Chris Froome sur le Giro, Geraint Thomas sur le Tour et Simon Yates sur la Vuelta, tous les grands tours, cette saison, sont revenus à des coureurs du Royaume. Une performance rare. L’Espagne avait fait aussi bien en 2008 (Contador et Sastre) et la France en 1964 (Anquetil et Poulidor), ce qui fait très peu de précédents. Mais jamais un pays ne l’avait fait avec trois coureurs différents. Quand on se rappelle où étaient les Britanniques il y a quelques années… En 2005, Charly Wegelius était ainsi le premier anglais sur le Giro et la Vuelta (46e et 60e), alors qu’il n’y en avait aucun sur le Tour. Quelques semaines après l’avènement de Thomas, déjà bien trentenaire, celui qui portera sans doute davantage les couleurs britanniques, ces prochaines années, a donc lui aussi marqué son territoire. En patron.

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chris83
chris83

Qui vivra verra. Le cyclisme US avait lui aussi gravi les sommets, en grande partie de la façon douteuse que l’on sait. Aujourd’hui, un malheureux unique coureur dans le Top 100, et plutôt en fin de liste ( van Garderen).
Les britanniques sont 4 dans ce top 100: que des cadors, Froome, Thomas, les deux Yates. Derrière pas grand chose. deux équipes disparaissent, Condor et Aqua Blue. On verra si ce cyclisme british s’inscrira dans la durée comme les australiens l’on fait, fera le yoyo comme les allemands ou retombera dans un certain anonymat comme les US.