Le vélo vous avait manqué ? A nous, oui. Mais nous y voilà, à la reprise. Scotchés dans notre canapé pour admirer le Tour de Burgos. En attendant la suite, un programme gargantuesque qui tentera de compenser le manque des derniers mois. Cette saison sera particulière. Mais elle vaudra le coup.

Combler le manque

Un gamin de 20 ans qui se nettoie l’épaule, les lèvres retroussées, au moment de célébrer sa sixième victoire de la saison en quinze jours de course seulement, et voilà que le monde du cyclisme s’emballe à vitesse grand V. La preuve que le vélo nous a manqué. Il y avait besoin de courses, de résultats, de débats voire de polémiques et certains ont sauté sur la première mini-occasion. Ils n’auront pas l’énergie pour poursuivre bien longtemps tant il est écrit que les victoires de Remco Evenepoel vont s’enchaîner dans les prochaines années. Le Belge, dont on ne sait toujours pas s’il est un rouleur, un puncheur ou un grimpeur, puisqu’il gagne désormais en altitude, continue d’impressionner à peu près tout le monde, jusqu’à ce que les plus pessimistes s’inquiètent pour le suspense futur du cyclisme. Heureusement, est-on tenté de dire, on peut compter sur Mathieu Van der Poel, Egan Bernal ou Tadej Pogacar pour que la pépite belge ne rafle pas complètement tout.

Mais les discussions, rapidement, devrait s’éloigner d’Evenepoel, qui n’est – pour le moment – pas prévu par son équipe sur le Tour de France. Très vite, les yeux vont donc être rivés sur la Route d’Occitanie, où reprendront notamment Egan Bernal, Chris Froome, Thibaut Pinot et Romain Bardet. Puis sur les Strade Bianche, où seront alignés Julian Alaphilippe, Peter Sagan et Vincenzo Nibali. Tout va vite, très vite. Dans un peu plus d’une semaine arrivera déjà le premier monument, Milan-Sanremo, et dans moins d’un mois, ce sera le départ du Tour de France à Nice. Cette saison promet d’être un condensé, fou et inhabituel, où les certitudes des saisons précédentes ne peuvent qu’être bouleversées. Depuis quatre mois, voire davantage pour certains, l’entraînement se fait chacun dans son coin, sans compétition pour se jauger. Les niveaux de forme, c’est couru d’avance, seront hétérogènes.

A un rythme effréné

Par chance, certains auront quelques semaines pour se rôder avant leur objectif. Mais un vainqueur surprise, dans huit jours sur la via Roma, n’est pas du tout à exclure. Qui a véritablement 300 kilomètres dans les jambes, aujourd’hui ? Personne ne le sait vraiment. Dans le Poggio, il faudra garder un œil sur tout le monde et pas seulement sur deux ou trois favoris. Alors pour nous, suiveurs, la situation a quelque chose de délicat. Tout est extrêmement difficile à analyser, à commenter, à débattre. Quand il est difficile, en temps normal, d’avoir des certitudes, c’est devenu complètement impossible. S’aventurer à des pronostics ressemble à tirer un nom au sort dans une liste de participants. Mais c’est aussi ce qui va rendre les trois prochains mois terriblement excitants. Le vélo est un sport traditionnel, où les calendriers figés sont la norme. On ne dit pas qu’on signerait pour un tel chamboulement tous les ans, mais voir les cartes rebattues de la sorte, juste pour une saison, nous met l’eau à la bouche.

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