A quelques jours du Tour, l'incertitude autour de BMC n'est pas idéale pour Richie Porte, ici sur le Dauphiné 2017 - Photo ASO
29 juin 2018
Par  Robin Watt 
pub Grupetto Shop

BMC, ça sent la fin…

On a connu meilleure façon d’aborder le Tour, surtout quand on ambitionne de le remporter. Mais c’est un problème inhérent au cyclisme : faute de sponsoring, l’équipe BMC de Richie Porte et Greg Van Avermaet pourrait baisser pavillon dès la fin de cette année.

Délicat à tous les étages

« C’est le moment critique », disait Richie Porte fin avril à propos de l’avenir de l’équipe BMC. « Non, ce n’est pas le moment critique, rétorquait le manager général Jim Ochowicz une semaine plus tard. Peut-être que pour certaines personnes ça l’est, mais pas pour moi. […] Nous n’avons pas de deadline (pour annoncer un nouveau partenaire). » Autant dire que c’est un joyeux bordel, en ce moment, chez BMC. A peu près tous les leaders ont été annoncés à droite à gauche, que ce soit Tejay Van Garderen, Rohan Dennis, Richie Porte et bien sûr Greg Van Avermaet. « D’après ce que j’entends, il y aurait un budget modeste pour garder quelques coureurs, mais ce n’est certainement pas suffisant pour conserver l’équipe actuelle », disait le Belge au Het Nieuwsblad il y a une dizaine de jours. Une incertitude pas idéale à moins de dix jours de prendre le départ du Tour, que certains devraient tenter d’utiliser comme une vitrine pour se vendre ailleurs.

Parce que plus les jours passent, plus le destin de l’équipe américaine semble se sceller. Dans une période déjà compliquée, marquée par le décès d’Andy Rihs, le grand patron de BMC, Marc Biver, homme d’affaires en charge du sponsoring chez Tag Heuer un temps pressenti pour reprendre l’équipe et remplacer Jim Ochowicz dans le rôle de manager, n’a pas caché qu’il travaillait désormais sur d’autres projets. « Je peux simplement confirmer que je suis en train de mettre en place une nouvelle équipe, mais qui n’est pas la suite de BMC, a-t-il confié ce vendredi au journal luxembourgeois Wort. Je ne sais pas ce que BMC deviendra mais ce n’est pas ou plus mon problème. » Cinglant. Biver n’a pas souhaité en dire plus, notamment sur les potentiels coureurs qui rejoindraient son équipe et sur la division dans laquelle il voudrait évoluer. Mais il n’a pas fallu beaucoup de temps pour qu’on lui prête l’intention de piocher dans l’effectif actuel de BMC.

Un mois de juillet décisif

Le Luxembourgeois Jempy Drucker, notamment, serait dans les petits papiers de Biver. Tout comme Greg Van Avermaet. Le Belge sera l’une des attractions du mercato à venir. Lors de Tirreno-Adriatico, il avait publiquement déclaré qu’il attendrait jusqu’à la fin du mois de juillet pour voir si BMC trouvait une solution, et que sa priorité irait de toute façon à l’équipe américaine. Mais on y arrive, et rien n’a vraiment bougé. « Je vais pas vous mentir, c’est un peu stressant », disait l’autre leader Richie Porte à Cyclingnews, fin avril. Et ça ne risque pas d’aller en s’améliorant. Le Tour de France, où beaucoup de transferts se font, sera l’opportunité pour les coureurs de BMC d’assurer leurs arrières et de signer un contrat pour l’an prochain. En dehors d’un Van Avermaet qui trouvera quoi qu’il arrive – et qui a même déjà, sans doute, plusieurs solutions de repli -, il n’est pas certain que les autres prennent le risque d’attendre encore plus longtemps.

pub Grupetto Shop

3
Poster un commentaire

avatar
3 Threads de commentaires
0 Réponses
0 Followers
 
Commentaire suscitant le + de réactions
Thread le + chaud
3 Auteurs de commentaire
DomdeLyonchris83Ach Auteurs de commentaire récent

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S'abonner  
Me prévenir
Ach
Ach

Que beaucoup de choses se jouent en marge des championnats de France par exemple, je le comprends, quasi tout le cyclisme français est réuni quelques jours au même endroit, beaucoup veulent boucler la suite avant le Tour pour avoir l’esprit libre, ok…

Mais que pour BMC et beaucoup d’autres (Français compris), il y ait autant de choses qui se jouent au Tour, là ça me dépasse ! Comment peut-on être à 100% sur une course aussi exigeante mentalement et en même temps ne pas avoir fixé son avenir, s’en occuper avant ou après les étapes, pendant les jours de repos etc. ?
Comment croire que ça ne nuit pas à la performance, pour les grands coureurs; mais aussi par exemple pour les équipiers dévoués pour… un futur concurrent ?

chris83
chris83

Je suis cynique. Si Bmc disparait et que l’UCI qui parlait de réduire à 16 le nombre d’équipes World Tour ne la remplace pas, ce sera tout bénéfice pour les continentale pro qui bénéficieront d’une invitation supplémentaire. Par exemple cela ouvrirait les portes du Tour 2019 à Vital Concept, à condition qu’ils se renforcent quand même un peu!

DomdeLyon
DomdeLyon

En quelque sorte, si je comprends bien, « un mal pour un bien » ou « le malheur des uns qui ferait le bonheur des autres »… C’est quand même la fin annoncée d’une sacrée équipe, avec de sacrés coureurs, victime de la loi de l’argent roi qui décide de tout et surtout du sort des hommes sans beaucoup s’en soucier ! Ne nous inquiétons donc pas trop pour ceux qui n’auront pas de mal à trouver une équipe… Ils sont d’ailleurs déjà quelques-uns à avoir l’esprit tranquille pour les années qui viennent et je ne vois pas en quoi cela va perturber leur Tour de France ???!!! C’est surtout insupportable et terrible pour ceux qui n’auront pas cette chance ou qui sont dans l’inconnu pour l’instant (coureurs et « staff ») !…