Sur un chrono où il espérait reprendre le maillot rose, Tom Dumoulin n’a finalement opéré qu’un simple rapproché. Pointé à 56 secondes d’un toujours aussi épatant Simon Yates, il est l’ultime menace pour le Britannique. Et pourtant, ses chances semblent déjà réduites comme une peau de chagrin.

Il y a encore un espoir par Robin Watt

Rappelez-vous il y a deux ans. A l’époque, déjà, à trois jours de l’arrivée, le maillot rose est un garçon qu’on n’attend pas à cette place – Steven Kruijswijk – et le grand favori – Vincenzo Nibali – est pointé en retrait. Les écarts étaient même considérables : le Néerlandais avait un matelas de trois minutes sur son premier poursuivant, Esteban Chaves, et pas loin de cinq sur l’Italien. Mais tout a basculé sur une étape où le garçon a été poussé à la faute. Leader du général le matin, troisième le soir. Les cinquante-six secondes qui séparent aujourd’hui Yates de Dumoulin, en comparaison, paraissent donc dérisoires. Le Néerlandais ne le sait que trop bien, lui qui l’an dernier vers Bormio avait perdu plus de deux minutes sur ses principaux adversaires à cause de problèmes gastriques qui étaient d’abord la faute à pas de chance.

Pour Yates, qui va devoir affronter encore trois grosses étapes de montagne, le droit à l’erreur est évidemment proscrit. Mais le garçon n’a même pas le droit à la malchance. Tom Dumoulin assure que l’arrivée à Prato Nevoso, jeudi, lui convient parfaitement, et l’enchaînement de cols, le lendemain vers le Jafferau, pourrait poser quelques soucis à Simon Yates. Mais ces prédictions, si elles devraient ravir le clan du Néerlandais, se heurtent surtout à la réalité du terrain depuis plus de deux semaines : quand la route s’élève, sur ce Giro, personne n’est vraiment capable de bagarrer avec l’actuel maillot rose. Pour Dumoulin, l’espoir est donc mince, mais repose sur deux points : il faudra pousser son rival à la faute plutôt qu’espérer être plus costaud que lui en montagne, ou bien espérer que la poisse s’en mêle.

Il n’y a plus d’espoir par Baptiste Allaire

Cinquante-six secondes, a priori, ce n’est rien d’insurmontable. Et pourtant, le rêve du retour gagnant du Néerlandais après sa victoire l’an dernier s’éloigne de jour en jour. Il ne lui reste désormais plus que cinq étapes pour renverser la situation, dont trois de montagne. Si encore il était le plus fort, l’espoir serait permis. Mais ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, Dumoulin n’a pas été impérial : il n’a terminé que troisième, avec seulement 1’15 reprise sur le maillot rose en 34 kilomètres… Loin du compte espéré avant l’étape. Alors comment envisager de remporter ce Giro, alors que depuis le départ d’Israël, il subit la course ? En montagne, le leader de Sunweb n’a jamais gagné du temps sur Yates. Il a seulement pu limiter la casse face à Pinot et Pozzovivo.

Dumoulin tombe-t-il simplement sur plus fort que lui ? Yates vole et étonne. Mais le Néerlandais n’est pas à son mieux. Jamais il n’a semblé en capacité de prendre la course à son compte. Rarement les Sunweb se sont placés devant le peloton pour lancer l’offensive, et c’est désormais la seule option qui reste au tenant du titre pour prendre le maillot rose. Attendre une éventuelle défaillance de Yates vendredi sur les pentes du Finestre paraît voué à l’échec. Le Britannique a les épaules solides. Non, Dumoulin ne peut compter que sur lui-même. Après ce chrono, le Papillon de Maastricht s’attendait à – comme il a l’habitude – devoir gérer ses adversaires. Aujourd’hui, pour gagner, Dumoulin devra attaquer, sur un terrain qui n’est pas le sien.

D'après vous, Dumoulin a-t-il encore une chance de ramener le maillot rose à Rome ?

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