Au revoir le record d’Erik Zabel, adieu le maillot vert, sayonara les victoires d’étapes, zbohom le Tour de France. Peter Sagan a été exclu pour son mauvais geste sur Mark Cavendish. Sanction méritée ?

Méritée par Theo Sorroche

« Qu’il fasse un écart, passe encore, lâchait Cavendish à l’arrivée. Mais le coude… Ça ne me plaît pas qu’il ait mis son coude comme cela. Une chute est une chute. Mais j’aimerais avoir des explications concernant le coude. » Nous aussi, Mark, nous aimerions savoir ce qu’il s’est passé dans la tête de Peter Sagan au moment de littéralement jeter son coude sur ton épaule. Comme tout génie, Sagan a eu un moment d’absence. Comme Zinédine Zidane pendant la finale de la Coupe du Monde 2006, le Slovaque a perdu les pédales alors qu’il semblait maître de la situation. Impérial hier, tyrannique aujourd’hui lorsqu’il a refusé d’être dépassé par le Cav’, Sagan illustre à lui seul la mince frontière entre le sommet et l’abîme.

Il s’y est jeté seul, et la décision des commissaires est la bonne. Ce genre de geste ne doit pas gangrener le vélo, même si c’est sa superstar qui doit souffrir la conséquence de l’exemplarité. Aujourd’hui, le cyclisme a pris un coup avec l’exclusion de son icône du Tour, mais il a redoré son image de probité exemplaire. Il y a vingt ans on hésitait à suspendre un contrôlé positif, aujourd’hui on exclut le phénomène médiatique du peloton. La décision ne s’imposait pas, elle a été prise quand même et c’est une bonne chose.

Imméritée par Baptiste Allaire

Évidemment, le geste de Peter Sagan est regrettable, et n’a rien à faire dans le monde du vélo. Mais exclure ainsi le champion du monde, n’est-ce pas une décision abusive ? La première sanction – déclassement, 30 secondes de pénalité et retrait de en vue du maillot vert – semblait plus appropriée à un geste presque naturel, dans le sens où Sagan n’a pas réfléchi. Juste après l’arrivée, le vainqueur d’étape de la veille a d’ailleurs directement filé vers le bus des Dimension Data pour présenter ses excuses.

Oui, le geste est condamnable, mais il ne faut également pas oublier la part de responsabilités de Cavendish, qui essaye de trouver un passage là où il n’y en avait pas. Une polémique regrettable que les antécédents dans l’histoire du Tour ne justifient pas : on peut par exemple penser à un sprint litigieux de Mark Cavendish lui-même à Saint-Malo, qui avait donné un coup d’épaule bien plus réfléchi sur Tom Veelers. Le Cav’ n’avait alors pas été exclu, et avait à l’époque reçu le soutien… de Sagan en personne. Alors oui, il fallait punir Sagan, mais cette exclusion laisse un goût amer.

L'exclusion de Sagan est-elle logique ?

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