Il ne se passait rien. Un seul échappé, un sprint massif en préparation, bref une étape plate et ennuyeuse comme il y en a tant pendant les premières semaines du Tour. Puis, les coureurs ont entamé le dernier kilomètre et la course s’est enflammée. Une première chute a emmené le maillot jaune à terre. Puis les sprinteurs se sont départagés virilement. Trop virilement.

Quelle chute !

Arnaud Démare a décroche sa première étape sur le Tour. Il devient le premier français à remporter un sprint dans la Grande Boucle depuis onze ans. Une éternité.. Malheureusement, la victoire du tricolore n’est pas l’événement du jour. Non car dans l’emballage final, derrière le Français, impérial, un énorme carambolage a envoyé Mark Cavendish et John Degenkolb au sol. En cause, un coude trop décollé de Peter Sagan et la folie pure du Britannique qui a essayé de passer dans un trou de souris qui se refermait devant lui.

Alors que Démare s’envolait en l’absence de Marcel Kittel, gêné par la première chute, démontrant ainsi qu’il est bien le sprinteur le plus puissant du peloton avec l’Allemand, la lutte a tourné à la catastrophe. Mark Cavendish, dont l’imprudence est la marque de fabrique, a tout essayé pour remporter son premier bouquet de l’année sur le Tour. Il est cette fois tombé sur un os, Peter Sagan. Le quintuple maillot vert a refusé de freiner et de laisser passer son rival. Pire, le Slovaque a fait une petite vague et a laissé partir son coude sur Cavendish, qui a terminé sa course contre les barrières. Le Britannique, touché à la clavicule, est désormais à l’hôpital pour faire des tests. Son comportement devant les médias rassurait, mais il est difficile d’être optimiste. Un membre du staff de Dimension Data expliquait que son leader irait passer des radios ce soir.

Sagan coupable ?

Difficile de désigner un coupable même si le geste de Sagan sera forcement retenu contre lui. À 70 kilomètres à l’heure, rien de tel n’est vraiment pardonnable. Mais un autre geste l’a peut-être sauvé d’une sanction trop lourde. Le double champion du monde est venu prendre des nouvelles de Mark Cavendish, l’un de ses plus grands adversaires. Pour l’instant, il n’écope que d’un déclassement et de trente secondes de pénalité. John Degenkolb, qui avait mis du temps pour revenir à un bon niveau, est retombé lourdement aujourd’hui. Roulant même sur le Cav’ dans la panique générale des 500 derniers mètres.

C’était pourtant écrit, la saison de Cavendish avait été pourrie par une mononucléose. Mais il semblait de retour presque au top sur ce Tour, quatrième à Liège et présent dans le sprint final aujourd’hui à Vittel. Alors du côté de Dimension Data, l’animosité était palpable contre Sagan à l’arrivée. « Si j’étais Peter Sagan, je m’excuserais pour ça », assénait Roger Hammond, le directeur sportif de l’équipe sud-africaine, au pied du bus. Reste à voir si les sanctions initiales seront modifiées. Une chose est sûre, la première victoire d’un Français dans un sprint depuis des années restera dans les anales. Mais elle passe aussi presque au second plan.

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