Vainqueur d'une nouvelle étape sur le Tour et surtout actuel 3e du général, Primoz Roglic se fait une place parmi les candidats, dans le futur, au maillot jaune - Photo ASO / B. Bade
28 juillet 2018
Laruns
Par  Robin Watt 

Relax comme Roglic

Dans une course asphyxiée par les schémas préétablis, Primoz Roglic est une respiration nécessaire. Une belle gueule qui n’a peur de rien, ni des cols ni des descentes, qui attaque beaucoup et souvent à bon escient, et qui devrait terminer sur le podium du Tour de France, demain sur les Champs-Elysées.

Sans l’ombre d’une inquiétude

A Lourdes, hier matin, le nom de Primoz Roglic commençait à résonner différemment d’il y a quelques jours. Les Pyrénées sur le point de se terminer, tout le monde avait compris que le Slovène serait un sérieux prétendant au podium. S’il n’avait pas craqué jusque-là, ça n’allait pas venir dans ces trois dernières étapes, dont une arrivée en descente et un chrono qui semblaient lui convenir. Chez Sky, le maillot jaune presque acquis avec Geraint Thomas, on pensait donc au podium de Chris Froome, menacé. « Oui, on a peur de Roglic, disait d’abord Nicolas Portal, avant de se reprendre. Enfin peur, ce n’est peut-être pas le mot, mais on se méfie. » Être conscient du danger n’a pas suffi. A Laruns, après pas mal d’attaques dans l’Aubisque et surtout une descente vertigineuse, le Slovène a ravi au Britannique la troisième place du classement général, et on voit mal comment la hiérarchie pourrait s’inverser de nouveau, ce samedi sur le chrono.

Parce que Roglic, jour après jour, a su rassurer ceux qui doutaient de lui. « On savait qu’il était capable de faire de bons résultats au général, mais on ne savait pas s’il pouvait le faire sur trois semaines, résume son coéquipier Robert Gesink, très précieux ce vendredi. Maintenant, on est à peu près sûrs qu’il peut (rires). » Très confiant, le principal intéressé, lui, n’a jamais vraiment douté. Peu bavard et peu souriant, diront certains sans que l’on puisse complètement leur donner tort, celui qui a remporté cette saison les Tours du Pays Basque et de Romandie n’a jamais caché, non plus, à quel point il espérait beaucoup de cette première expérience comme leader sur le Tour. Dans les Pyrénées, bien que devancé par Froome, il a commencé à évoquer le podium. « Relax », comme disent Gesink mais aussi Richard Plugge, manager de l’équiper néerlandaise et aux anges, vendredi soir à Laruns, tout heureux de répondre successivement aux médias qui venaient le solliciter.

Futur favori

« Personne ne l’imaginait capable d’arriver en troisième semaine sans avoir un seul jour sans, rappelle Gorazd Stangelj, directeur sportif slovène de l’équipe Bahrain et qui connaît bien le bonhomme. Il est en train de progresser. Cette semaine, il était le plus fort avec Thomas. » Il a aussi été le plus entreprenant. A Mende puis dans le col du Portet, c’est lui qui a lancé les hostilités, avec réussite la première fois. Dans l’Aubisque, encore, il s’est levé sur ses pédales à plusieurs reprises, avant de faire la différence dans la descente. Sur les étapes de montagne, il est après Tom Dumoulin celui qui a concédé le moins de temps au maillot jaune : 50 secondes en tout – contre 27 pour le Néerlandais. Sa place sur le podium, actuellement, est donc d’une logique implacable. Et avant le chrono, son petit matelas de 13 secondes d’avance sur Chris Froome a de quoi le rendre confiant. « C’est un garçon qui sait ce qu’il fait », confirme Gesink.

Si Primoz Roglic (prononcez « Primoj ») appelle logiquement à la prudence, déjà rôdé aux éléments de langage que doit utiliser un coureur de son standing, la forme de Froome, ces derniers jours, n’a pas de quoi l’inquiéter outre mesure. Le momentum est coté slovène. Chez Lotto-NL, qui l’a recruté sur les conseils du manager d’Adria Mobil, ami de certains dirigeants néerlandais, on se frotte donc les mains. « Jouer le général sur trois semaines, c’était une grande aventure et Primoz l’a parfaitement gérée », dit Plugge. Le garçon de 28 ans fait-il mieux que prévu ? « Oui, répond le manager. Parce que vous ne pouvez rien attendre de quelqu’un qui n’a jamais joué le général sur un grand tour. » Quelques mètres plus loin, Matthew White, manager de Mitchelton-Scott, résume l’ascension de phénomène : « Il fait une grande saison. Mais jusqu’à ce que vous le fassiez, on ne voit en vous qu’un potentiel. » Tout a changé, désormais. Le monde entier voit en Primoz Roglic un futur candidat au maillot jaune.

Tour de France
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