La veille de Milan-Sanremo, alors que les suiveurs tentaient désespérément de lister tous les prétendants, il y a un coureur dont on ne savait pas grand chose, mais qu’on sait toujours présent sur les plus grandes courses du calendrier : Peter Sagan. Après une saison 2020 poussive, le Slovaque affirme qu’il peut encore gagner et sa quatrième place ce samedi sur la Via Roma confirme ses espoirs.

Touché par le Covid, trois semaines de préparation envolée

Sa préparation a été mise à mal par la pandémie de Covid-19, puisqu’il l’a contractée lors du premier camp d’entraînement aux Canaries, tout comme son frère Juraj et Erik Baska, fin janvier. Placé à l’isolement pendant dix jours, il n’a pas présenté de symptôme grave de la maladie hormis une anosmie légère et une fatigue sévère comme il l’a expliqué à nos confrères du Het Nieuwsblad : « Rien de bien grave au final. J’ai dû reprendre l’entraînement très calmement. Une heure, une heure et demie suivi d’un jour de repos. J’ai tenté de faire de la randonnée dans les montagnes pendant une heure, mais je me suis vite senti fatigué. Je ne faisais que dormir. J’ai fini par perdre trois semaines. Trois semaines, c’est beaucoup à cette période de l’année. »

Avec le retard accumulé dans sa préparation et un état de forme loin d’être optimal, il a dû louper le weekend d’ouverture en Belgique et les Strade Bianche. C’est finalement sur le Tirreno-Adriatico qu’il retrouve sa place dans le peloton. « Ce n’est pas une période facile pour moi, mais je pense que ça va aller de mieux en mieux. (…) J’ai réalisé de belles sessions de travail ici. Je ne termine pas fatigué et je pense que j’irai de mieux en mieux lors des prochaines courses. » Et il a eut raison puisqu’il arrache une nouvelle place d’honneur sur la Primavera.

« Je ne suis pas encore fini »

Terminer au pied du podium est pour le Slovaque encourageant. Cependant, l’heure tourne. Il ne peut s’en contenter et pour être acteur sur ses deux prochains objectifs qui sont le Ronde et Paris-Roubaix, il sait qu’il a des kilomètres à accumuler. C’est pour cela qu’avec son staff, il a décidé de prendre part dès lundi au Tour de Catalogne : « On a décidé avec l’équipe que c’était mieux de courir en Catalogne, parce que j’ai manqué trop de courses à cause du coronavirus. Je veux être prêt pour le Ronde et Roubaix et nous essayons de trouver la meilleure méthode pour y parvenir. » Conséquence de ce choix : il ratera le GP E3 et Gand-Wevelgem, deux courses où il a déjà brillé. De plus, il sera au départ du Ronde sans avoir pris le départ d’une course pavée en 2021. Statistique rare pour un coureur de ce calibre.

Hormis la recherche de sa forme optimale, l’âge avançant, il est difficile d’imaginer qu’il retrouve son punch d’antan. Néanmoins, Sagan avance qu’il a encore de belles choses à montrer : « Je suis là, je ne suis pas encore fini. Si je gagne 20 courses en 2021, je suis sûr que les gens diront rapidement que je suis de retour », explique-t-il à la Gazzetta dello Sport. « Lorsque vous gagnez beaucoup, l’attente des gens augmente, mais il y a souvent un centimètre entre le vainqueur et le deuxième mais les gens ne se souviennent que du vainqueur. » Il n’y a plus qu’à.

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