Vainqueur surprise du Giro, Tom Dumoulin a pris une nouvelle dimension en 2017 - Photo RCS Sport
25 décembre 2017
Par  Robin Watt 
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Au mérite

En cette fin d’année, il est l’heure de revivre les plus beaux moments de la saison. Ceux qui nous ont fait bondir de notre canapé, ému ou révolté. Ceux que l’on retiendra longtemps, malgré les années qui passeront. Au gré des articles marquants de 2017, nous vous proposons donc de vous replonger dans ces épisodes un peu à part. A chaud, comme si vous y étiez. Aujourd’hui, le sacre de Tom Dumoulin sur le Giro, au terme de trois semaines pleines de suspense.

Nairo Quintana avait encore un kilomètre à parcourir avant de franchir la ligne, mais Tom Dumoulin venait de comprendre. Le Colombien n’allait pas en terminer dans les temps pour conserver son maillot rose : le Néerlandais pouvait exulter. Deux ans après une Vuelta terminée en eau de boudin, il remporte son premier grand tour. En l’ayant mérité plus que tous ses rivaux.

Envers et contre tout

Son profil n’enchante pas forcément. Du moins au premier abord. Rouleur avant d’être grimpeur, Tom Dumoulin rappelle quelques uns de ses aînés, Miguel Indurain et Bradley Wiggins en tête, rarement pris en flagrant délit de panache. Mais s’il ne cache pas s’être inspiré de l’Espagnol et surtout du Britannique, le garçon sait aussi se détacher de ses modèles. Oui, il forge ses victoires dans les chronos, et ce fut le cas sur ce centième Giro. Vainqueur à Montefalco, deuxième à Milan, il a survolé les deux étapes en solitaire. Mais il a aussi appris à dompter la montagne plus qu’à la subir. La montée d’Oropa en fut un improbable symbole. On y attendait les purs grimpeurs, c’est finalement Dumoulin qui s’y est imposé. Maillot rose sur le dos, en véritable patron. Parce que beaucoup l’avaient un peu oublié au départ d’Alghero au moment de citer les favoris. Alors que le Néerlandais, lui, savait qu’il venait pour la victoire.

Dès le Blockhaus, lors de la neuvième étape, tout cela est devenu très clair pour ses rivaux. Derrière Nairo Quintana et dans la roue de Thibaut Pinot, on trouvait déjà le leader de l’équipe Sunweb. Amoindri par l’abandon de son seul lieutenant, Wilco Kelderman, avant même le début des choses sérieuses, mais déterminé à montrer qu’il était apte, désormais, à battre les spécialistes sur leur terrain. La suite fut une succession d’étapes où Tom Dumoulin s’amusait à frapper fort. Le voir coller deux minutes à tous ses adversaires sur le premier contre-la-montre n’était pas surprenant, mais inquiétant pour tous les autres. Le voir revenir sur Quintana vers Oropa, contrer le Colombien et se mettre en position de chrono sous la flamme rouge, était en revanche beaucoup plus surprenant. Et aussi beaucoup plus inquiétant pour le trio Quintana-Nibali-Pinot. Dumoulin était juste trop fort.

L’incontestable patron

Plusieurs fois, pourtant, il aurait pu tout perdre. Y compris sur un coup du sort, quand vers Bormio, où pris de problèmes gastriques, il a gagné une montée du Stelvio en solitaire pendant que ses adversaires tentaient de l’éliminer définitivement de la course au maillot rose. Mais le garçon n’a jamais abdiqué. Bien au contraire. « Je veux rentrer dans l’histoire en étant le premier Néerlandais qui a gagné le Giro, pas celui qui a fait caca dans un pré », lâchait-il avant le chrono final vers Milan. Vers Piancavallo, aussi, il a serré les dents. Il y a même perdu le maillot rose qu’il s’était offert dix jours plus tôt. Cette journée restera comme la seule où les purs grimpeurs sont parvenus à le mettre en difficulté. Sauf qu’ils ne lui ont pas repris assez de temps pour envisager la victoire finale. Ce dimanche, Tom Dumoulin n’a pas écrasé le chrono, mais il y a récupéré son maillot rose. Après Laurent Fignon et Joaquim Rodriguez, Nairo Quintana est le troisième coureur à perdre le Giro lors du dernier jour de course.

Dumoulin, lui, entre au palmarès par la grande porte. Il s’est offert le scalp de Quintana et Nibali entre autres, deux anciens vainqueurs de la course rose, six épreuves de trois semaine à eux deux. Et il se fait une place au passage dans le cercle – certes de plus en plus élargi – des vainqueurs de grands tours. Il a aussi étalé au grand jour son caractère de champion, sans donner l’impression de se forcer. Ses déclarations sur le Colombien et l’Italien, qu’il souhaitait voir hors du podium, ont instauré une certaine rivalité. Certains y voient de l’arrogance. On peut aussi y voir la naissance d’un patron qui n’a peur de personne, surtout pas de ceux qui ont un palmarès trois fois plus longs que le sien. A 26 ans, le Néerlandais vient enfin de tirer un trait sur cette Vuelta 2015 qui lui avait filé entre les doigts à la veille de l’arrivée. Cette fois, c’est lui qui a raflé la mise sur le gong. Et au vu des trois dernières semaines, il ne pouvait pas y avoir de vainqueur plus méritant.

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