Déjà champion national du chrono au moment du Giro, le Néerlandais a conservé son titre au mois de juin, avant le titre mondial en septembre - Photo RCS Sport
Récompenses 2017

Cette semaine, la Chronique du Vélo décerne ses récompenses de l’année. Dans chaque catégorie, onze de nos rédacteurs ont livré leurs podiums, attribuant ainsi trois points au premier, deux au deuxième et un au troisième. De quoi vous livrer notre podium final, en attendant de savoir, via le sondage en fin d’article, si vous aussi, vous auriez récompensé le même coureur.

14 décembre 2017
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Dumoulin, rouleur de l’année 2017

« Je ne m’entraîne pas toute l’année pour le chrono mais quand j’en ai besoin, je pense que ça revient naturellement. » Après les championnats du monde, Tom Dumoulin se confiait à DirectVélo sur son rapport au contre-la-montre. Cette année, le Néerlandais n’avait pas pour principal objectif d’être le meilleur rouleur du peloton. Pourtant, le titre lui revient logiquement en fin de saison.

Métronome italien

Le papillon de Maastricht n’a disputé cette saison que sept contre-la-montre individuels, mais il les a survolé avec trois victoires, deux podiums et un seul résultat en dehors du top 10 (sur Tirreno-Adriatico, avec une 13e place). La première victoire, c’était en mai, sur le Giro, à Montefalco. Sur les quarante kilomètres d’un parcours vallonné, le Néerlandais avait surclassé la concurrence. Seuls Geraint Thomas et Bob Jungels étaient parvenus à terminer à moins d’une minute du vainqueur. Mais le plus important pour Dumoulin ce jour-là n’était pas vraiment la victoire d’étape, il s’agissait avant tout de gagner du temps sur ses adversaires au classement général. Le tour de force était réussi : Nibali, Pinot et Quintana avaient alors concédé plus de deux minutes, et Dumoulin prenait le maillot rose, qu’il ramènera à Milan.

Tour de force, le mot convient bien au Néerlandais. Comment qualifier autrement son Giro ? Indéniablement, Tom Dumoulin a progressé en montagne. On le pensait encore un cran en-dessous des purs grimpeurs, simplement capable de limiter les dégâts en montagne pour capitaliser sur le temps gagné dans l’effort solitaire. Il a fait bien plus que ça, et durant les trois semaines transalpines, a prouvé qu’il pouvait plus que rivaliser avec Quintana et les autres quand la route s’élève. Mais la stratégie du garçon n’a pas complètement été chamboulée pour autant : c’est sur les deux contre-la-montre qu’il a construit sa victoire, à Montefalco d’abord, à Milan ensuite.

Pied au plancher jusqu’au bout

C’est d’ailleurs dans la ville lombarde que Tom Dumoulin a repris, au dernier moment mais sans véritable suspense, le maillot rose à Nairo Quintana. En prenant le départ du chrono final, le Colombien savait qu’il allait rapidement perdre ses cinquante-trois secondes d’avance. Ce jour-là pourtant, Dumoulin n’a pas gagné, battu par son compatriote Jos Van Emden. Mais sur un parcours entièrement plat, il a – encore – repris beaucoup de temps sur ses rivaux. Au total, Quintana, deuxième au classement général, a lâché plus de quatre minutes à son rival sur les deux chronos. L’écart est grandissime.

Alors le garçon le sait, sa force dans l’effort solitaire est son atout numéro un pour briller sur trois semaines, même si année après année, la part du chrono est réduite à la portion congrue. Aujourd’hui, le Néerlandais a même pris le dessus sur Chris Froome dans l’exercice. Le constat peut paraître sévère. Froome a en effet tenu son rang sur le Tour de France, à Marseille. Mais les Mondiaux à Bergen ont livré un verdict sans appel. Sans forcer, Dumoulin a plané, et a remporté l’or, une minute vingt-et-une devant le quadruple vainqueur du Tour. Froome était parti une minute trente avant Dumoulin. Poussez-vous, Chris, le papillon passe.

Alors oui, c’était une course de fin de saison, qui n’était pas un objectif majeur pour le Britannique – et que le quadruple champion du monde Tony Martin a traversé comme un fantôme, à l’image de sa saison. Mais le symbole est fort à l’heure où l’on attend le premier affrontement entre le maître des grands tours et celui qui rêve de lui chiper son trône. Ce sera probablement l’an prochain, mais le choix de Dumoulin, entre Giro et Tour de France – il doit annoncer son programme d’ici début janvier – déterminera les conditions de ce combat, même si le séïsme médiatique d’hier laisse planer le doute sur l’éventualité d’assister à un tel duel. D’ici là, restera toujours en suspens l’interrogation que tout le monde se pose, à savoir lequel est le meilleur sur trois semaines. Mais pour ce qui est des chronos, il n’y a plus de doute. Dumoulin a pris le dessus sur tout le monde.

Tom Dumoulin
33pts
Chris Froome
17pts
Primoz Roglic
8pts
dumoulin portrait

Tom
DUMOULIN

27 ans, Néerlandais, Sunweb

6 en 2017
Classement UCI : 5

dumoulin giro

Tour d'ItalieVainqueur

1Le leader de Sunweb est le premier néerlandais à remporter l'épreuve italienne

dumoulin bergen

Championnats du MondeVainqueur

2A Bergen, il a vécu une semaine parfaite, sacré dans le chrono par équipes et en individuel

dumoulin abu dhabi

Strade BiancheCinquième

10Le Néerlandais s'est testé sur les courses d'un jour (10 fois), terminant 5e des Strade Bianche et 4e à San Sebastian

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