La Classicissima est le plus imprévisible des monuments. Chaque année, les candidats à la victoire sur la via Roma se comptent par dizaines. Sprinteurs, puncheurs, grimpeurs, baroudeurs, ils ont tous leur chance sur les 300 kilomètres de Milan-Sanremo. Au sein de la rédaction de la Chronique du Vélo, nous avons donc fait nos pronostics. En attendant les vôtres.

Peter Sagan par Robin Watt

S’il ne devait y avoir qu’un favori, ce serait évidemment le Slovaque. On n’est qu’en mars et il est déjà impressionnant. Sur le week-end d’ouverture, sur Tirreno-Adriatico, il a dominé le peloton et s’est posé en véritable épouvantail. Mais ce statut, au moment d’aborder Milan-Sanremo, Peter Sagan s’en délaisserait bien. Être le favori à l’approche de la Classicissima de la saison, il connaît bien. Cela fait déjà plusieurs années qu’on lui promet une victoire sur l’épreuve transalpine. Mais jusqu’à maintenant, le Slovaque s’est toujours raté (une fois 2e, deux fois 4e). Comme un symbole, c’est même sur le Tour des Flandres qu’il a décroché son premier monument. Désormais, il préfère donc éviter de se poser en favori, assurant qu’il n’y en a jamais vraiment sur Milan-Sanremo. Pourtant, il paraît tellement fort depuis quelques semaines qu’on l’imagine mal passer à côté de sa course.

Fernando Gaviria par Adrien Godard

En position idéale pour s’imposer sur la via Roma il y a un an, Fernando Gaviria a chuté à 500 mètres de la ligne. Le voilà donc de retour, revanchard. Et surtout en forme. Sur les trois courses par étapes qu’il a disputé jusque-là, le sprinteur de Quick-Step s’est offert quatre bouquets. Deux pour sa rentrée sur le Tour de San Juan, un en Algarve et le dernier devant Peter Sagan sur les routes de Tirreno-Adriatico. Un avant-goût de samedi prochain ? Possible tant l’équipe belge accorde une entière confiance à son jeune prodige. Reste à voir comment elle va s’articuler autour d’Alaphilippe, Gilbert et donc Gaviria. Mais quelle que soit la stratégie adoptée, le Colombien est la plus grande chance de victoire pour Patrick Lefevere. Au même titre que Sagan, le garçon est le grand favori de l’épreuve. Et même à 22 ans, il semble posséder la carrure pour y faire face.

Arnaud Démare par Jean-Baptiste Caillet

Par rapport à 2016, où sa victoire relevait de l’improbable, Arnaud Démare est cette fois un favori dela Primavera en 2017. Le coureur de la FDJ a réalisé un bon début de saison avec trois victoires déjà (deux étapes de l’Etoile de Bessèges et une sur Paris-Nice). Il a aussi affiché une bonne forme sur les premières classiques de la saison, comme à Kuurne (6e). Mais au-delà des résultats, Démare a fait le plein de confiance lors de la course au soleil, sans se mettre dans le rouge (il n’a pas disputé les deux dernières étapes). Sa manière de tenir tête aux attaques de Julian Alaphilippe et Tony Gallopin à Bois d’Arcy a laissé tous ses rivaux sprinteurs sur le carreau. De bon augure lorsque viendra l’ascension du Poggio, samedi. Avec une grosse équipe autour du Picard (Cimolai et Guarnieri, ses nouveaux équipiers, sont des habitués de Milan-Sanremo), il serait bête de ne pas croire au doublé.

Diego Ulissi par Alexis Midol-Monnet

Milan-Sanremo se résume souvent à bagarre une entre les meilleurs sprinteurs du peloton, à la condition d’avoir l’expérience et l’endurance nécessaire pour surmonter les pièges des capi de Ligurie. Si ces petites pentes, propres au littoral méditerranéen, n’ont en soi rien d’insurmontable – la pente moyenne du Poggio est inférieure à 5 % -, l’accumulation des kilomètres et la tension inouïe d’une journée de six heures sur le vélo nourrit largement les grimaces à l’entame des cinquante dernières bornes. Toujours régulier, le Toscan Diego Ulissi tentera donc à coup sûr une attaque, pour terminer en solo sur la via Roma. A 27 ans, il est l’un des meilleurs puncheurs de la Botte mais il est resté bien discret sur Paris-Nice. Et pour cause, le général ne l’intéressait pas. Celui qui rêve d’ajouter un monument à son palmarès peut devenir le premier italien à remporter l’épreuve depuis Filippo Pozzato, il y a onze ans. Tout le pays attend ça.

Sonny Colbrelli par Romain Puissieux

Le Lombard sur Milan-Sanremo, c’est quatre participations et deux top 10. En quittant Bardiani pour Bahrain-Merida, Colbrelli s’est donc donné les moyens de franchir un palier supplémentaire. Il a d’ores et déjà décroché son premier bouquet en World Tour sur la deuxième étape de Paris-Nice. Alors on le sait, la Primavera offre ces dernières années de beaux vainqueurs, mais jamais les ultras favoris. Le graal passe souvent par la faculté à rester caché dans les roues jusqu’à la via Roma. Et là où on peut avoir des doutes sur la capacité de certains sprinteurs à tenir le coup si la course devient folle, l’Italien fait partie des hommes rapides qui seront en mesure d’accompagner discrètement une course de mouvement. Le tout avec peut-être l’équipe la plus impressionnante et la plus cohérente à ses côtés, avec Visconti, Gasparotto, Bonifazio ou Grega Bole pour lui ouvrir la voie royale.

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