Le sprinteur français a mis tout en œuvre cette saison pour arriver dans les meilleures dispositions ce samedi, jour de la première grande classique de la saison et du Monument qui le fait rêver, Milan-Sanremo. Et il paraît avoir plus que jamais de très bonnes chances de réussir son pari.

La forme est là

On a quitté Nacer Bouhanni sur une belle victoire à Romans-sur-Isère jeudi dernier, au lendemain de l’annulation de l’étape du Mont Brouilly qui aurait pu considérablement modifier la classement général de Paris-Nice. Loin de s’intéresser à ce maillot jaune destiné à des coureurs plus complets, le Lorrain était surtout venu pour préparer au mieux Milan-Sanremo, en visant au moins une victoire d’étape. Il a pleinement rempli cet objectif en y ajoutant deux places de trois, dont une due à un déclassement après avoir tassé Michael Matthews sur les balustrades à Commentry. Il bénéficie une fois de plus d’une équipe toute entière à son service et la mayonnaise semble prendre de mieux en mieux. En atteste sa victoire sur la Ruta del Sol où un excellent Christophe Laporte l’a déposé juste avant la ligne, lui laissant le soin d’aller cueillir sans difficulté le bouquet du vainqueur. Une condition indispensable pour espérer s’imposer en bas du Poggio.

Bouhanni est donc en pleine possession de ses moyens avant sa première échéance de l’année 2016, comme nous l’a confirmé son entraîneur Jacques Decrion. « Il est en confiance, et il a confiance en ses coéquipiers. Les derniers jours ont surtout été axés sur la récupération et Nacer était cette semaine en stage à Nice avec Christophe Laporte, Cyril Lemoine, Geoffrey Soupe et Julien Simon. » Comprendre sa garde rapprochée, ses grégario qui sont chargés de l’accompagner le plus loin mais surtout de le protéger tout au long de la course la plus longue de la saison, là est l’enjeu. « C’est dur de finir la course avec trois ou quatre coureurs à ses cotés, la journée est usante. Le but est d’en avoir au moins un pour le remonter dans le final après le Poggio », note Decrion. Mais la clé de la réussite se situera sûrement avant cette dernière descente. « Son placement au pied de la Cipressa et du Poggio sera primordial pour ne pas perdre trop d’énergie à remonter à l’avant. La ligne d’arrivée vient très vite après cette dernière bosse. »

Presque une position de favori

De quoi mettre Bouhanni parmi les favoris, surtout avec l’absence du vainqueur sortant John Degenkolb. Mais le leader de la Cofidis ne se soucie pas de la liste des coureurs au départ. « Il ne fait pas de fixette sur ses adversaires. Il préfère se concentrer sur sa condition et son équipe », précise son entraîneur. Qu’importe donc Kristoff, vainqueur en 2014, ou Matthews, dont les dents rayent le parquet. Reste que Milan-Sanremo propose plus de 300 kilomètres de course et que c’est sûrement le paramètre le plus important à prendre en compte. Alors pour ne rien laisser au hasard, le train rouge a perfectionné sa connaissance du parcours. « Ils vont effectuer la reconnaissance des soixante derniers kilomètres qui comprennent les capi, la Cipressa et le Poggio. Nacer connaît très bien le final pour l’avoir repéré plusieurs fois l’an dernier et avoir fait sixième sur la via Roma l’année dernière », ajoute Decrion. Tous les coureurs vont donc progressivement monter en puissance et permettre à l’équipe de rentrer dans sa bulle.

Nacer Bouhanni, à titre personnel, espère tirer profit de son changement d’entraînement hivernal, où il a axé sa préparation sur des séances plus courtes. « Il va avoir plus d’explosivité », avance son coach personnel, ce qui va lui permettre d’être plus à l’aise dans les parties ascendantes du final. Il faudra alors être en mesure de contrer les armadas Sky, Etixx ou même Dimension Data, qui sauront s’organiser avec sans doute plusieurs hommes encore présents après le Poggio. Mais il semble quand même que l’on n’a jamais été aussi proche de trouver un successeur à Laurent Jalabert, dernier vainqueur tricolore de Milan-Sanremo. C’était en 1995, une autre époque…

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