Véritable révélation du printemps, Bjorg Lambrecht, 22 ans, vient de terminer meilleur jeune du Critérium du Dauphiné. Un résultat qui aurait dû le placer sur le devant de la scène, mais certains de ses compatriotes, Wout Van Aert et Remco Evenepoel en tête, attirent tellement la lumière qu’on en oublierait presque les performances du puncheur-grimpeur de la Lotto-Soudal.

Un environnement idéal pour éclore

Pas facile de se faire une place dans le paysage des jeunes espoirs belges quand Wout Van Aert accumule les numéros sur les pavés et les victoires sur le Dauphiné ou que dans le même temps, Remco Evenepoel, 19 ans seulement, décroche sa première victoire avec Deceuninck-Quick Step. Mais Bjorg Lambrecht s’en accommode. Le bonhomme a 22 ans, une seule saison pro dans les jambes, mais aucun complexe. Quatrième en haut du mur de Huy, sur la Flèche Wallonne, et meilleur jeune du Dauphiné, la semaine dernière, il coche les étapes une à une, mais tout en discrétion. Un mal pour un bien, parce que Lambrecht n’est pas particulièrement adepte des projecteurs. Lui veut surtout de la stabilité pour poursuivre sa progression. Il a d’ailleurs, dans ce sens, prolongé de deux années avec Lotto-Soudal, qu’il connait depuis l’équipe réserve.

« Ils ont déjà fait beaucoup pour moi et je pense que tout ira bien dans les années à venir », déclarait-il, loyal, lors de sa prolongation de contrat. Il faut dire qu’il semble en effet au bon endroit. Sans réel favori sur les classiques ardennaises, idem pour les grands tours, la formation Lotto-Soudal voulait absolument conserver son protégé, capable de briller sur les deux terrains. « On lui permettra toujours de grandir et de mûrir, expliquait le manager Marc Sergeant, très protecteur, en début de saison. Même s’il montre des signes de talent, le processus impliquera de tomber et de se relever. » Décrit par ses entraîneurs comme un jeune-homme très terre-à-terre, Bjorg Lambrecht vit son début de carrière sans se mettre la pression.

« J’ai regardé la liste des vainqueurs du maillot blanc, il y a quelques jolis noms parmi eux (Pierre Latour, Emanuel Buchmann, Julian Alaphilippe, Simon Yates), s’est-il réjoui le plus naturellement du monde sur Twitter, après le Dauphiné. J’espère pouvoir construire une carrière aussi belle qu’eux. » En début de saison, le Belge, qui partage régulièrement son quotidien sur les réseaux sociaux, s’émerveillait même de terminer dans la roue de son idole, Alejandro Valverde, lors du challenge de Majorque.

Entre ardennaises et grands tours

Comme l’Espagnol, d’ailleurs, Bjorg Lambrecht brille sur les classiques ardennaises (5e de la Flèche Brabançonne, 6e de l’Amstel, 4e de la Flèche Wallonne) et a démontré sur le Dauphiné qu’il avait du potentiel sur une semaine de compétition. Mais s’il fallait choisir, pour John Lelangue, son directeur sportif chez Lotto-Soudal, il n’y a pas photo. « Avec ce qu’il a montré au printemps, dans des conditions climatiques qui ne lui sont pas favorables, lui qui n’aime pas trop frotter et se placer, je me dis qu’il peut faire quelque chose sur l’ensemble des quatre courses du bloc brabançonnes-ardennaises », assure-t-il.

Bien placé sur plusieurs arrivées pour puncheurs lors de la dernière Vuelta, très proche des meilleurs durant le printemps, le garçon a pris rendez-vous, déjà, et sera forcément un candidat pour les prochaines campagnes de classiques, surtout dans un secteur où les vieux briscards sont nombreux, et proches de la fin, mais où les successeurs ne se bousculent pas au portillon. En attendant, Bjorg Lambrecht a le Tour d’Espagne à disputer, comme l’an passé. Deuxième de la Ronde l’Isard, du Tour du Val d’Aoste et du Tour de l’Avenir, en 2017, derrière Pavel Sivakov et Egan Bernal, le grimpeur belge peut éventuellement nourrir des ambitions au général. Seul hic pour l’instant, ses qualités en chrono. Mais s’il répondait déjà présent dans ce domaine, il n’aurait presque plus rien à apprendre.

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