Non, les hommes de Jonathan Vaughters n’ont pas vraiment brillé cette saison. Le symbole, ce sont les deux cadres de l’équipe, Rigoberto Uran et Sep Vanmarcke, souvent dans les premiers rôles mais jamais capables de faire basculer la course. Les quelques rares satisfactions comme le retour au premier plan de Taylor Phinney sur Paris-Roubaix et la deuxième place de Michael Woods sur Liège-Bastogne-Liège sauvent cependant les apparences.

Le top : Michael Woods

Michael Woods a 32 ans, et ce n’est normalement pas l’âge des révélations. Et pourtant, depuis deux ans, l’ancien coureur de demi-fond canadien s’affirme peu à peu comme une valeur sûre du peloton. Rares sont ceux qui l’imaginaient au début de l’année monter sur les podiums de Liège-Bastogne-Liège et des championnats du monde. Sa victoire d’étape sur la Vuelta – sa première sur un grand tour – a lancé une fin de saison en fanfare. À Innsbruck, il était le seul à pouvoir suivre Alejandro Valverde et Romain Bardet et a décroché la première médaille du pays à la feuille d’érable depuis Steve Bauer en 1984. Pas loin de la victoire sur les Trois Vallées Varésine et le Giro dell’Emilia (deux fois quatrième), il était l’un des outsiders pour la victoire sur le Tour de Lombardie, mais il a terminé 13e, dans le groupe Valverde. L’Italie semble plaire au Canadien : en mai, il était passé tout près d’une victoire d’étape sur le Giro, mais était tombé sur un Tim Wellens en grande forme à Caltagirone.

Le flop : Pierre Rolland

La saison a été compliquée pour Pierre Rolland. En janvier, il se rêvait « électron libre » avec comme principal objectif de la saison, le Tour de France. Bien qu’assez transparent en début d’année (un seul top 10 jusqu’en juin), l’ancien Europcar s’était rassuré sur le Dauphiné, qu’il avait terminé avec une huitième place au classement général. Mais en juillet, il n’a jamais réussi à peser sur la course, même après l’abandon de son leader Rigoberto Uran. Rolland espérait se rattraper sur la Vuelta et remporter la première étape de sa carrière en Espagne. La volonté était là, peut-être un peu trop. À force de jouer tous les coups en première semaine, le Français s’est usé et n’a jamais pu revenir sur Ben King au Puerto de Alfacar (quatrième étape). Et pour ne rien arranger, il a dû renoncer à sa place dans la sélection française des Mondiaux à cause d’une bronchite. Bref, une année 2018 à oublier pour l’Orléannais. Après trois années américaines, l’ancien protégé de Jean-René Bernaudeau va se relancer en France, chez Vital-Concept.

La stat : 6

Comme le nombre de victoires des Education First cette saison, le pire bilan de la structure de Jonathan Vaughters depuis son arrivée en Pro Tour (l’ancêtre du World Tour) en 2009. Les deux bouquets glanés sur la Vuelta par Simon Clarke et Michael Woods sont les seuls succès en World Tour de l’équipe – autant que Euskatel et Direct Energie.

La note des lecteurs : 10,2

Les notes 2018