Entre BMC et CCC, il y a bien plus que deux lettres de différence. Photo BMC Racing Team
Data
20 novembre 2018

CCC Team, ççça vaut quoi ?

Le peloton a connu un bouleversement au cours de l’été avec la confirmation du retrait de BMC et l’arrivée de CCC pour prendre la relève en tant que sponsor principal de l’équipe dirigée par Jim Ochowicz. L’entreprise polonaise, qui ne dispose pas des mêmes moyens que sa prédécesseure américaine, a décidé de se recentrer sur un leader unique, Greg Van Avermaet, quitte à renouveler profondément l’effectif. En attendant de voir CCC Team en action, voyons voir ce que ça donne sur le papier.

Un effectif ccchamboulé

En 2018, BMC Racing Team et CCC Sprandi Polkowice possédaient en cumulé 44 coureurs sous contrat. Mais seuls douze d’entre eux ont intégré la nouvelle CCC Team : sept étaient engagés avec BMC et cinq étaient avec l’équipe Continental Pro de CCC. Pour atteindre le pallier des 23 coureurs, minimum requis par l’UCI pour obtenir une licence World Tour, l’équipe polonaise a dû recruter à tous les niveaux : 7 coureurs du World Tour, 4 de Continental Pro et 1 de Continental.


En revanche, les anciens pensionnaires de BMC ont quasiment tous trouvés un contrat au sein d’une équipe World Tour. Seul Simon Gerrans a décidé de mettre un terme à sa carrière alors que Loic Vliegen a opté pour Wanty – Groupe Gobert, une des meilleurs formations de l’échelon inférieur. Deux équipes ont nettement profité du départ de BMC pour étoffer leurs effectifs : Bahrain-Merida et Groupama-FDJ. La première a réalisé trois belles prises avec Rohan Dennis, Damiano Caruso et Dylan Teuns, la seconde a misé sur la jeunesse avec les arrivées de Stefan Küng, Kilian Frankiny et Miles Scotson, tous âgés de 24 ans.


Ce renouvellement a donné un nouveau visage à l’effectif. Il est un peu plus jeune, passant de 29,5 ans de moyenne d’âge à 28,8. Il est tout aussi international que le précédent, mais les rapports de force entre les pays ont changé. Chez BMC, équipe américano-suisse, les coureurs anglo-saxons et suisses représentaient plus de la moitié de l’effectif (14). Avec la bascule en faveur de CCC, les pays anglo-saxons passent de 9 à 3 et la Suisse de 5 à 1. La marque de chaussures polonaise, bien implantée en Europe centrale, a recruté en conséquence avec l’arrivée de cinq coureurs polonais, un Autrichien, un Allemand et un Tchèque.

Un casting pas très ccconvaincant


Quelques coureurs de prestige ont été ciblés par CCC Team au cours de l’été, Geraint Thomas et Rafal Majka notamment, mais aucun n’a finalement signé. Si on s’appuie sur le classement mondial UCI 2018, qui comprend toutes les courses disputées par les professionnels, on peut constater que la recrue la mieux classée – Josef Cerny – a terminé la saison à la 232e place. A titre de comparaison, dix coureurs de l’équipe BMC ont achevé l’année à une meilleure place. Si on prend en compte l’ensemble de CCC Team, le coureur le mieux classé en 2018 est sans surprise Greg Van Avermaet (7e). Il faut toutefois creuser pour trouver la trace du deuxième coureur du classement. Il s’agit d’Alessandro De Marchi (168e).

Des objectifs ccchangés


Avec un effectif bien moins clinquant, Ochowicz et Van Avermaet reconnaissent volontiers que CCC Team ne pourra pas jouer le général sur les grands tours. Un seul coureur de CCC a déjà fini dans le top 10 d’une course de trois semaines dans sa carrière (contre 4 pour BMC), il s’agit de Laurens Ten Dam, transfuge de l’équipe Sunweb âgé de 38 ans. Cependant, la conquête d’étapes reste envisageable pour la formation polonaise. Six coureurs ont déjà gagné sur un grand tour et deux en ont été pas loin (Joey Rosskopf et Jakub Mareczko). Sur les monuments en revanche, tout reposera sur les épaules de Greg Van Avermaet. En dehors du Belge, le seul coureur de CCC à avoir terminé dans le top 10 d’un des cinq monuments est Alessandro De Marchi, 9e du Tour de Lombardie 2016.

Il y a aussi des éléments plus difficiles à quantifier comme la capacité de l’équipe à briller sur les courses contre-la-montre, un des points forts de l’ex-BMC. Les départs de Dennis, Küng ou Van Gardenren ainsi que le changement d’équipementier vont nécessairement rebattre les cartes. Plus largement, CCC Team n’a pas la carrure de BMC sur le papier. Si « GVA » rencontre le moindre problème au cours de sa saison, le reste de l’équipe ne semble pas de taille pour exister au plus haut niveau. Tout cela reste évidemment du théorique et il faudra donc attendre 2019 pour apporter un jugement ccclair et tranché.

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DomdeLyon
DomdeLyon

Entre obligations commerciales, nationales et économiques, ça sent quand même un peu le bricolage… et le manque d’unité ! Quelques bonnes individualités ( Geschke, Bevin, De Marchi, Denifl, Ten Dam ou Mareczko…) mais qui courent rarement pour la gagne. C’est vrai que Van Avermaet paraît vraiment isolé… Curieux de voir ce que ça va donner…

AngeloPardi
AngeloPardi

Si je comprends bien la composante classement général disparaît avec Porte et Dennis, pour se concentrer sur les classiques. GVA était déjà assez isolé l’année dernière non ? D’ailleurs il n’a pas fait une très bonne campagne de classiques si je me souviens bien…